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récidive du cancer les mêmes modifications sanguines peuvent réapparaitre.
Rup (1927) insiste pareillement sur les variations leucocytaires dans le cancer du col de l'utérus. Chez 40 malades traitées par le radium ou par les Rayons X, l’auteur note une modification insignifiante des globules rouges et d’hémoglobine. Par contre le nombre des globules blancs augmente très rapidement après l’irradiation. Cette leucocytose s’accompagne de polynucléose. Quelques jeurs après, la leucopénie fait son apparition et croît progressivement pendant trois semaines encore après l’application. Elle peut atteindre parfois 40 pour 100 et même plus du chiffre normal. Elle s'accompagne d’une lymphopénie absolue ou relative. En cas d’infection, la leucopénie profonde et régulière serait remplacée par des oscillations plus ou moins irrégulières de la courbe leucocytaire. LAVEDAN (1932)étudie les modifications du sang chez les femmes traitées du cancer du col de l’utérus par les Rayons X. L'auteur se propose de préciser : 1) les modifications apparaissant entre le début d’une séance de roentgenthérapie et les premières heures qui la suivent; 2) les modifications qui se développent au cours des séances constituant un traitement radiothérapique, et dans les semaines, voire les mois qui suivent. Il pratique des séances quotidiennes de l’irradiation localisée à dose de 1 à 2 H par séance. Les modifications sanguines constatées portent presqu’uniquement sur les globules blancs. Pendant ou immédiatement après une séance
de roentgenthérapie pénétrante d’une durée moyenne de 60 minutes, la leucopénie apparaît. Elle est due à la baisse de tous les éléments blancs du sang. Les lymphocytes et les petits mononucléaires sont plus particulièrement diminués. Pendant les deux preiniéres heures qui suivent l’irradiation, cette leucopéuie s’accentue. Puis elle est suivie d’un retour à l’état normal.
Entre la troisième et la cinquième heure, une leucocytose, presque toujours légère, peut être observée. Cette leucocytose s’accompagne fréquemment d’une polvnucléose modérée. Ces modifications s’observent non seulement après la première, mais après la deuxième et lä troisième séance d'irradiation. L’auteur note um fait particulier; la leucopénie serait toujours plus marquée pendant ou après la deuxième séance.
Les modifications du nombre des globules blancs ei de la formule leucocytaire s’atténuent à mesure qu’on répète les séances. L’auteur pense même qu’ultérieurement elles finissent par disparaître.
Les examens hématologiques pratiqués avant, pendant et après un traitement roentgenthérapique montrent que les modifications se portent surtout sur les éléments blancs. La leucopénie progressive débute pius ou moins précocement (au plus tard au débat de la 3° semaine du traitement). Elle est susceptible d'atteindre la moitié du nombre des globules blancs. Cette leucopénie est due à la diminution de tous les éléments blancs du sang. Le nombre des monocytes
et des petits mononucléaires est plus particulièrement faible, d’où résulte une polynucléose le plus souvent relative. Dans certains cas, le nombre des monocytes reste stable ou augmente d’où une monocytose relative ou réelle. Ces modifications persistent en général pendant ’toute la durée de la période d’irradiation. Le retour à l’état normal s’observe le plus souvent un mois après le traitement.
Âu cours du traitement par le Rayons X ou par le radium des malades atteints du sarcome ou du carcinome, PuHizzirs (1933) n’observe aucune modification leucocytaire. Les résultats des recherches de l’auteur lui font penser que même les doses importantes de radiation ne provoquent aucun changement caractéristique du tableau sanguin.
Nous avons vu combien les modifications leucocytaires varient au cours de la radiothérapie. Dans les services hospitaliers, nous avons eu l’occasion de suivre 8 malades atteints du cancer et traités par la radiothérapie.
Les modifications leucocytaires multiples fureni constatées pendant le traitement. L'étude de la courbe des variations des leucocytes dans le sang, nous à paru en particulier des plus instructives.
Les conclusions suivantes peuvent être tirées des observations de ces 8 cas :
Aucune uniformité n’existe dans le mode de réaction leucocytaire au cours de la radiothérapie du can-
cer. Le nombre des globules blancs diminue le plus souvent pendant le traitement roentgenthérapique. La courbe décroîit d’abord lentement puis la chute s’accentue. Dans le cas de M. P. J. (obs. 1) les leucocytes se maintiennent à 8.400 après 8 séances quotidiennes de radiothérapie à dose de 100 r par jour. Après 2 séances, le nombre est encore satisfaisant (6.900). Trois séances nouvelles provoquent une chute considérable. Une leucopénie très prononcée (2.40t) apparait et le malade succombe quelques jours aprés.
La leucopénie régresse en général rapidement à condition de suspendre la radiothérapie pendant trois ou quatre semaines. Dans le cas de Mme F. (obs. IIT) et de Mme M. Henr. (obs. IV) la suspension des séances pendant 4 semaines fait passer le nombre des leucocytes de 3.000 à 5.600 dans le premier cas, et de 2.200 à 6.900 dans le second. Quelques séances espaceées et rares n’influent pas pratiquement sur la régénération leucocytaire.
