‹ Contribution À L'Étude Des Urétères BifidesChapitre 15 sur 23 · D TER · texte numérisé non relu

D TER

La pyélographie rétrograde montre :

A droite : une légère dilatation du bassinet et de l’uretère, La capacité du bassinet est de 10 ce., il y a en outre une coudure de l’uretère.

À gauche : un bassinet el un uretère dédoublés avec une légère hydronéphrose.

Il n'existe donc dans ce cas aucun élément infectieux qui puisse expliquer les douleurs lombaires persistantes et seule la légère dilatation des bassinets semble en être responsable.

Dans la majorité des cas, c’est le bassinet supérieur qui est le siège de la dilatation.

On a expliqué cette gêne de l’évacuation urinaire de différentes façons.

a) THÉORIE MÉCANIQUE.

Le passage de l’urine peut être gêné au point de croisement des deux uretères, d’autant plus que ces deux uretères-sont situés dans une gaine celluleuse commune. Toutefois, si le rôle de ce croisement n’est pas douteux, Marion a démontré qu’il ne peut pas expliquer tous les cas de rétention urinaire au niveau des bassinets. Il fait remarquer qu’en cas d’héminéphrectomie, on n’enlève pas l’uretère correspondant au rein dilaté et malgré la présence de cet uretère on obtient une amélioration certaine des symptômes. Aussi pense-t-il que les vaisseaux du pédicule du rein inférieur qui croisent l’uretère du rein supérieur, ont une action plus certaine dans la rétention de l’urine au niveau des bassinets. On conçoit d’ailleurs l’impor-

tance du rôle de ces vaisseaux quand on voit les sinuosités qu’ils font décrire aux uretères (fig. 1).

Il serait faux de penser que ces dilatations pyéliques seraient consécutives à une obstruction complète d’un uretère. Il suffit que le débit rénal soit supérieur à celui du passage rétréci pour qu’il se forme progres-

sivement une hydronéphrose.

b) AUTRES THÉORIES.

1° Israël pense à un trouble primitif du péristaltisme et en cas de bifidité, ce trouble du péristaltisme consisterait dans l’asynchronisme des ondes péristaltiques propres à chaque branche urétérale (Hrynstschack). Ainsi ces ondes s’annuleraient, d’où section physiologique de l’uretère et gêne de l'évacuation urinaire.

2° Quant à Legueu, il considère l’obstacle mécanique comme une épine irritative agissant sur un organe

neuro musculaire.

Il. — Pyélonéphrites et pyonéphroses

Cette stase urinaire au niveau des bassinets est suivie presque toujours d'infection déterminant ainsi une pyélonéphrite qui est la complication la plus habituelle des uretères bifides.

Sur six Cas observés par nous, quatre ont été diagnostiqués grâce à des accidents infectieux.

L'infection se fait le plus habituellement par voie sanguine et le plus souvent, c’est le colibacille qui est en cause. Ainsi sur les quatre cas de complications

rade

infectieuses que nous avons observés, nous avons trouvé trois fois des colibacilles et une fois des entérocoques. D’autres microbes peuvent également être rencontrés, tel le cas signalé par Théodorescu A. Ionel dans le journal d’urologie de juillet 1937, où c’est le staphylocoque qui est l’agent pathogène.

Laborde rapporte dans sa thèse un cas de pyélite gonococcique. Il s’agit là probablement d’une infection par voie ascendante.

Cliniquement les phénomènes urinaires sont ici plus importants que dans l’hydronéphrose. Aux douleurs lombaires que l’on rencontre dans cette complication viennent s’ajouter ici la pyurie et la pollakyurie. En effet, la vessie ne tarde pas à être intéressée par l'infection et souvent ce seront ces phénomènes vésicaux qui feront penser à une malformation pyélourétérale. C’est de cette façon que furent diagnostiqués les cas suivants :

OBS. V. — M. G..., 59 ans, entre à la clinique le 29 janvier 1935 avec le diagnostic de prostatite.

