‹ Contribution à l'Étude des Tumeurs Sous-Muqueuses de l'EstomacChapitre 14 sur 21 · DT AE · texte numérisé non relu

DT AE

adjectif à propos d'une maladie encore mystérieuse. d

On pense au cancer ? Et certes, il est vrai qu'un Épithélioma ou un carcinome puisse saigner abondamment. Mais le fait est exceptionnel. Presque toujours, l'hémorragie ne se décèle que par le Weber ou le Meyer, ou, plus tard, par des vomissements à la suie ou des traces noires dans les selles.

Et surtout, il faut considérer le malade après lhémorragie. :

Chez le cancéreux, l'hémorragie, qu'elle soit abondante ou suintante, cause un dommage irréparable. Le malade reste affaibli, il se cachectise. Si la réparation sanguine s’esquisse, elle reste déficiente, c'est-àdire qu'on aura, outre l’anémie proportionnelle ‘au volume perdu, une formule leucocytaire spéciale leucocytose et surtout polynucléose (1), cette dernière d'autant plus marquée que la lésion est plus étendue. Et chez le cancéreux, après une hémorragie, on n'’observe Jamais un retour complet à la normale (OErrin- GER, P. Duvar et F. Mourren).

Les cas 3-8-10-14-15-16-17-22-24 montrent qu'il en est tout autrement chez le porteur d'une tumeur sousmuqueuse qui saigne, Le cas 8 est particulièrement

significatif à cet égard, car dans son observation on a

A) A ce propos, il'ne faut pas se tromper sur le sens de la polynucléose du cas 23. Cette malade, dont la circulation porte et la circulation hépatique étaient très encombrées par les rameaux de la tumeur à présenté un syndrome infectieux manifeste (Cf. observalion 1 du début de ce travail).

EE et

pratiqué lexamen du sang qui montre une répara- Uon parfaite.

En résumé, lhémorragie de la tumeur sous-muqueuse gastrique s'éloigne beaucoup de celle du cancer pour se rapprocher de l'hémorragie ulcéreuse, mais elle se distingue étiologiquement de cette dernière par tout ce que le tableau clinique de luleus présente de

net et de riche.

D —"PALPABILIFÉ DE LA TÜMEUR

Les tumeurs sous-muqueuses de Festomac sont souvent palpables : 14 fois sur 25 dans notre étude, 59 fois sur 64 dans une statistique de Gosser (P. M., 6 juin 1925), soit en moyenne un peu plus d’une fois sur deux. Parfois même c’est le malade qui la découvre, premier symptôme net (Cas 7-11-20). D'autres fois, le ventre la révèle en grossissant (Cas 2-4-17).

Malgré cette fréquence, ce n'est pas le palper qui, à lui seul, nous orientera vers le diagnostic de tumeur

sous-muqueuse bénigne. On dirait même que plus est

bénigne parce qu'extragastrique et pédiculée — la tumeur que lon palpe, plus le diagnostic s'égare. On . la voit prise pour une tumeur hépatique (Cas 7-17 25) ; pour une tumeur splénique (Cas 2-4-18) ; pour un kyste de Fovaire (Cas 12) ; pour une tumeur du mésentère (Cas 9-17). En dégénérescence et s’accompagnant d’ascite hémorragique, elle à même pu faire discuter le diagnostic de péritonite tuberculeuse (Cas

he

Et il ne peut en être autrement : il ne faut demander au palper que ce qu'il peut donner. Or, ce qu'il donne est déjà très important.

Remarquons seulement que Ja tumeur peut être nettement perceptible sans s'accompagner de troubles gastriques sérieux (Cas 2-7-9-11-17-18-20, où la tumeur existait depuis onze ans et les troubles gastriques depuis trois semaines, -21). Gosser constate cette dissociation 34 fois sur 64. ?

Remarquons encore que la tumeur cancéreuse est rarement très mobile, ce qui est sans doute une question d'époque de la découverte, tandis que dans cerains cas de schwannomes, le médecin, prévenu pourtant, a eu de la peine à palper une tumeur sous-muqueuse très mobile (Cas 20, « tumeur fantôme »).

Et pour conclure, nous dirons avec OErrINGER, P. Duvaz et F. Mourier : « En présence d’une tumeur mobile, sus-ombilicale où para-ombilicale gauche, accompagnée d'hémorragies espacées, et présentant une indigence marquée de troubles fonctionnels ou généraux, il pourra être permis de songer à la pos-

sibilité d’un schwannome... ».

E. — IMAGE TUMORALE RADIOLOGIQUE

Sur les 25 cas de notre étude, 10 fois seulement on a eu une image radiologique. Ce chiffre appelle une correction : d’abord les 6 premiers cas s’échelonnent de 1898 à 1911, période où les examens radiologiques

n étaient pas aussi largement pratiqués que depuis

la guerre ; ensuite, il est naturel qu'une tumeur d'origine sous-muqueuse el pédiculée à développement extragastrique, où non pédiculée, mais à développement extragastrique prédominant, échappe à la radiographie. C'est ce qui se produit dans les cas 11, 12, 17, 18 et 21. Dans le cas 25, la tumeur s’est révélée radiologiquement, bien qu'extragastrique, parce qu'elle à Hit-

téralement basculé le foie.

L'examen radiologique est donc d'un puissant secours pour le diagnostic qui nous intéresse, au moins pour les Tumeurs intragastriques, sessiles ou pédiculées. Dans ce dernier cas, il donne même une image spéciale, bien connue depuis 1920 où elle à été décrite pour la première fois par Konserzxy (de Kiel) [Cas 8]. « Cet auteur avait observé au niveau de l’antre pylorique une tache claire, insulaire, presque circulaire, qui se détachait nettement sur lopacité de la bouillie barytée. À l'opération, on vit que cette tache claire correspondait à une tumeur polyvpeuse insérée sur la paroi gastrique au niveau de l’antre pylorique ». (LE-

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