Quant à la formule leucocytaire, elle est extrémement variable pendant la radiothérapie. L'aspect le plus habituel est la polynucléose neutrophile relative et la lymphopénie (cas de M. P. J., M. Ber. Ch. Mme M. Henr, M. Cur. L.)
Les modifications leucocytaires pendant le traitement radiothérapique du cancer fournissent-elles des indications pronostiques pour cette maladie ?
Tous les auteurs sont d’accord pour réclamer l’exa-
men hématologique au cours de la radiothérapie des
cancers. Mais chacun voit dans les modifications un élément de pronostic différent. Il y a lieu d’envisager deux types de variations leucocytaires au cours de la radiothérapie des cancers : type favorable et type défavorable. LE
Les éléments du {type favorable cités par les auteurs sont :
La leucocytose moyenne, stable ou en décroissance et une polynucléose de 70 pour 100 (Roussy, LABORDE, LEROUX et PEYRE).
Une absence de leucocylose ou une leucocytose faible suivie de leucopénie modérée et persistante avec déviation à droite de la formule d’ARNETH (Mouquix).
Une augmentation des éosinophiles (MASIERI, SIE- GEL, PATTI).
Une augmentalion des formes de transition (M4- SIERI). |
La disparition rapide des modifications observèes au cours de la radiothérapie (Ru).
Une lymphocytose importante (de 40 à 50 %) qu apparaît plusieurs semaines ou plusieurs mois aprés le traitement (LAVEDAN).
Les éléments défavorables, sont :
Une hyperleucocytose pouvant atteindre 100.01 et voisinant avec les chutes leucocytaires et une éosinophilie rare et fugace (Roussy, LABORDE, LEROUX et PEYRE).
Une leucopénie progressive et considérable (au-
dessous de 2.000) ou une hyperleucocytose quelle que soit sa date d’apparition (MouquIN).
au Étte
Une hyperleucocytose à polynucléaires (traduisant une infection et par là une inefficacité du traitement) (LAVEDAN, Ru).
Une lymphopénie absolue et persistante (Zumpe£).
Une leucopénie persistante (SIEGEL, BORMAN).
Une disparition des éosinophiles (Parni).
Une monocytose élevée (MAyNcORD et PINEY).
Chez les malades, dont l’évolution clinique de la maladie fut défavorable, nous avons constaté pendant la radiothérapie, tantôt une diminution progressive de la polynucléose meutrophile élevée (obs. 1), tantôt une augmentation considérable de celle-ci (obs. V). Dans aucun cas les éosinophiles n’ont subit de modifications notables. Aussi bien dans les cas favorables que non une lymphopénie prononcée est observée. La présence des formes de transition dans le sang n’a pas une signification absolue. Elles font leur apparition dans la circulation en cas d’agravation de la maladie (obs. III et obs. V). Mais leur pourcentage augmente aussi dans les cas où le tableau clinique s’améliore notablement (Obs. VIII).
Aussi il est impossible de tirer des modifications leucocytaires des conclusions pronostiques fermes. L'examen des courbes des variations leucocytaires établies pendant la radiothérapie peut cependant fournir quelques indications pronostiques utiles. Une leucopénie prononcée et stable (cas de M. BEr. Ch. obs. I) semble être un élément de mauvais pronostic. Une leucocytose élevée et persistante ne paraît non plus
Et 7 en
de bon augure (cas de Gur. L. obs. V). Par contre, une leucopénie modérée sans grande variation (cas de Mme B. Mar. obs. VI et M. L. L. obs. VII), coinciderait plutôt avec une évolution clinique favorable. Notons encore que l’amélioration de l’image sanguine ne coïncide pas toujours avec l’évolution ieureuse de la maladie (cas de Mme F. obs. I).
Variations leucocytaires au cours de la radiothérapie
de la leucémie myéloide.
La leucémie myéloïde fut une des premières affections traitées par les Rayons X. Les observations à ce sujet furent publiées par SENN de Chicago (1905) ; mais c’est une étude, sans examen hématologique complet. La seule indication des doses est celle de la durée de l’irradiation. BRYAUT et CRANE (1904) associèrent à la radiothérapie, l'injection de l’arsenic et attribuërent tous les résultats obtenus à ce dernier médicament. L'étude de Brow (1904 fut plus approfondie.
Les publications d’AUBERTIN et BEAUJARD (1904) apportent au problème beaucoup de précisions. Ils remarquent que dans la leucémie myélogène la radiothérapie de la région splénique produit des réactions presqu’immédiates. Chaque séance est suivie d’une augmentation brusque et souvent considérable des globules blancs; ensuite leur taux baisse lente-
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ment et progressivement jusqu’au-dessous du chiffre primitif. Cette leucocytose est constituée surtout par une augmentation du nombre des polynucléaires. Dans les premières séances l’hyperleucocytose est presque immédiate, puis au fur et à mesure de « l’accoutumance de l’organisme » elle devient de plus en plus tardive. A partir d’une certaine quantité de rayons absorbés, l'augmentation devient très peu marquée, et la diminution définitive est seule appréciable. Les auteurs insistent sur le fait que ce sont là les premières modifications objectives de l’amélioration par la radiothérapie.
