‹ Contribution à l'Étude des Variations Physiologiques et Pathologiques du Taux Réticulocytaire, Chez le LapinChapitre 54 sur 105 · IV. — Interprétation des résultats · texte numérisé non relu

IV. — Interprétation des résultats

Nous venons d'établir, dans ce travail, que, pendant la gestation de la lapine et les diverses modalités de lablactation, le nombre des réliculocytes subit d'importantes variations. La courbe réticulocvtaire prend à chacune des périodes ‘un aspect caractéristique.

Une première constatation s'impose : entre ces divers états physiologiques ei les réticulocytes, il existe indubitablement, un rapport étroit.

Une deuxième constatation nous parait également évidente : Les variations observées pendant la plus grande partie de la gestation sont de moyenne imporlance. Par contre, celles qui se produisent quelques jours avant la parturition et celles que l’on constale pendant la lactation el Surtout après l'ablactation, sont considérables. Ces phénomènes se déroulent donc principalement pendant la prépa-

ration des glandes mammaires à la fin de la gestation, lors de leur fonctionnement, el après l'arrêt de celui-ci,

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Il faut se reporter aux connaissances actuelles sur la physiologie de la glande mammaire pour éclairer un peu la question. Nous rappelerons brièvement les faits (1),

Pendant la gestation, la glande mammaire se développe intensément. Ce développement est sous la dépendance de la folliculine, que déverse dans l'organisme, à doses considérables, le placenta [14!. L'hormone du corps jaune, inactive seule, aurait également, en laison avec la folliculine, une certaine action sur le développement du tissu glandulaire des mamelles f2!.

Mais ni la folliculine, ni l'hormone du corps jaune (progestrine), n'ont, comme on vient de le voir, d'action sur la sécrétion lactée. La folliculine, a, par contre, une action inhibitrice sur le fonctionnement de celle-ci. (Fellner[8|, Smilh et Walkins[221, Winter {24}, Nelson 14).

Le placenta expulsé, la plus importante source de folliculine chez la gestante ®) se frouve larie, L'action inhibitrice est levée. La sécrélion lactée se met en train : une lapine reçoit quotidiennement de fortes doses de folliculine pendant un temps très long. Les injections sont supprimées, il se produit une sécrétion lactée. La folliculine a done un double rôle, préparatôire sur la glande, inhibiteur sur la sécrétion.

On sait que les extraits du lobe antérieur de lhypophyse [61 [7| {23} ont un puissant rôle favorisant vis-à-vis de la sécrétion lactée. Riddle, Bates et Dyksorn f48] ont isolé, de ces extraits, deux hormones : la prolactine et le prolan. La prolactine serait l'hormone qui, lorsque se trouverait supprimé le pouvoir inhibiteur de la folliculine 45, [20 déclancherait la sécrétion lactée. Mais, si les hormones lactogènes du lobe antérieur de l'hypophyse sont indispensables pour le déclanchement de la sécrétion lactée, elles ne suffisent pas à l’entretenir. La glande mammaire ne continue à fonctionner que parce que les petits têtent. Si le produit de sécrétion n’est pas soutiré à mesure qu'il s'aceumule, par mulsions naturelles (tétées) ou par mulsions artificielles (traites) la sécrétion s'arrête. Certains auteurs

(1) Nous renvoyons pour plus de détails à l'exposé très clair et très documenté de H. Simonnet sur la question [21].

(2) Ce n’est pas la seule, Zondek et Euler [25] attribuent à la folliculine une triple origine : gonodale, extra-gonodale et placentaire

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