‹ Contribution À L'étude Des Uréthrites Liées Aux Rétrécissements De L'urèthreChapitre 6 sur 12 · ELIS CE · texte numérisé non relu

ELIS CE

travail, la méthode thérapeutique qui nous a paru la meilleure, celle sur laquelle on peut compter pour amener une guérison définitive. Cette méthode thérapeutique est bien connue, nous le répétons ; elle s'adresse à la fois à la cause, c’est-à-dire au rétrécissement, et au symptôme, c’est-à-dire à l’écoulement. Elle combat le premier par la dilatation progressive, et elle s'attaque au second par les grands lavages antiseptiques de l’urèthre, si l'inflammation est généralisée, et par les instillations de sels d’argent, si l’irritation est localisée à une partie seulement du canal.

Si les instillations et surtout les grands Javages antiseptiques sont de date relativement récente pour combattre l'écoulement blennorrhagique, on peut dire que la dilatation est ancienne, en tant que méthode destinée à obtenir le même résultat. On sait qu'un chirurgien américain, Otis, de New- York a érigé en système, que tout écoulement chronique de l’urèthre était justiciable de la dilatation, étant donné, que pour lui, l'écoulement est toujours la conséquence directe, le symptôme essentiel d’un rétrécissement. Pour guérir l'effet, il faut donc s'adresser à la cause,

Quelque opinion que l’on se fasse de cette théorie, il faut reconnaitre qu’elle a donné de nombreux succès pour la guérison de la blennorrhée. Cette constatation est vieille ; sans remonter au delà du siècle dernier, Swediaur, Hunter et Bell l'avaient établie ; Béniqué affirmait en 1844 gué-

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rir la gonorrhée par la dilatation, Alphonse Guérin, Rollet, Voillemier, Désormeau et Thomson connaissatent ces heureux effets du calibrage uréthral. Comme le fait remarquer M. Forgue dans le traité de chirurgie de MM: Duplay et Reclus, l’action des bougies Béniqué est multiple ; parfois elles éveillent, dans le canal une légère inflammation substilutive ; peut-être doit-on admettre avec Guérin que la « compression produite sur les glandules uréthrales entre en ligne de compte dans le résultat final » : il est plus probable que la dilatation agit en recalibrant régulièrement le canal, en assouplissant la paroi, en favorisant, par une sorte de massage, la résorption de l’infiltrat embryonnaire.

L’écoulement chronique de lurèthre est donc amendé et souvent même guéri par la simple dilatation, et cet heureux résultat a d’autant plus de chance d’être obtenu qu'il est le symptôme révélateur d’un rétrécissement du canal. Toutefois 1l ne faudrait pas croire qu’il suffit de traiter la cause pour guérir l'effet ; on sait la désespérante tenacité de la goutte militaire, même alors qu'on a - combiné et employé les meilleurs traitements. La seule dilatation n’est donc pas suffisante dans beaucoup de cas que l’on peut avoir à traiter. Aussi maintenant que l’on connaît les causes complexes qui éternisent un écoulement, ne se contentet-on plus d’un seul moyen thérapeutique, excellent en soi, mais parfois insuffisant, A la dilatation

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