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A la suite de ces expériences et pour en préciser davantage le sens, les auteurs, après une analyse minutieuse du lait libre d’albumine qu'ils emploient, fabri-
OR Re
quent un lait artificiel dans lequel ne rentre aucune trace de protéine et qui, autant qu'il leur est possible, se rapproche de la composition du lait naturel.
Lorsqu'ils expérimentent avec ce lait, ils obtiennent une croissance normale. Ils concluent que ce sont des sels anorganiques qui président au phénomène de la croissance. Cependant, dans un travail ultérieur, ils concèdent obtenir avec ce lail artificiellement préparé, des résultats moids bons qu'avec le lait naturel.
Hopkins reprend les expériences précédentes et signale un arrêt total de la croissance quand il nourril des rats avec de la lactose du commerce, purifiée par des crislallisations successives.
D'autres auteurs, à la même époque, étudient la même question : W. Heubner essaie sur des jeunes chiens l'influence des produits phosphorés et il trouve que ia lécithine favorise la croissance dans de notables proportions. Mc. Collum et Davis montrent que le beurre et l'extrait éthéré de jaune d’œuf accélèrent puissammen! la croissance. Schafer recherche l'influence des extraits d'ovaire, d'hypophyse et de corps thyroïde, sur la croissance des rats blancs et il constate que tandis que les extraits d'ovaire et d'hypophyse ne donnent aucun résultat, ceux du corps thyroïde jouent un rôle considérable. Aldrich non plus n'obtient aucun résultat sur la croissance en nourrissant des rats avec de l’hvpophyse. N
Les expériences précédentes ont prouvé que l'arrêt de la croissance n'élait pas causé par un défaut de pro-
éme, ni d'hydrate de carbone, ni de sels, mais par le
rot) EL
manque dans les différents régimes institués d’une substance non délerminée, soupçonnée par Hopkins dans les impuretés de la caséine du commerce et qui existerait dans la nourriture habituelle de l’homme et des animaux, sans que les analyses chimiques ou les expériences physiologiques aient réussi à la mettre en évidence.
Les recherches en étaient là lorsque Funk, à la suite de ses expériences sur le Béri-béri et le Scorbut fut amené à étudier l'influence de l'alimentation sur la croissance des poulets. Nous verrons ultérieurement comment il fut conduit à cette étude. C’est un fait d'observation courante que les poules dans une bassecour, malgré l'abondance des grains qu’on leur donne sont constamment occupées à rechercher dans le fumier ou dans le sol qu’elles grattent, des insectes el des vers. Elles ont aussi un véritable appétit pour les aliments frais et on les voit journellement abandonner l'orge, l'avoine ou le blé qu'elles sont en train de manger pour se précipiter sur des vers de Lerre ou sur des feuilles de salades... qu’on leur donne à ce moment.
Les poules, renfermées dans une cour trop étroite et dont le sol est pavé dépérissent malgré l'abondance de nourriture, qu'elles laissent bien souvent, et présentent des signes de paralysie el de rachitisme; ce fait ne se produit jamais pour les volailles des grandes fermes qui errent dans une vaste cour. Elles mangent de l'herbe, suivent bien souvent la charrue dans la terre qu'on laboure pour manger les vers qui se trouvent déterrés.
Funk expérimente sur des poulets, 1] en nourrit cer-
MAN net
tains uniquement avec du riz non décortiqué, tandis qu'il ajoute au riz constituant la ration d'un autre lot de poulets, de l'huile de foie de morue. Les poulets ne recevant que du riz ne vivent guère plus de neuf à dix
semaines tandis que ceux qui reçoivent en plus de
Poulets de la même couvée dont l’un a reçu une alimentation normale, l’autre une alimentation complètement dépourvue de vitamines de croissance.
l'huile de foie de morue vivent beaucoup plus longtemps, mais, fait extrêmement curieux, leur croissance s'arrête totalement. Nouûs reproduisons une photographie typique.
Deux poulets ont élé nourris, l’un normalement, l'autre avec du riz non poli et de l'huile de foie de morue. Pendant les deux premiers mois la différence ne
fut guère sensible entre les deux animaux... mais pen-