‹ Contribution à l'étude des variations saisonnières du taux de la vitamine C dans le sangChapitre 17 sur 19 · L.— SUJETS CHEZ QUI ONT ETE EFFECTUES CES DOSAGES · texte numérisé non relu

L.— SUJETS CHEZ QUI ONT ETE EFFECTUES CES DOSAGES

Ces sujets, la plupart adultes jeunes, appartiennent aux milieux les plus divers. Les uns ont été examinés au cours d'enquêtes systématiques dont le but était de préciser l’état de nutrition de la population parisienne (gendarmes, gardes mobiles). D’autres à l’occasion d'examens individuels provoqués par des causes variables, engelures, etc. D’autres enfins, médecins, infirmières dans le seul but d’aider à connaître les valeurs

normales ou présumées telles de l’acide ascorbique.

La plupart des sujets ainsi examinés étaient cliniquement sains, aucun ne présentait de signe de scorbut.

On voit que ce recrutement présentait une grande variété et nous croyons que l’on peut considérer le

résultat comme un reflet assez fidèle du taux moyen

Eh

° s de l’acide ascorbique sanguin de la population pari-

sienne pendant la période envisagée.

2, — CONSTANCE DU TAUX D’ACIDE ASCORBI- QUE PLASMATIQUE CHEZ LE. MEME SUJET. |

Les dosages que nous avons rapportés plus haut À Lont été pratiqués aux différentes heures de la jour-

De | née, plus ou moins loin des repas. On pourraitevoir là

un facteur de variations. Afin d'éliminer cette cause.

d'erreur possible, quelques dosages ont été répétés au 1e cours de la même journée sur un certain nombre de sujets volontaires.

En voici les résultats :

: 1) Val... 11/11 — 9 h. 30 (à jeûn) 13,52 ï | 16h. 30 10,66 | 13/11 — 9 h. 30 (à jeûn) LONG 16 h. 30 17,41 ‘ 2) Cha... 11/11 — 9 h. 30 9,88 4 16 h. 30 | 9,62 : 13/11 — 9 h. 30 10,92 1 16 h. 30 0,88 k 3) Bell... 5/12 — Ah. 3,12 16h. 3,12 4) Mig... 13/10 10,9

Tee

Ci te . # f Vu On se rend aisément compte par ces quelques ré-

sultats que chez un même individu au cours de la

même journée ou d’un jour à l’autre au taux de la vitamine C du sang se maintient dans les limites remarquablement fixes qui permettent de la rapprocher des

principales constantes humorales de l’organisme. [2

Cette fixité relative de lascorbémie permet donc d'éliminer toute cause d'erreur liée à l’heure du pré-

lèvement dans la discussion de nos résultats. $ ;

TL. — VARIATIONS SAISONNIERES DE L’ASCOR:- BEMIE.

Elles font plus particulièrement l’objet de ce tra.

vail. L'homme étant de tous les êtres vivants un des

rares qui soit incapable de faire la synthèse de l’acide

ascorbique, il est évidemment logique de penser à priori que le taux de cette substance dans son organisme reflète plus ou moins fidèlement la richesse de son alimentation en ladite substance. Cette Opinion ne \ Saurait être discutée. Mais il ne s’ensuit pas forcément que ces variations doivent se retrouver dans le milieu sanguin dont on connaît la fixité habituelle et la sou-

plesse des mécanismes régulateurs.

Les taux de vitamine C dans le sang ont été très diversement appréciés par les auteurs. Les uns, comme

WozrFr, BANNING et Van EECKELEN, dosant à la fois

sels

cs

Vacide ascorbique réduit et son dérivé d’ oxydation réversible, l’acide déhydro- -ascorbique, admettant que le taux peut varier de O0 à 18 mmgr. et qu'il se situe en

moyenne entre 10 et 12 mmgr.

CHEVALIER en procédant au dosage spectrophoto-

métrique, trouve en moyenné 10 mmegr.

Giroun avec la technique au bleu de méthylène,

trouve une moyenne de 10 mmgr.

Il est plus intéressant de comparer les résultats

que nous rapportons à ceux des auteurs qui ont dosé

le seul acide ascorbique réduit.

EMMERIE, employant la méthode de Tillmans, arrive au chiffre de 5 mmgr. par litre.

