‹ Contribution à l'étude du Bacillus Pyocyaneus Erythrogenes GessardChapitre 10 sur 56 · MATE · texte numérisé non relu

MATE

cultiver la variété érythrogène sur eau peptonée additionnée de tyrosine, afin de chercher à obtenir le pigment noir, ce qui m'aurait permis d’établir, sinon une identité, du moins une parenté très proche entre les deux variétés mises en expérience.

1° Différence entre la variété érythrogène et la variété mélanogène

Comparativement, j'ai ensemencé avec la variété érythrogène : Fiu

1° De l’eau peptonée simple à 2 %, soit ©, et des dilutions C/2, C/4, c/8;

2° c/2 obtenu avec un égal volume de c et d’une solution de tyrosine à 0 gr. 010 pour 100;

c/4 obtenu avec un égal volume de c/2 et d’une solution de tyrosine à 0 gr. 010 pour 100; re

C/8 obtenu avec un égal volume de c/4 et d’une solution de tyrosine à 0 gr. 010 pour 100.

Les cultures ont été effectuées en ballons et en tubes à essais.

CULTURES EN BALLONS. — J’ai constaté après quarantehuit heures, què les ballons c avec tyrosine avaient une teinte verte beaucoup plus marquée que les ballons c sans tyrosine. Cette teinte verte allait en décroissant avec les dilutions peptonées. |

Au bout de dix jours, les ballons c/2 avec tyrosine étaient d’un rouge très net, presque vineux, alors que ceux sans tyrosine étaient à peine rosés; les ballons c/4

sMD-2 2

avec tyrosine étaient presque rouges, alors que ceux sans tyrosine étaient roses; les ballons c/8 avec tyrosine étaient franchement roses, alors qu’avec ceux sans tyrosine, Je remarquais une teinte rose à peine perceptible ou même douteuse.

CULTURES EN TUBES. — Des phénomènes parallèles à ceux observés avec les cultures en ballons se reproduisaient avec les cultures en tubes, et au bout de dix jours, j'observais que : les tubes c/2 sans tyrosine étaient rose faible, tandis que ceux avec tyrosine étaient rouge brun; les tubes c/4 sans tyrosine étaient rose franc, avec tyrosine rose brun; les tubes c/8 sans tyrosine étaient d’un rose peu net, avec tyrosine d’un rose net.

CONCLUSION. — De la présence de tyrosine surajoutée, résulte une précocité, puis un accroissement dans la sécrétion du pigment rouge, mais sans production de pigment noir, ce qui montre bien que la variété érythrogène ne possède pas la propriété spécifique de la variété mélanogène.

2° Différence entre la variété érythrogène | et la variété pyocyanogène

PA

Pour la commodité de l’exposition, j’appellerai E le - microbe de variété érythrogène, et Py celui de variété pyocyanogène.

Pour montrer la prédominance, en cultures peptonées, du pigment jaune verdâtre pour.E et de la pyocyanine

mn

pour Py, j'emploie L'EAU OXYGÉNÉE RIGOUREUSEMENT NEUTRE.

Ce procédé fait bien voir, d’une part, la différence d'ordre quantitatif et non qualitatif entre les deux variétés du même microbe, et démontre, d’autre part, que le phénomène du rougissement est un phénomène d’oxydation.

Je considère des cultures âgées de quatre jours de E et EY sur eau peptonée. Elles sont jaune verdâtre, le rougissement pour E ne commençant, au plus tôt, à se manifester qu’au cinquième ou sixième jour.

Je traite les cultures de E et PY par l’eau oxygénée, que j'ajoute à raison de 10 à 20 gouttes, chaque cinq minutes pendant une heure. Pour les deux variétés, le rosissement commence à s’apercevoir après dix minutes, l'oxydation totale exigeant plusieurs heures. Une solution de peptone, non ensemencée, traitée comparativement, ne rougit pas après vingt-quatre heures.

Pour E, le terme ultime de l’oxydation est le rouge vineux, pour pyY, le bleu violacé.

Si j'alcalinise avec l’ammoniaque, et que je traite au chloroforme, pour extraire la pyocyanine, j’ai : :

1° Une liqueur aqueuse, rouge pour E, rose très faible pour PY; <

2° Une liqueur chloroformique, bleue faible pour E, très bleue pour py.

On s’explique alors aisément que :

a) Lorsque le corps rouge disparaît sous le pigment bleu (pyocyanine), la culture se présente sous un aspect bleu violacé : c’est Py:.

LUS Rae

b) Lorsque la pyocyanine bleue disparaît sous le corps rouge, la culture a un aspect rouge violacé : c’est E.

L'oxydation du pigment jaune verdâtre, qui passe au rouge, s'opère naturellement mal pour Py, et une culture de dix jours sur eau peptonée, d’où l’on a éliminé la pyocyanine, ne montre pas toujours de teinte rose bien nette; on la fait apparaître facilement à l’eau oxygénée.

Je vais examiner comparativement les différences culturales entre E et PY, observées sur divers milieux à -la température de 37°, milieux que je classerai en deux gTOUpES :

Page 1