‹ Contribution à l'étude des Vergetures: Leurs Différents Sièges, Leur Mode de Production, Leur NatureChapitre 7 sur 17 · SEA · texte numérisé non relu

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et les fesses dans l’état puerpéral. On les trouve également dans le cas de développement exagéré du tissu adipeux, et à ce sujet Ducastel a fait remarquer qu’elles apparaissaient alors au moment où l'individu commence à maigrir, sans doute parce que auparavant, quoiqu'elles existassent, elles étaient masquées par la graisse. Il existe encore des vergetures dans le cas d’anasarque, d'œdème exagéré des membres. L’hypertrophie musculaire due à des exercices violents et prolongés peut aussi entrainer la production de vergetures des membres. M. Gilbert en a cité un exemple chez un jeune homme qui présenta des vergetures longitudinales sur les deux bras à la suite de violents exercices musculaires ayant amené un développement exagéré de ses biceps. Beauplan en cite un autre exemple survenu chez un cavalier ; les vergetures siégeaient à la partie supérieure et interne de chaque cuisse. Le développement d’une lumeur sur les membres, le gonflement des articulations peuvent encore donner naissance à ces stries de la peau.

Aux membres inférieurs, elles siègent en général sur la cuisse, qu'elles peuveut occuper en entier, mais c’est surtout à la partie externe, aux fesses et à la partie interne. On les trouve encore dans lecreux poplité, à la jambe, principalement aux mollets. Aux membres supérieurs, elles siègent surtout au bras le long de la partie antérieure du biceps ou à la partie interne,le long des vaisseaux et des nerfs. On

en trouve encore au niveau du sillon qui sépare le deltoïde du grand pectoral.

Vergetures transversales. — Celles-ci sont moins anciennement connues que les vergetures longitudinales. Régnier, le premier,dans sa thèse de 1860,en signala deux observations : la première chez une jeune fille de seize ans qui, ayant pris brusquement un développement énorme, présenta des vergetures radiées aux seins, sur les cuisses et quatre vergetures transversales à la face interne des genoux; la deuxième chez un jeune garçon qui a grandi rapidement pendant la convalescence de la fièvre typhoïde. Ces observations passèrent inaperçues. C’est M. Bouchard qui, en 1879, attira de nouveau l’attention sur ces vergetures. Dans sa communication à la Société clinique des hôpitaux, il rapporta 3 cas de vergetures survenues. pendant la convalescence de la fièvre typhoïde chez des adolescents : elles siégeaient aux membres, au niveau des articulations du genou et du coude. Deux ans auparavant Manouvrier (de Valenciennes) en avait rapporté 4 observations. Depuis lors,les faits se sont multipliés. Auboyer puis Lavernhe en ont relaté de nombreux cas. Récemment nous avons eu l’occasion d'en observer un cas chez une jeune fille,elles étaient survenues pendantla convalescence d'une grave fièvre typhoïde. La fièvre scarlatine (Rolleston), l’appendicite (Parkes Veber) peuvent provoquer l'apparition de vergetures chez des sujets en période de croissance. On les rencontre aux membres inférieurs comme aux membres supé-

rieurs. Au niveau du genou,elles siègent soit au-dessus de la rotule, soit à la partie interne de l'articulaüon, plus rarement enfin à la partie exlerne.

À la racine de la cuisse, elles occupent surtout la partie externe au niveau du grand trochanter et descendent parfois le long du tenseur du fascia lata jusqu'à la moitié de la cuisse. A la jambe, elles sont situées au niveau de la malléole externe et au-dessus. Aux membres supérieurs on les trouve à la partie inférieure et postérieure de l'humérus.

Elles ne diflèrént pas comme forme des autres vergelures : leur longueur est variable comme aussi leur largeur. Quand el'es sont anciennes, la peau présente souvent à leur niveau des plissements dus à ce que la cause de la distension ayant disparu, l’épiderme est devenu trop large à leur niveau et se soulève en formant des plis ou des figures festonnées. Leur nombre esttrès variable. Certains malades en présentent de très nombreuses, tandis que chez d’autres, il n’en existe que deux ou trois, parfois une seule, Cette variété dans le nombre est due, sans doute, soit à des différences dans l’accroissement du membre ou à des différences dans la distension du revêtement cutané chez les divers individus, soit à la variabilité de résistance de la peau et à sa vu'nérabilité plus ou moins grande dans des maladies plus ou moins graves,

Vergetures du thorax. — La connaissance de ces vergelures est plus récente que celle des vergetures de l'abdomen et des membres.

