‹ Contribution à l'étude des variations du taux de l'urée dans le liquide céphalo-rachidien: à l'état pathologique et principalement au cours de l'urémieChapitre 5 sur 30 · CHAPITRE II · texte numérisé non relu

CHAPITRE II

Recherche de l’urée dans le liquide céphalorachidien. — Procédés chimiques.

Nous avons prié M. RocHaix, préparateur du professeur Lépine, d'indiquer brièvement la valeur respective des procédés employés pour le dosage de Purée dans le liquide céphalo-rachidien. Ce chapitre est entièrement rédigé par lui: nous le remercions de son obligeance.

Les procédés chimiques, applicables au dosage de l'urée dans les divers liquides de l'organisme se réduisent à deux:

1° Procédé volumétrique à l'hypobromite de soude:

2° Procédé pondéral par l'acide nitreux (réactif de Boymond) quand l’urée est en quantité suffisante.

Toutefois ces deux procédés ne doivent être appliqués qu'après une défécalion préalable, dont le mode peut varier suivant le liquide à examiner. En effet, les divers liquides de l'organisme peuvent renfermer des corps azotés susceptibles de dégager de l'azote sous l'influence de ces deux réactifs.

Ces corps dérivés les uns des autres peuvent être classés suivant leur ordre croissant d'hvdratation et d'oxydation :

1° Albuminoides divers : sérines, globulines, fibrine, mucine, nucléoalbumines, albumoses et peptones, etc.

Jet

2° Acides aminés : glvcocolle, leucine, ornithine, arginipe, etc.

3° Leucomaines créatiniques : créatine, rréatinine, leucomaïnes puriques : aride urique et corps puriques:

4° Sels ammoniaraur.

5° Urée.

Tous ces corps sont susceplibles de dégager de l'azote par un dosage direct à l'hyporomite ou au nitrite mercureux. [l convient donc d'éliminer ceux que l’on ne veut pas conserver.

Défécation du liquide. — Parmi les déféquants employés le meilleur est l'acide phosphotungstique. Mais la longueur de la précipitation oblige à ne l'employer que dans les liquides très complexes ou dans la vérification des résultats douteux (1).

De plus, Chassevant et Sallerin ont montré que le réactif entrainait un peu d'urée, reproche qu'on peut faire du reste à tous les précipitants.

Voici le procédé que nous employons et qui suffit en clinique : recherche de l'albumine par les procédés ordinaires, recherche des sels ammoniacaux par le réactif de Nessler (quelques cc. de liquide sont mis dans un tube avec de la soude. On chauffe à l'ébulliion. en mettant dans l'axe du tube un agitateur trempé dans le réactif de Nessler : ce dernier brunit s'il y a de l'ammoniaque.)

La recherche des autres corps azotés est beaucoup

(1) Voir le procédé rapide de défécation à l'acide phosphotungstique. A. Morel. Précis de technique chimique à l'usage des laboratoires médicaus, p. 518.

in plus difficile. Si ces recherches sont positives, on prend un volume donné du liquide, soit 20 ce., on y ajoute 5 ce. de sous-acélate de plomb et on complète à 40 ce. avec une solution saturée de sulfate de soude pur. On filtre dans une éprouvelle graduée, on note le volume V du filtrat, et si l'on a constaté la présence d'Az H5 on porte à l'ébullition, après avoir ajouté ! ce. de lessive de soude. Après refroidissement on ramène au volume V, on à ainsi un liquide dilué de moitié.

Dosage de l'urée. — On prend alors un volume exactement mesuré (2 ce. pour l'urine, 10 ou 20 ce. pour le sérum sanguin les exsudats et les transsudats et le liquide céphalo-rachidien) qu'on introduit dans le flacon à réaction de l’uréomètre.

Cet uréomètre se compose de deux parties essenlielles :

Un flacon à réaction.

Ün appareil mesureur gradué à 1/10 ou 1/20 de ce., (uroazotimèlre de Gautrelet (1), azotomètre de Martz(2), uréomètre d'Yvon, diverses cloches à gaz.)

On met dans le flacon à réaction de l'hypochromite alcalin, puis un tube contenant le liquide à examiner: on bouche, relie à l'azotomètre et agite doucement pour mélanger les deux liquides : le CO? est absorbé par l'excès d’alcali du réactif et l'Az se dégage. On le mesure très exactement et calcule l’'urée correspondante

(1) Gaurrezer. Analyse des urines.

(2) Marrz, Guide pour les analyses de chimie physiologique.

LAS en faisant les corrections suivant la 4 et la pression. (Pour les détails, voir les traités d’urologie.)

Le procédé pondéral du nitrite mercureux a l'inconvénient d'être long et d'exiger des pesées délicates. Néanmoins, il nous a donné de bons résultats quand les proportions d’urée étaient suffisantes.

Dans un appareil de Gessler (1), on introduit un volume donné du liquide désigné (10 ec. d'urine, au moins, 30 à 40 ec. pour les autres liquides). Par une tubulure de l'appareil, on laisse tomber le réactif nitreux : les gaz Az el CO? se dégagent. De la ditférence de poids de l'appareil pesé avant et après la réaction, on déduit la quantité d’urée contenue dans le volume employé.

Remarque :

Le liquide céphalorachidien normal se prête très bien au dosage de l’urée par l'hypobromite, à condition d'en employer un volume suffisant. Dans les cas pathologiques, 1l peut contenir de l'albumine et des sels ammonicaux qui nécessitent la défécation. De mème s'il contient dn sang.

Le dosage de l'urée dans le sérum sanguin, le exudats et les transsudats est plus délicat à cause de la quantité énorme d'albuminoïdes qu'ils renferment. I faut déféquer soigneusement el éliminer l'ammoniaque si lon ne tient pas à doser l'Az des deux substances.

Le chiffre trouvé dans ces conditions sera très suffisamment exact si l’on veut considérer que chez les sujets

(1) Voir Hu@ouneno, Précis de chimie physiolosique et pathologique, p. 463.

SC normaux l’Az de l'urée représente 80 ?/, de PAZ total ‘du sang (1).

Chez les brightiques azotémiques, ce rapport s'élève encore dans des proportions considérables : il peut atteindre 92 à 96 °/, ce. (Widal et Javal) (2).

(4) Wipaz et Roncuëse. C. R. de la Société de biologie, 1906, p. 245.

(2) Wipaz et Javar, La cure de déchloruration, p. 64.

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