‹ Contribution à l'étude du Bacillus Pyocyaneus Erythrogenes GessardChapitre 8 sur 56 · LA · texte numérisé non relu

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2° Pigment vert fluorescent

Le Bacille pyocyanique séerète, outre la pyocyanine, le pigment vert fluorescent de KuNTz, que JoRDAN (1899) a retrouvé dans plus de cinquante espèces microbiennes, voisines du Bacille pyocyanique : B. fluorescens liquefaciens, B. fluorescens putridus, etc.

JIROU (1901) et GESSARD (1902) ont établi les conditions de manifestation de la fluorescence. Celle-ci exige un apport d’azote inorganique, un hydrate de carbone et un phosphate minéral, dont la source est généralement dans les albuminoïdes. GEssarp (1892) n’a pas observé de fluorescence dans les cultures sur le milieu minéral suivant :

Succinate d'ammoniaque. . . . . . DAMES Sulfate de magnésie. . . . . . . . 2 gr. 50 Eat (nn le DONC MEN 1.000 er.

Le développement est peu abondant; il y a sécrétion de pyocyanine, sans mélange de vert fluorescent. Mais si on ajoute 5 gr. de phosphate de potasse, la culture os abondante et fluorestente.

Pour GESSARD, deux doses de phosphore entrent en jeu: la première — ration d'entretien — indispensable à ja vie, la seconde, productrice de fluorescence. Le Bacille pyocyanique décèlerait, d’après l’auteur, 41/8000 de phosphate de potasse, par la manifestation de sa fonction chromogène ? CATHELINEAU (1896) et LASsEUR (1911) ne trouvent pas, avec des germes chromogènes voisins, une sensibilité pareille à attribuer au phosphore. LASSEUR constate que la dose de phosphore indispensable à Ja culture de B. chlororaphis, est voisine de 15 milligrammes

de PO‘ K° H pour 4100. A cette dose, 60 % des cultures sont fiuorescentes. La fluorescence disparaît chaque fois qu’un agent quelconque diminue l’activité végétative. Après LEPIERRE (1895), qui met en évidence l’importance du milieu azoté, LASSEUR conclut que la production de la fluorescence dépend, en dehors de la présence des phosphates, de circonstances multiples, comme la nature de l’aliment azoté, de l’aliment carboné, la proportion rela-tive des aliments azoté, carboné et minéraux.

L'augmentation des phosphates, au delà de la quantité nécessaire pour assurer le développement normal, ne semble pas exercer sur la fluorescence une influence notable.

Les doses d’éléments nutritifs, nécessaires à la cellule pour manifester sa fonction PHolesrieQres sont variables avec les semences.

On peut obtenir le pigment fluorescent seul, par ae sur albumine liquide de l’œuf.

Quant aux propriétés physico-chimiques du pigment fluorescent, je signalerai que, contrairement à la pyocyanine, il est soluble dans le chloroforme, et que si l’action des acides le fait disparaître, celle des alecalis le régénère et l’exalte; enfin que, par oxydation, il donne un pigment couleur « feuille morte ».

3° Pigment jaune verdâtre

BABÈès (1889) avait obtenu, après extraction de la pyocyanine d’une culture sur gélatine peptonée neutralisée, une substance rouge brun, vert émeraude à la lumière réfractée.

LE abee

GESsARD (1890) conclut à l'existence, dans les cultures sur certains milieux, notamment les milieux peptonés, d'un pigment jaune verdâtre, qui devient rouge brun par oxydation. L'auteur se fonde sur « la teinte de début toujours verte, de ce ton vert qu'offrait encore le bleu, bien amélioré pourtant, dans les cultures en peptone glycérinée ». Après oxydation à l'air, « c’est la teinte rougeâtre qui, s’ajoutant au bleu, donne du violet, et prédomine finalement en rouge lie de vin, par suite de la destruction complète de la pyocyanine ».

En ce qui concerne la gélose peptonée, celle-ci reste rougeâtre après traitement chloroformique, et, dans le bouillon, une « altération de même ordre fait succéder une teinte brune au vert fluorescent des premiers temps ». C'est la gélatine qui, n’étant pas colorée en jaune comme la gélose, montre le mieux, selon lui, l’existence d’un pigment nouveau, en donnant à partir de la couleur vert eau, une « franche couleur lie de vin ».

GESSARD obtient même le pigment nouveau seul, par culture sur gélatine additionnée de 1 pour 100 de glucose. Le milieu donne une couleur vert jaunâtre, qui passe au brun rouge avec le temps, et dont le chloroforme r’extrait pas trace de pyocyanine. |

Enfin, GESSARD mentionne que la transformation par oxydation du pigment jaune verdâtre en pigment rouge brun est retardée par l’essence de moutarde ou l'essence de térébenthine. Le pigment jaune verdâtre, qu’on obtient à l’exclusion des autres pigments, ne provient donc pas, comme c'était l'opinion de BoLanp (1899), d’une transformation de la pyocyanine ou de la pyoxanthose.

4° Pigment noir

GESSARD (1898, 1901) a signalé que la production accessoire de ce quatrième pigment est subordonnée à la présence de tyrosine dans les milieux de culture.

