CHAPITRE IV
ÉTUDE DE LA SULFONATION DU 2-ÉTHYLNAPHTALÈNE
La sulfonation du 2-éthylnaphtalène a été déjà étudiée par Marchetti et le dérivé sulfoné obtenu par cet auteur a été transformé par fusion alcaline en un éthylnaphtol fondant à 98°. Mais la constitution de ce corps n'avait pas été déterminée (1). C’est le seul travail qui ait êté fait jusqu’à présent sur cette question ; donc, si l’on veut avoir des indications supplémentaires il faut se reporter aux travaux qui ont été effectués sur le 2-méthylnaphtalène.
Dziewonski, Schæœnovna et Waldmann (?), après avoir remarqué que la sulfonation directe par l’acide sulfurique ne se produit d’une façon notable qu’à une température d’au moins 90°, ont étudié cette opération dans ces conditions; ils ont ensuite préparé par fusion alcaline le méthylnaphtol correspondant et ils ont établi par une méthode, d’ailleurs pas très rigoureuse que ce naphtol était le 2-méthylnaphtol-G. Cette affirmation est basée sur les considérations suivantes :
Le naphtol obtenu ressemble beaucoup à un B-naphtol ; ce caractère de 6 naphtol étant admis, ils ont transformé le groupe OH en NH?, par une méthode bien connue, puis le groupe CH3 en CO?H par oxydation ; ils sont ainsi arrivés à un acide aminonaphtoïque non encore connu, ou le groupe
(1) Gass. Chim. ital., 11 (1881), 439.
(2) Ber. d. chem. Gesells., 58 (1925), 1211.
CO'H ne peut être qu’en B, et dans lequel ils considéraient comme certaine la position en 8 du groupe NH? ; étant donné qu'il y a trois acides aminonaphtoïques possibles répondant à ces conditions, et que deux étaient déjà connus : le 3-aminocarbonique-2 et le 7-aminocarbonique-, le troisième trouvé par eux ne pouvait-être que le 6-amino-carbonique-2 ; d’où la constitution du naphtol et par conséquent du dérivé sulfoné préparé.
Je suis arrivé à confirmer ce résultat, dans le cas de la sulfonation du 2-éthylnaphtalène, mais d'une façon positive et sans admettre quoi que ce soit, a priori, sur la nature du naphtol préparé par fusion alcaline. Cette confirmation ne m'a pas paru inutile; en effet, dans les conditions de température employées par les auteurs cités, conditions que j'ai d’ailleurs reproduites pour le 2-éthylnaphtalène, c'est-à-dire température de go° à 1000, le naphtalène ordinaire se sulfone principalement en position à et non en position £.
De plus, on ne peut que répéter ici ce qui a déjà été dit pour la nitration, au sujet de la difficulté de l'oxydation de groupes alcoyl en CO?H, j'ai donc là aussi employé une méthode valable pour n'importe quel radical alcoolique, et basée uniquement sur la possibilité d'introduire ce radical par une synthèse malonique.
J'ai donc d’abord préparé le dérivé sulfoné que j'ai ensuite transformé en un naphtol qui présente le même point de fusion de 98° que celui décrit par Marchetti. Il n’est identique à aucun des naphtols déjà décrit au cours de ce travail. J'ai montré que c'était un 2-éthylnaphtol-6, en l'identifiant avec ce naphtol préparé par la méthode indiquée par le schéma suivant qui ne laisse aucun doute sur sa constitution :
CH3OK DCE? — C = (COH}? — anisyl — CH(C2H5) — COH | “
CH I — anisyl — CH(C2H5)CH2OH(CI, 1, CN) — anisyl — CH, C?H5) — CH?COOH(CI) CH? CH?
f ne he — C'H5 É Ÿ Le. — HS + > H:CO | CH? H?CO 2 NX Ne ÉO CH?
IV v ue ee — HCOS | HO NA NANA VI VII
De plus, et à titre d’appendice à ce chapitre, pour montrer les grandes possibilités de préparation de naphtols dérivés de 2-alcoyInaphtalènes d’une constitution sûre, j'ai préparé le 2-éthylnaphtol-7 méthyl-éther par le schéma :
COQ DCGIEN — anisyl— CO2H
— anisyl — CH?2OH(C1) + anisyl — CH? — C = (CO?H)?
IX X C2H5 + anisyl — CH? — CH(C*Hÿ)COOH(CI) CO CH?
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