VARIATIONS DU TAUX RÉTICULOCYTAIRE PENDANT LA GES- TATION
Prenons l'exemple, presque schématique, de la lapine P: 22. On n'observe, d'une part, que des modifications extrêmement réduites dans le nombre des globules rouges, D'autre part, les variations du taux réticulocytaire sont les suivantes : avant la gestation, le taux réticulocytaire est tombé de 3,16 à 2,50 p. 100. Cette faible baisse, «d'après les faits que nous avons déjà rapportés, pourrait être interprétée comme une légère réliculocytopénie oestrale, la présence du mâle dans la même cage provoquant une exagération des diverses manifestations de l'oestre.
De la date de la fécondation, déterminée en décomptant 30 jours du jour de la mise bas, le faux réliculocytaire monte progressivement par une série de petites oscillations ascendantes assez régulières. À la fin de la 1" décade, il atteint 3,90 p. 100. À la fin de la 2°, 5,21 p. 100. Au cours de la 3°, il se maintient quelques jours à ce niveau élevé, puis en 6 jours, il tombe presque verticalement de 5,26 à 0,39, niveau atteint la veille de la mise-bas.
Celte chute du Taux réticulocytaire pendant la dernière décade de la gestation s'est produite dans toutes les mises bas que nous avons eu l'occasion d'observer. En établissant les moyennes des variations chservées au cours de la 3° décade de la gestation chez toutes les lapines dont nous avons donné l'observation, on constate que le taux réticulocytaire est tombé de 4,70 à 0,64. Il a donc perdu 86 % de la valeur qu'il avait au début de cette décade et 80 % de sa valeur moyenne chez la lapine normale.
Cette réticulocytopénie est done une manifestation constante du prépartum chez la lapine. Nous l'avons étudiée avec soin et nous
avons pu, grâce aux numérations quotidiennes, en saisir les carac- (ères : :
Elle survient toujours en pleine réticulocytose de gestation, souvent même au moment le plus élevé de cette réticulocylose. Elle est inopinée, rien ne permettant, même lorsqu'on l'attend, de prévoir à 3 ou À jours près, le moment où elle va se produire. Elle est brusque, la courbe des réliculocyles qui, chaque jour, montait en pente douce, change sans transition de direclion el tombe verticalement. Elle esl généralement régulière, elle ne décril aucune oscillation el la dénivellation, d'un jour sur l'autre, est considérable. Elle atteint rapidement son niveau le plus bas, le plus souvent en # à à jours. Enfin,
elle annonce limminence de la mise bas.