‹ Contribution à l'Étude des Tumeurs Sous-Muqueuses de l'EstomacChapitre 13 sur 21 · B. — ALTÉRATION DE L'ÉTAT GÉNÉRAL · texte numérisé non relu

B. — ALTÉRATION DE L'ÉTAT GÉNÉRAL

Elle coïncide, dans les 25 cas étudiés, avec l’hémorragie, au moins dans la plupart des cas. Il est naturel de constater une déchéance générale après des soustraclions sanguines importantes.

Mais cet élément se trouve dans l’épithélioma, qui saigne lui aussi, bien que différemment (Cf. C. Hémorragie ci-après). On serait heureux de pouvoir tou- Jours mettre en évidence, dans la déchéance épithéliomateuse, son caractère cachectique spécial. On voudrait pouvoir dire : dans le cancer, toujours, et seulement dans le cancer, on peut distinguer les caractères de la sidération des cellules saines de l'organisme par les toxines des cellules cancéreuses. Mais il ÿ a là, un facteur de doigté clinique encore privé de rigueur scientifique.

Notons cependant que dans aucune des 25 observa-

lions étudiées ici, l’on ne parle de teint jaune-paille ni

d'œdème cachectique terminal, et dans notre désir d'un diagnostic net, conservons celle remarque comme un

simple élément de présomption.

C, — HÉMOoRRAGIE

Autrement constante et significative est Fhémorragie, que l’on trouve un peu plus d’une fois sur deux. Encore n'a-t-elle pas toujours été recherchée par le Were ou le Meyer [Cas 6-9-11-12-17-20-21-25, où elle fut négligée parce que le tableau clinique ne portait pas à y penser, ou bien semblait imposer le diagnostic de kyste hydatique du foie, de kyste de lovaire, de tumeur du mésentère, etc...]

Êt pourtant, lorsqu'on la constatée, elle à été le plus trompeur des symptômes, faisant diagnostiquer l’ulcus duodénal (Cas 18-19 et 22 au début), ou Pépithélioma (Cas 13-14-15) et même Ja pancréatile aiguë (Cas 14).

Caractères cliniques de l'hémorragie. — I ne fault pas s’altendre à la trouver souvent sous la forme du cas 14, où la tumeur saigna massivement, hors du tube digestif, au point de réaliser Pinondation périlonéale, — qui fit refermer le ventre sur le diagnostie de pancréatile hémorragique sans stéatonécrose —, et dans le tube digestif, quatorze mois après, au point de causer, par des selles sanglantes, une « anémie extrême ».

La plupart du temps, elle surviendra dans le mode mélænique : sur 25 cas, 13 fois, dont 5, il est vrai avec

association d'hématémèse. Sur ces mêmes 25 cas, une

seule fois, il v eut hématémèse isolée. Mais peut-être n'at-on pas analysé les selles (Cas 14).

Le flux hémorragique est abondant, ce qui, dans fa plupart des cas, suffit à expliquer la constance relative de l'altération profonde de l’état général.

Ce flux peut survenir sans aucune douleur prodromique (Cas 1-5-18-19-22), même s’il s’agit d'hématémèse (Cas D).

Il peut enfin récidiver, mais à intervalles tout à fait irréguliers.

Pathogénie de l'hémorragie. — Pourquoi la tumeur saigne-t-elle, puisque le sang n’y cireule jamais au contact des cellules néoplasiques, mais au contraire en des vaisseaux à paroi renforcée ? (Cf. Diagnostic histologique, ci-après). |

Pourquoi saigne-t-elle dans la cavité gastrique, ou plutôt, pourquoi la muqueuse est-elle ulcérée, puisqu'elle n’est jamais infiltrée, qu'elle reste, tout le monde en convient, complètement à l'écart de la néoplasie ?

Il est probable qu'un processus en quelque sorte

mécanique explique à la fois les dégâts vasculaires et

lirruption du sang dans la cavité gastrique.

On sait que les schwannomes — c’est d'eux qu'il S agit presque toujours dans les tumeurs sous-muqueuses — ont une forte tendance à la fonte kystique, et qu'ils dégénèrent avec une « facilité extrême » (Gosser). D'autre part (Cf. Anatomie pathologique, ci-après, la tunique conjonctive des vaisseaux des

schwannomes peut s’épaissir au point d’obturer leur

lumière. On conçoit qu'une artère oblurée, et dont la paroi subit, la pression sanguine sans contre-partie d'une résistance périvasculaire, du fait de la dégénérescence, s'ectasie et se rompe,

Quant à lulcération de la muqueuse, qui permet le déversement intragastrique de l'hémorragie, elle s'explique par 1 «usure » dont parle LECÈNE. Cetle « usure », il faut la comprendre ainsi : toutes les fois qu'une néoformation en évolution (fibrome, anévrisme) comprime des tissus, elle détruit ces derniers. N’a-t-on pas vu la boîte crânienne elle-même attaquée par des anévrismes cirsoïdes ?

Signification diagnostique de l'hémorragie, — En face d'un malade qui saigne dans son tube digestif, et qui dépérit, on pense d'abord à l’uleère où au cancer. Or, les caractères de l'hémorragie peuvent, à eux seuls, orienter vers le troisième diagnostic de tumeur

sous-muqueuse, bénigne.

On pense à l’uleus ? Mais l’ulcéreux —— surtout à l’âge où l’on trouve les tumeurs sous-muqueuses —,

a presque toujours un long passé gastrique : en tout cas, il Y a dans son affection quelque chose d'inimitable : la périodicité des crises, la régularité horaire de la souffrance quotidienne en temps critique, sans compter le chimisme gastrique et les autres 6l6ments d’un tableau clinique bien connu. Souvent donc, à hémorragie égale et semblable, à dépérissement comparable, nous croyons qu'on pourra distinguer le porteur d’une tumeur sous-muqueuse gastrique de lulcé-

reux banal, s’il est permis d'employer ce dernier

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