Depuis trois ans, il présente de la pyurie et une pollakymie qui l’oblige à se lever en moyenne 4 fois par nuit. Dans la journée, il urine à peu près toutes les heures. Pas de crise de rétention aiguë et jamais il n’y a eu hématurie.

A l’examen, on ne sent pas de globe vésical. Il existe une légère atrophie du testicule gauche due à une orchite ourlienne ancienne.

Au toucher rectal, la prostate est augmentée de volume surtout aux dépens de son lobe droit qui a une consistance plus ferme que le lobe gauche, mais il est régulier.

ROLLAND

Les urines sont troubles et contiennent quelques filaments. Le résidu urinaire est de 40 cc.

Le cathétérisme des uretères donne les résultats sui-

vants :

| Rein droit Rein gauche Vol. d’urine en 30° 20":C€: 32 cc.

Urée par litre LS KT 11 gr. 30 Chlorure par litre 12 gr. 60 8 gr. 40 Examen microscop. quelques hématies quelques hématies quelques leucocytes et leucocytes nombr, colibacilles nombr. colibacilles BA 210 B:' 7:20

Une pyélographie rétrograde faite le 25 février 1935 montre à gauche un uretère bifide dont les deux branches se rejoignent assez haut. Le bassinet supérieur est dilaté.

A droite : uretère simple. Il existe un rétrécissement de l’uretère au niveau du détroit supérieur.

En raison de la bilatéralité de l'infection, on se contente de faire des lavages des bassinets avec une solution de nitrate d’argent à 1 %0 et ce lraitement améliore beaucoup l’état du malade.

OBS. VI. — Mme Coub.…, 25 ans, entre le 25 février 1937, à la clinique avec le diagnostic de tuberculose rénale. :

Dans ses antécédents, on trouve en effet quelques cas de tuberculose. Un de ses frères a eu un mal de Pott et son père sort de pleurésie. Elle-même a eu une pleurésie à 15 ans.

Depuis quatre ans environ, elle a des envies fréquentes d’uriner, mais c’est surtout depuis trois jours que son état s'est aggravé. Elle souffre davantage, les envies

litre de A5 tt.

Observation VI

Fic

it

t supérieur pet

ine

ale gauche avec bass

étér

Bifidité u

LE 7: 1e

d’uriner sont devenues presque constantes et elle perçoit upe sensation de brûlure très vive à la fin de chaque miction.

Elle n’a jamais eu d’hématurie, mais les urines sont troubles et un examen microscopique permet d’y déceler de très nombreux colibacilles, mais pas de bacilles de Koch.

Une cystoscopie est faite le 4 mars 1937.

La capacité vésicale est à peine de 200 cc. La vessie est congestionnée et on perçoit sur la paroi vésicale de nombreuses taches ecchymotiques mais pas d’ulcération. Les orifices urétéraux sont ponctiformes, mais non ulcérés ni congestionnés.

Le cathétérisme des uretères donne les résultats suivants :

Rein droit Rein gauche Vol. d’urine en 1 h. SCC 13 cc.

Urée par litre 16 gr. 70 11 gr. 10 Urée en 1 heure 0 gr. 133 0 gr. 144 Chlorure par litre 15 gr. 50 5 F6 81/1500 Chlorure en 1 h. 0 gr. 124 0 gr. 11 Cytologie hématies hématies

nombr. leucocytes nombr. leucocytes

Bactériologie microbes : néant colibacilles +

B. K. : néant B:K.% néant

La pyélographie rétrograde montre :

A droite : un uretère simple, mais il existe une légère hydronéphrose.

À gauche : une bifidité urétérale avec deux bassinets nettement distincts. Les deux branches urétérales sont coudées et se rejoignent vers la partie moyenne du conduit (fig. n° 2).

La division des urines permet de conclure que seul

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