Les travaux ultérieurs de HERZ, de GERBER, de HOoLZKENECHT, de ACUNA apportent la confirmation à ces faits. Ainsi la poussée polynucléaire immédiate après la séance de radiothérapie des leucémiques se fait de la même façon que chez les animaux irradiés expérimentalement.
La formule sanguine subit pareillement une modification par les traitements radiothérapiques des leucémies myéloïdes. AUBERTIN et BEAUJARD insistent sur le fait que l’amélioration de l’état leucocytaire est d’abord qualitative. Le nombre des globules diminue secondairement.
Les polynucléaires neutrophiles sont considérés comme des éléments les plus résistants. HEINECKE (1904) l’avait déjà observé au cours de ses travaux expérimentaux et BEAUJARD dans sa thèse signale que, dans la leucémie traitée, les granulations neutrophiles sont relativement peu touchées. ARNETH
observe qu’en même temps que la diminution totale du nombre des globules blancs, on trouve une augmentation relative des polynucléaires neutrophiles, passant dans certains cas de 50 % à 80 %.
Les éosinophiles sont plus sensibles que les neutrophiles. Cependant leur résistance dans la leucémie est plus grande que ñe le signale HEINECKE dans son étude expérimentale. Après irradiation des animaux sains cet auteur constate une disparition très rapide et totale des éosinophiles. En clinique, BozzoLo est un des premiers à observer le même effet se produire chez des leucémiques après les séances de radiothérapie. La diminution des éosinophiles est pour ARNETH tardive et partielle. Leur pourcentage n’atteint son minimum que lorsque les leucocytoses, après avoir atteint leur chiffre le plus bas, recommencent déja à augmenter. BEAUsARD (1905) observe dans certains éosinophiles les granulations s’altèrer et prendre la teinte amphophile; dans certains autres, les granulations sont encore plus atteintes et deviennent confluentes; le corps cellulaire alors apparaît rempli d’une masse homogène réfringente, nettement acidophile.
Les mastzellen subissent pareïllement des modifications. BEAUJARD (1905) note que leurs granulations
se raréfient, deviennent plus volumineuses et se co-
lorent en marron par le bleu polychrome. Vox
.TABORA (1905) tire un élément de pronostic de ces al-
térations faciles des mastzellen. Pour lui les leucé-
mies riches en polynucléaires basophiles seront très.
favorablement influencées par les Rayons X.
Par contre JoacHiM et KURPJUWEIT (19%) et Ar- NETH considèrent les mastzellen comme étant encore plus résistants que les neutrophiles. Ils signalent d’abord une augmentation des basophiles après la séance de la radiothérapie. Plus tard le chiffre baisse lentement et n’atteint son minimum que lorsque la
leucocytose recommence à augmenter. Les lympho-
cytes subissent une diminution progressive pour ARNETH. Mais au moment où le nombre des leucocytes est à son minimum, une nouvelle poussée leucocytaire se produit de sorte que, le nombre primitif peut être dépasé. JoAcHimM et KURPUJUWEIT observent d'abord une augmentation des lymphocytes et des grands mononucléaires, puis une diminution extrêmement lente de ces éléments.
Jusqu’en 1907 les leucémies ont été traitées par des Rayons X de grande longueur dende. A partir de cette date les rayons pénétrants sont utilisés. Les modifications sanguines sont du même ordre que celles observées par des expérimentateurs, qui se servaient des rayons pénétrants (travaux de LACASSAGNE €t LEVEDAN).
Les modifications sanguines causées par les rayons pénétrants, selon SABRAZÈS, sont les suivantes : après chaque séance le nombre des globules blancs baisse immédiatement. Cette leucopénie est de très courte durée et peut passer inaperçue si elle n’est pas recherchée aussitôt. Elle est suivie d’une leucocytose polynucléaire non moins fugace. Vers le 2° jour, une petite poussée de leucocytose peut être notée après
OPAOURE
quoi la baisse des globules blancs se précipite. La chute considérable peut se produire après la première irradiation; plus souvent elle ne fait son apparition qu'à la fin de la série de 3 irradiations. La diminution des globules blancs est tout d’abord globale, puis elle porte essentiellement .sur: les myéloblastes et les myélocytes; dès lors le pourcentage des polynucléaires augmente. Après un certain nombre d’irradiations, les éléments jeunes (hémocytoblastes, myéloblastes, myélocytes) diminuent dans le sang et finissent par disparaître. Cependant il est exceptionnel que les myélocytes disparaissent totalement. Les lymphocytes et les monocytes sont fort peu nombreux dans le sang des leucémiques. Leur nombre fléchit d’abord puis remonte très notablement. Les polynucléaires neutrophiles persistent dans leur pourcentage. Les éosinophiles se retrouvent pendant longtemps à un taux assez élevé dans la formule leucocytaire. Les mastzellen restent souvent très nombreux.