I. — Définition et Mode d’action d’un Antiseptique
Si l’on met au contact intime d’une cellule vivante, une quantité très faible d’une substance qualifiée d’ « antiseptique », la cellule, loin d’être gênée dans ses fonctions, est excitée, acquiert un regain de vitalité et son développement se manifeste de façon plus intense. L’ « antiseptique » se comporte comme un véritable aliment et son action est favorisante.
Le phénomène de nutrition produit par l’antiseptique, a été décrit de façon magistrale, par DucLaux (1898), qui a établi les liens de parenté très étroite, qui existent entre l’antiseptique et l’aliment; par STaDLEr (1899), qui a montré l'existence de bactéries pour lesquelles la vitalité dans le sel devient plus puissante; par ALOY et BARDIER (1902), dans léurs expériences relatives à l’action des sels sur les êtres vivants.
De même JAVILLIER (1907) a déterminé l'influence de. très petites doses de zinc sur la végétation de Sterigmato. Cystis nigra.
TRILLAT et SAUTON (1909) ont observé dans le développement cellulaire, avec les gaz agissant à faible dose, une accélération qu’ils ont expliquée par la même composition qualitative des gaz et des cellules (CG, H, N,S, P).
LEVI D. Vipa (1909) a conclu à l'influence favorable de NaCI à 1 % sur le Vibrion cholérique, mais a observé qu'au lieu de préparer toujours des solutions bactériennes dans l’eau chlorurée sodique, on devrait employer une solution du sel qui convient le mieux au microhbe.
DELÊPINE (1910) et SPERLICH (1912) ont démontré qu’à dose faible, un antiseptique est un excitant.
En dehors de cette action favorisante d’une substance antiseptique à faible dose, cette même substance pourra r’agir en rien sur le développement bactérien, mais employée à dose plus forte, elle aura des effets plus ou moins nuisibles : elle pourra entraver le développement microbien et même l'arrêter tout à fait. Ce ralentissement dans la vitalité cesse, et le développement redevient normal, quand on rend à là cellule ses conditions normales d’existence.
Par contre, si on laisse l’antiseptique poursuivre son action, il sera susceptible de tuer toutes les cellules vivantes.
KOSSIAKOFF (1887) montre que les. antiseptiques avant d’être des agents destructeurs, retardent l’évolution microbienne.
ALOY et BARDIER (1902) distinguent les doses ralentissantes, empêchantes et toxiques.
GILBERT et CARNOT (1904), expérimentant avec le chlorure de sodium, voient qu'il agit, in vivo sur le Pneumocoque en diminuant sa végétabilité.
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ManoiLow (1907), constate l'existence de doses empéchantes, puis des doses mortelles avec les sels de nickel.
EISLER (1909) distingue dans l’action d’une solution saline sur la cellule, un temps d’arrêt avant la mort.
DELÊPINE (1910) appelle antiseptique un produit arrêtant le développement microbien, et désinfectant, un produit tuant le microbe.
SPERLICH (1912) montre l’action empêchante des sels, succédant à l’action excitante. Le phénomène de disparition de la chromogénèse dans une culture en présence d’antiseptique, est un symptôme de ralentissement de la vie cellulaire, l’organisme vivant étant ainsi privé d’une de ses fonctions essentielles.
D'autre part, selon RAULIN (1870), le mot d’antiseptique n’a pas de sens général, une substance pouvant être antiseptique pour un microbe, sans l’être pour un autre.
Enfin, les antiseptiques peuvent être des produits divers, appartenant à l’un des trois états de la matière : solide, liquide ou gazeux.
TRILLAT et SAUTON (1909), HAILER (1911), avec l’anhydride sulfureux, ont montré que certains gaz étaient susceptibles d’agir comme antiseptiques.
Il. — Facteurs qui déterminent le pouvolr antiseptique
Pour déterminer le pouvoir antiseptique d’une substance, vis-à-vis d’un microbe donné, il faut faire intervenir un grand nombre de facteurs. Il importe, avant tout, de connaître l’origine de la semence, dont BUCHHOLTZ, dès 1875, a fait le premier remarquer l'importance.
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L'âge de la semence joue particulièrement un grand rôle, une semence vieille présentant à l’action de l’antiseptique, une résistance moindre qu’une semence jeune.
Etant bien fixé sur le degré de vitalité de la bactérie, DucLAUX dit qu'il faut savoir si elle est adulte ou à l’état de spores (1883), à quelle espèce et à quelle race elle appartient (1898). C'est seulement quand il y a identité physiologique des microbes ensemencés, condition sur l'importance de laquelle insiste déjà DucLAux (1883), que toutes les cellules, d’après DELÊPINE (1910), présentent I. même résistance. |
Un nouveau facteur intervient ensuite et se rapporte à l’origine des germes. Ceux-ci peuvent avoir ou n’avoir jamais subi l’action de l’antiseptique. Dans le premier cas, le microbe présente une plus grande résistance au produit toxique, il est accommodé. Kossrakorr (1887) dit que les organismes inférieurs soumis aux antiseptiques à doses graduellement croissantes, vivent et se développent dans des solutions de ces antiseptiques qui, agissant sur ces organismes non acclimatés. en empêchent le développement. D'après Masson (1910), qui étudie les modalités de l’accommodation, la bactérie atteint le degré le plus élevé de l’accoutumance en procédant par étapes. cette accoutumance étant suivie de régression vers la résistance normale, son terme final.
La nature de la semence définitivement établie, ïl importe, selon CFHARRIN et ROGER (1887), KOSSIAKOFF (1887). et DucLAUX (1898). de connaître le nombre d’organismes microbiens entrant en expérience.
Les organismes sont ensuite mis en présence de l’antiseptique, dont la composition doit, d’après CHARRIN et
Rocer (1887), être rigoureusement connue, ainsi que, comme l’a signalé DucLaux (1883), la réaction (alcaline ou acide) déterminée.On évite ainsi que le milieu soit la source de réactions secondaires. BOILLAT montre en effet que le chlorure de zinc précipite en présence de substrata albumineux. MIQUEL (1883) et BEHRING (1888) constatent que le sublimé perd, en milieux alcalins, une partie de sa puissance antiseptique. GrANLUCCO (1908) montre que l’action antiseptique et toxique des métalloïdes se modifie au contact des matières protéiques et albuminoïdes.
Le pouvoir antiseptique est aussi fonction de la température, à laquelle s’effectue l’expérience.
LEVI D. Vipa (1909) fait observer qu’il n’est pas indifférent non plus de connaître l’état de repos ou de mouvement du milieu dans lequel s’effectue la réaction.
Enfin, la durée de l’expérience est peut-être le plus important de tous les facteurs.
Les facteurs principaux de l’antisepsie étant ainsi connus, il reste à déterminer l’un d’eux, après avoir fait successivement varier les autres. En général, la quantité d’antiseptique est posée comme inconnue.
IT. — Méthodes de détermination et techniques
HAILER (1911) distingue deux méthodes de détermination du pouvoir antiseptique : 1° méthode statique; 2° méthode cinétique.
1° La méthode statique consiste à mettre le germe en présence du milieu toxique et à noter le temps qui s’écoule avant le développement cultural, En même temps, on