A- Favrot

Ode

La première observation en a été donnée par Thaon en 1880. Dans la suite, MM. Trossat, Gimbert, Gilbert, Troisier, Brissaud en ont publié d'autres cas. : Plus récemment, un auteur anglais, Rolleston en a publié un nouveau cas en 1907. Nous ajouterons à cette liste Je cas qu’il nous a été donné d’observer à l’'Hôtel-Dieu.

Dans le cas de Thaon, il s'agissait d’un jeune homme de dix-sept ans atteint d’une pneumonie caséeuse du sommet pulmonaire droit, suivie d’un pneumothorax. Cinq mois après, on s'aperçoit que le malade présente des vergelures sur le côté gauche, s'étendant de l’épine de l’omoplate jusqu’à la ceinture. Mais Thaon constata que le côté le plus tendu était le côté opposé aux vergetures. Nous verrons plus loin, à supposer qu'il n’y ait pas eu d'erreur dans les mensurations, comment on doit interpréter le fait.

L'observation de M. Trossat a trait à une jeune fille de quinze ans, chez laquelle les vergetures apparurent à la suite d’une pleurésie droite d’origine tuberculeuse. Elles se montrèrent sur le côté gauche du thorax qui présentait une‘dilatation manifeste et s’étendaient .de l'angle inférieur de l’omoplate jusqu’au-dessous de la dernière côte. Plus tard, d’autres vergetures apparurent sur les fesses d’abord, puis sur les membres supérieurs et inférieurs. Elles coïncidaient d’ailleurs avec un grandissement très rapide de la jeune malade. ;

Dans le cas de M. Gimbert, c’est un jeune homme

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— 23 — > de dix-sept ans présentant une infiltration tuberculeuse des deux poumons. A la suite d’un pneumothorax survenu du côté droit, il présenta des verge-

tures du côté opposé qui offrait un développement exagéré.

Dans le cas de M. Gilbert, il s'agissait d’un jeune

homme de dix-sept ans qui, dans le cours d’une pneumonie gauche, avec léger épanchement pleural,

présenta des vergetures sur le côté opposé. Celui-ci |

était plus développé que le côté gauche, ce que l’inspection et la mensuration montraient clairement. L'observation de M. Troisier concerne un jeune homme atteint de tubercûlose pulmonaire du sommet gauche ; les vergetures siégeaient à droite ; elles s'étendaient du bord axillaire de l’'omoplate à partir de la quatrième côte jusqu’au rebord des cartilages costaux. À l’autopsie on trouva le poumon gauche creusé de cavernes et adhérant à la cage thoracique dans toute son étendue. Le poumon droit était libre. Dans l'observation de M. Brissaud, il s'agissait d’un jeune homme de vingt ans atteint de bronchopneumonie tuberculeuse du sommet droit. Les vergetures apparurent sur le côté gauche de la poitrine, près de la colonne vertébrale. Elles furent découvertes par hasard et la mensuration faite à ce moment faisait constater une amplitude égale du thorax de chaque côté.

Dans le cas de Rolleston il s’agit d’un jeune homme de seize ans atteint d’une affection néoplasique qui l’a conduit à un état de cachexie extrême.

Hi Re RON PL RS AE TN RS TE à RER EE ER PATES SALE

Le néoplasme se généralisa aux plèvres. Peu de jours avant la mort, des vergetures apparurent sur le dos dans les régions dorsale, lombaire et sacrée. L'auteur attribue les vergetures de la région dorsale. à la distension causée par l’épanchement pleurétique. Il fait jouer, du reste, un rôle important aux troubles trophiques causés dans le derme par la cachexie.

Dans le cas que nous avons observé à l’'Hôtel- Dieu, il s'agissait d'un jeune homme de dix-sept ans, atteint de congestion pulmonaire gauche avec hydrothorax et hydropéricarde. Les vergetures apparurent à droite et furent découvertes tout à fait par hasard. Elles occupaient un quadrilatère s’étendant de la colonne vertébrale en dedans à la ligne axillaire en dehors, de l’angle de l’omoplate en haut à un travers de doigt au-dessus de la crête sacroiliaque en bas. Le thorax, à l'inspection et à la mensuralion élait manifestement plus développé à droite qu'à gauche. Elles s’accompagnaient d’autres stries semblables au bas de la colonne lombaire; à la partie externe de la fesse droite, en arrière du grand trochanter et de quelques-unes au dessus des rotules.

Ilest à remarquer que toutes ces observations se rapportant à des jeunes gens tous atteints de graves aflections pleuro pulmonaires, que les vergetures siégent toujours du côté du thorax opposé à la lésion, que leur direction est parallèle aux côtes, que, enfin, chaque fois qu’elles se sont produites il y

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