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Les organes lymphoïdes sont multiples et très disséminés. Ils comprennent les ganglions lymphatiques, les follicules clos et les plaques de Payer de l’intestin, les amygdales, le thymus. Les effets des Rayons X sur ces organes sont comparables. Ils sont caractérisés par :
1) leur précocité,
2) la nécrobiose étendue,
3) les phénomènes phagocytaires importants, 4) la réparation rapide.
HEINECKE (1905) les a bien décrits chez les souris et les cobayes soumis à l’irradiation massive par les rayons X. Les souris sont irradiées pendant des temps allant de deux à cinq heures (l’auteur n'’indique pas la dose exacte des rayons X). Tous ces animaux meurent les uns très rapidement les autres après un temps variant de trois à onze jours. Les cobayes sont soumis à l’irradiation pendant 15 heures et plus; ils se montrent plus résistants que les souris, surtout quand ils sont âgés et lourds. Vers le douzième ou le quatorzième jour ces animaux pré-
sentent une dermatite étendue et meurent après trois
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à quatre semaines. L’examen anatomique pratiqué en série chez ces animaux décèle une réaction extrêmement rapide du tissu lymphoïde. Déjà deux heures et demie à trois heures après l’irradiation il y a une destruction brutale des noyaux de la lignée Iymphocytaire. L’auteur décrit un morcellement de la chromatine, dont les particules sont phagocytés à partir de la 4 heure. Ce processus de destruction et de phagocytose de la chromatine nucléaire aboutit à un dépeuplement presque total des centres germinatifs vers la 24° heure. La régénération du tissu lymphoïde se fait pareillement très vite. Elle commence en règle dès la fin de la première semaine. De 4 à 6 semaines après, la réparation s'achève. Fait curieux, cette régénération rapide se produit même quand les animaux sont soumis à l’action des doses nouvelles. L'auteur remarque qu’il n’est point nécessaire de grosses doses pour produire des lésions au niveau des organes lymphoïdes. Il suffit d’une irradiation d’un quart d'heure chez les grands animaux pour avoir une destruction importante des follicules Iymphoïdes.
Les recherches de LACGASSAGNE et LAVEDAN (1924) confirment les travaux de HEINECKE et y ajoutent quelques précisions. Après l’irradiation des lapins par des Rayons X pénétrants, même avec une dose faible les auteurs constatent des lésions des cellulesmères de la lignée lymphocytaire. Les noyaux de ces éléments montrent déjà quelques heures après l’irradiation des signes de dégénérescence. Vingt quatre heures après la séance la plupart des cellules lym-
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phoïdes des follicules sont en nécrobiose. La phagocytose des débris de ces cellules mortes commence le deuxième jour. Ce processus est réalisé soit par les macrophages, soit par les cellules du réticulum, soit par les très nombreux polynucléaires arrivés par diapédèse. Au troisième jour les organes lÿmphoides sont pour ainsi dire vidés de leurs éléments ceilulaires et réduits à leur stroma conjonctif (ganglions) ou épithélial (thymus). La réparation dans les organes lymphoïdes est observée extrêmement tôt. Elle se manifeste déjà à partir du quatrième jour, et vers le huitième jour l'aspect du tissu lymphoiïde est presque normal.
Les recherches de REGAUD et CREMIEN (1911) sur le thymus, celles de Joy (1913) sur la bourse de FABRICIUS des oiseaux aboutissent aux conclusions analogues à celles citées plus haut.
Les travaux récents (1935) de DucuiING, MARQUES et Mile MILESKkY, signalent des lésions profondes des ganglions lymphatiques chez les chiens qui ont reçu des irradiations pénétrantes et généralisées à grande dose. L'architecture normale des ganglions n’existe plus. Les follicules lymphatiques avec leurs centres germinatifs ont disparu. Les lymphocytes sont rares.