Les chiffres de Trier (1) qui a utilisé également le procédé de réduction photochimique du bleu de méthylène oscillent entre 2 et 6 mmgr. chez des sujets normaux ou malades non fébricitants. Les résultats de

cel auteur nous paraissent d’autant plus intéressants

que son enquêtà a porté sur un nombre élevé de su-

Jets aux différentes périodes de l’année et que nous retrouvons dans ces résultats les mêmes variations saisonnières qui nous ont frappé dans les nôtres. Nous

reproduisons ci-dessous les résultats de cet auteur:

(1) Ces renseignements sont tirés du livre de E.-J. Brewon « Directives PORT, les enquêtes de la nutrition des DOPRANIONS. D. — Société des Nations, Genève, 1939, p. 211.

Mai ÉPMR ee ro ve 25.

Juillet eh aobtt son ne 5. 20,2

Septembre re ART NME 4 à5.

de ee et EE <e < th 2,9 a |

.… Janvier à avril. RUE . HMS ia ge

- Comparés : aux nôtres, ces résultats mettent en vi de. la même variation saisonnière d”° ensemble. ÉS. = pendant ils en diffèrent par quelques Doit de dé- = tail comme on pourra s’en rendre compte par le ga phique reproduit ci-dessous, sur lequel nous avons es mi sayé de montrer l’allure et l'intensité de la variation A

saisonnière de |” pe PTE

pin TE At SRE Gt. Dé. À.

Graphique montrant les variations mensuelles du taux

Je la vitamine C plasmatique dosée chez 131 sujets entre juin 1941 et janvier 1942.

Si l’on reprend, mois par mois, la moyenne de nos résultats on voit en effet, que le taux moyen parti de 1 mgr. 786 en juin, s'élève faiblement à 2 mgr. 628 en juillet puis saute d’un seul coup à 10 mgr. 34 en septembre. Il se maintient à un chiffre encore élevé en octobre où il atteint 9 mgr. 1. Les mois suivants les

taux s’abaissent progressivement: 6 mgr. 96 en novembre.

4 mgr. 32 en décembre.

3 mgr. 02 en janvier.

On ne saurait manquer d’être frappé de la régularité de cette courbe. Le nombre élevé des sujets sur lesquels ont porté les dosages, la différence des milieux dans lesquels ils ont été choisis, nous permettent en effet d'éliminer toute cause d’erreur purement mathématique et de considérer que la courbe que nous avons

tracée correspond bien à la réalité des faits.

La comparaison des résultats avec ceux de TRIER que nous rapportons plus haut appelle quelques re-

marques:

En premier lieu, on notera que l’ampleur des variations est beaucoup plus accusée dans nos résultats. Il est possible que cela tienne en partie à la méthode utilisée (bleu de méthylène) qui donne dans l’ensemble des chiffres plus bas. Il est vraisemblable aussi

qué cela tient en partie à la différence d’ « habitude

LR EEE

Taie Lee

alimentaire » entre les Danois qui ont fait l’objet du travail de TRIER et la population parisienne.

Tandis que TRIER a obtenu ses résultats les plus élevés en juillet et août, le maximum a été atteint parmi les nôtres en semptembre-octobre. Là encore nous croyons qu’on peut appliquer la remarque précédente

et faire entrer en ligne de compte les habitudes ali-

mentaires, liées sans doute à des différences climati-

ques.

Enfin, un dernier point mérite l’attention, c’est qu’à aucun moment! de l’année, malgré les taux plutôt bas normalement trouvés avec la méthode qu’il a employée, TRIER n’a trouvé une moyenne aussi basse que la nôtre au mois de juin-juillet. Il est probable que

ces différences des taux extrêmes s'expliquent par les

restrictions dont souffre actuellement la population parisienne.

Il est évident, en effet, que les chiffres trouvés à Paris au cours de l’année 1941, ne sauraient donner

une idée exacte de l’ascorbémie.

L'apport réduit des fruits de printemps, en articulier, l’appauvrissement général du marché, m me pour les légumes les plus usuels, font que les chiffre. trouvés sont certainement inférieurs à la moyenne des années normales. Inversement, le meilleur approvisionnement du mois de septembre, en particulier,

l’apport des raisins, permet sans doute d’expliquer

Fu 7er

l’ampleur anormale de la variation observée à cette période de l’année. Aussi bien ce qui nous intéresse ici, c’est la valeur relative des chiffres et l’allure générale

de la courbe qui conserve tout son intérêt.

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