Le pigment noir étant assimilé au pigment de même couleur que celui produit sur la tyrosine par action de la tyrosinase, diastase oxydante, GEssARD (1901) conclut que le Bacille sécrète de la tyrosinase.

Variétés du Bacille pyocyanique

On sait que GESSARD classe depuis le 24 décembre 1917 les échantillons connus du Bacille pyocyanique en trois variétés : pyocyanogène, mélanogène et érythrogène, suivant la couleur des cultures sur eau peptonée.

1° Variété pyocyanogène

La variété pyocyanogène ou normale sécrète, sur eau peptonée à 2 %, les pigments : pyocyanine, vert fluorescent (1), jaune verdâtre. La pyocyanine prédomine en quantité sur le pigment jaune verdâtre.

Par oxydation totale, la pyocyanine donne la pyoxanthose (jaune); le pigment fluorescent se transforme en pigment couleur « feuille morte », et le pigment jaune verdâtre en pigment rouge brun.

L'expérience montrant que l’oxydation par l’oxygène de l’air n’est qu'incomplète, on obtient un mélange des

(1) GEssaRD fait usage d’une peptone fluorescente.

2 dl

pigments initiaux et des pigments oxydés, dont la teinte est vert jaunâtre ou vert brunâtre.

Tel est le type de culture d'un germe pyocyanique appelé normal, les échantillons connus des autres variétés étant fort peu nombreux.

2° Variété mélanogène

Le type de cette variété est un Bacille isolé par Cas- SIN d’une ulcération de la jambe, et étudié par RADAIS (1898). Pour montrer que le pigment d’abord rouge, puis noir, exigeait pour se produire la présence de tyrosine dans les milieux de culture, et pour faire ressortir, d’autre part, la différence entre les variétés pyocyanogène et mélanogène, GESSARD employa le milieu synthétique dont il a donné la formule. Les Bacilles pyocyaniques (variété pyocyanogène et mélanogène) donnent des cultures normales, mais si, dans le milieu de GESSARD, on ajoute de la tyrosine, la variété mélanogène seule donne une coloration rouge, puis brun acajou.

En bouillon peptoné, la variété mélanogène qui, au début, ne donnait pas de pyocyanine, en produit au bout d'un certain temps. Elle donne une culture rouge marron sur pomme de terre, qui noircit ensuite (bloc de cirage de RADAIS), tandis qu’une culture sur lait se transforme Ex liquide noir encre.

3° Varlété érythrogène

La variété érythrogène sécrète, sur eau peptonée à 2 %, les mêmes pigments que la variété pyocyanogène (pyocyanine, vert fluorescent, jaune verdâtre).

La variété érythrogène se distingue par la prédomirance du pigment jaune verdâtre sur la pyocyanine, ce qui est exactement l’inverse de ce qui se produit pour la variété pyocyanogène.

Le pigment jaune verdâtre oxydé donne un pigment rouge brun, la pyocyanine oxydée donne la pyoxanthose (jaune) : on conçoit aisément que la coloration des cultures peptonées oxydées soit rouge brun.

Les deux germes érythrogènes de GEssARD et de Las- SEUR sont les seuls signalés jusqu’à ce jour. Autrefois, CHARRIN (1) avait bien observé une culture rouge en peptone, mais il ne sut à quoi attribuer ce phénomène, et ne put le reproduire. Enfin, ces derniers temps, TISSIER (1917) a entrevu au cours de ses recherches sur les microbes des plaies, l’existence d’un Bacille pyocyanique donnant des cultures rouges, mais il ne l’a pas étudié à fond et n’a pas conservé la souche.

Autres classifications

La classification de GESSARD permet bien de ranger en trois variétés tous les types connus de Bacille pyocyanique.

Comme toutes les cultures sur eau peptonée que j'et effectuées m'ont montré de la fluorescence (GESSARD n’en & Jamais vu se manifester), je ne distinguerai pas, comme JORDAN l’a fait, deux variétés, l’une pyocyanogène et fiuorescigène, l’autre exclusivement pyocyanogène.

Enfin, je ne citerai que pour mémoire les types des classifications allemandes, tels que ceux de ERNST (1887)

(1) Communication personnelle de GEssaRp,

« et B, de FREUDENREICH (1893) : y, de SCHÜRMAYER (1895) : ils portent sur des différences pigmentaires trop légères, pour qu’il soit bon d’en tenir compte.

Races

Indépendamment des variétés, GESsARD (1891) distingue des races, dont je m’occuperai autre part. Ces races sont susceptibles de sécréter tel ou tel pigment, alors que d’autres, étudiées par WASSERZUG, CHARRIN et PHISALIX, sont incapables de chromogénèse.

On obtient des races par action convenable de la chaleur et des antiseptiques.

On arrive ainsi à supprimer partiellement ou totalement la sécrétion d’un pigment, de la pyocyanine par exemple. Dans la diagnose du Bacille pyocyanique, ce serait donc une erreur de se baser uniquement sur la production de la pyocyanine.

BONJEAN (1899) rend la propriété de sécréter la pyocyanine à un germe qui l’a perdue, par inoculation intrapéritonéale au cobaye, et culture du sang du cœur. Dans le même but et sans passage sur animal, on a recours au milieu réactif de GESSARD, dont la composition est la suivante :

Peptone ?, glycérine 5, gélose 5, p. 100.

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