‹ Contribution à l'étude du Bacillus Pyocyaneus Erythrogenes GessardChapitre 15 sur 56 · LE PIGMENT ROUGE · texte numérisé non relu

LE PIGMENT ROUGE

J’apporte quelques détails sur les caractéristiques de la variété érythrogène — d’après l’échantillon de LASSEUR — ét sans en faire une étude très complète, je signale ses modalités de développement sur les principaux milieux de culture. En même temps, je compare ces caractères culturaux avec ceux que donne l’échantillon de GESSARD. Ces deux échantillons étant les seuls connus jusqu'ici, il y a encore intérêt à décrire les diverses façons dont les deux nouveaux germes se comportent vis-à-vis’ des diffé-

rents aliments. J'apporte enfin quelques précisions sur le pigment rouge caractéristique de cette variété.

J'adopte la marche déjà employée pour la différenciation des variétés érythrogène et pyocyanogène, c’est-àdire que je classe les milieux considérés en : 4° milieux non peptonés (subdivisés eux-mêmes en milieux usuels et milieux spéciaux), et 2° en milieux peptonés. J’appelle &G le microbe de GESSARD, et L celui de LASSEUR.

1. — MILIEUX NON PEPTONÉS A. — Milieux usuels GÉLATINE SIMPLE A 10 % (simple solution) On observe pour @ et L un développement avec fluorescence, sans pvocyanine. G est plus limpide, que L.. : GÉLATINE AU BOUILLON Pour G, la liquéfaction s'opère mieux, le liquide est plus éclairei et plus chromogène que pour L.

POMME DE TERRE NON GLYCÉRINÉE

Tubercule. — G fournit un tubercule grisâtre, terreux, qui devient jaune brun, alors que L donne un tubercule jaune grisâtre, qui devient brun rouge, puis jaune brun.

Liquide. — Le liquide pour & est trouble, SCRTOAMEBENRE L fournit un liquide sensiblement identique.

Pigmentation. —— Il n’y a pas production de pyocyanine.

CONCLUSION. — On ne peut établir vraiment de diffé-

rence entre G et L, quant aux pommes de terre non glycérinées, -

RS à pi

POMME DE TERRE GLYCÉRINÉE

Tubercule. — Pour G, au bout de quarante-huit heures, le tubercule est multicolore, et l'influence de la glycérine déjà sensible. Au bout de soixante-douze heures, il accentue ses teintes. Au cinquième jour, la chromogénèse devient de plus en plus riche (vert noir et jaune orangé), pour donner au neuvième jour. un tubercule brun noir. |

Pour L, après vingt-quatre heures, l’influence de la glycérine se fait sentir (le tubercule est multicolore, avec prédominance de vert). À partir du cinquième jour, la coloration s’accentue ; au septième jour, le tubercule présente une pigmentation intense : vert noir à reflets métalliques, rouge orangé, rouge brun, pour aboutir, au dixième jour, à une teinte plus ou moins noire.

Liquide. — Pour G, au bout de quarante-huit heures, l'influence de la glycérine est sensible. Au cinquième jour, le liquide est vert; au septième jour, trouble et vert jau-

nâtre fluorescent. :

Pour L, au Lo de vingt-quatre heures, le liquide est faiblement vert, l’influence de la glycérine étant surtout remarquable après quarante-huit heures; au bout de-cinq jours, le liquide est jaune verdâtre; au septième jour, il est vert intense fluorescent, mêlé de jaune; au dixième jour, le liquide est jaune vert intense.

‘Pigmentation. —— Des tubercules d'âge et d'alcalinité différents ne m'ont pas-montré de variations dans les propriétés chromogènes.

G et sécrètent tous deux de la pyocyanine, et L davantage que &.

PUR. je

CONCLUSION. — La culture de L est plus chromogène que la culture de «.

BOUILLON

L possède un voile à reflets métalliques, que n’a pas G. G, d’abord jaunâtre, devient jaune or. L, d’abord jaune brun, accentue peu à peu sa coloration. G est plus limpide que L et semble ainsi beaucoup plus fluorescent.

Pigmentation. — Pour @ et L, on observe à la fois la présence du pigment fluorescent et de la pyocyanine.

CONCLUSION. — Pour 6, la limpidité est plus grande et la fluorescence sensiblement plus intense que pour L, mais celui-ci est plus brun que G.

B. — Milleux spéclaux

LAIT

Pour 1, et pour G, la coagulation est effectuée par une présure sécrétée par le Bacille. On démontre l’existence de cette présure en filtrant la culture coagulée. Le filtrat neutre est additionné d’un égal volume de lait frais, puis d’une solution à 2 % de chlorure de calcium. À 30° C., la coagulation est rapide.

Au septième jour, L a liquéfié la moitié du coagulum; au neuvième jour, les deux tiers; au douzième jour, les trois quarts (liquide opalescent, jaune verdâtre).

En surface apparaissent d’abord des taches bleues, puis jaune orangé, plus tard vertes (douzième jour).

Au cinquième jour, G a digéré le tiers du coagulum; au septième jour, les trois cinquièmes; au neuvième jour, les

er

quatre cinquièmes. Le liquide de digestion est jaune faible, louche, fluorescent et plus tard jaune verdâtre. En surface, on observe des colorations jaune, verte, orangée.

Pigmentation. — Pour L et pour 6, on remarque, au bout de vingt-quatre heures, de la pyocyanine en surface.

CONCLUSION. — L et G sont coagulés par une présure. Au douzième jour, G& a digéré davantage de caséine que 1, en donnant un liquide plus vert en surface, plus jaune et plus limpide.

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