‹ Contribution à l'Étude du « Bacillus Syncyanus » et de son pigmentChapitre 13 sur 18 · AIT SE · texte numérisé non relu

AIT SE

Etat d’une culture décolorée

Au microscope, on ne voit plus que quelques rares bactéries en suspension dans ie bouillon. On les trouve précipitées au fond du ballon avec le pigment peroxydé. Elles sont à l'état de spores, offrant presque toutes l'aspect d'une massue. Elles résistent assez longtemps à cet état. Nous avons eu de nombreux exemples de cultures réensemencées après six semaines qui repartaient admirablement et, dans les milieux favorables, produisaient leur matière colorante bleue. Elles résistent d'autant mieux qu'elles ont été laissées à une température moyenne de 100 à 45°.

Une culture dont l'acidité initiale était neutralisée par 3% cm*,5 de NaOH n/20 pour 100cm° de bouillon, après avoir donné un beau pigment bleu avait, lorsqu'elle fut décolorée, une acidité correspondante à 65 cm° de NaOH n/20. Nous avons prélevé deux échantillons de 100 cms sur le bouillon après l'avoir convenablement agité pour y remettre tout le précipité en suspension, puis nous les avons distillés, l'un dans le vide d’une trompe à eau à 330, l’autre à la pression atmosphérique. Le volume recueilli dans les deux opérations était sensiblement le même, environ 60-70 cms. Ces deux liquides donnaient une réaction très nettement basique qui était due à NH°, comme nous l'avons constaté.

Après avoir ramené le volume des deux bouillons distillés à 100 cm?, nous avons dosé à nouveau leur acidité. Elle n'avait que très légèrement diminué et correspondait à 63,5 cm? de NaOH n/20 pour la distillation dans le vide, et à 64 cm° pour la distillation à la pression atmosphérique.

Comme le bouillon qui vient d'être distillé n'était pas basique, le départ d'ammoniaque ne peut s'expliquer que par la dissociation d’un sel de cette base dissous dans la culture. De plus, il faut que l'acide combiné à l'ammoniaque ait un point d'ébullition inférieur ou égal à celui de l'eau, Où que, toutau moins, il soit entrainable par la vapeur d'eau. Sinon, nous devrions constater une augmentation d'acidité dans le bouillon distillé.

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Nous avons recherché cet acide dans le liquide condensé sans arriver à le trouver. Il avait done dù s'échapper à l’état gazeux. Pour vérifier le fait, nous avons distillé dans le vide une certaine quantité de bouillon avec une très faible rentrée d'air. Après le passage dans le réfrigérant, nous faisions barboter l'air dans une solution de H,S0, pour enlever NHi, puis dans une solution de Ca(OH)},. où nous avons constaté la formation d'un précipité de CaCOs.

Nous avons déjà, dans de précédentes expériences, Constaté la production de CO. Cet acide forme, dans le milieu de culture, du bicarbonate d'ammoniaque qui se dissocie lorsqu'on distille le bouillon, soit dans le vide, soit à la pression atmosphérique.

Nous avons ensuite recherché, dans les vieilles cultures, s'il y avait formation d'acide organique. Pour cela, nous ‘ avons eu recours au procédé habituel : acidifier avec HS0, et extraire à l'éther les acides mis en liberté. En dehors de l'acide succinique restant, nous n'avons pu constater Îa présence d’autres acides.

Nous avons également recherché s'il ne s'était pas formé de bases dans les cultures du Bacillus Syncyanus. Après avoir rendu le bouillon nettement basique avec NH,, nous l'avons agité avec de l'éther.

Après évaporation de l'éther, nous avons obtenu un résidu extrêmement faible, non cristallisé, gras au toucher, très légèrement jaunâtre, ayant une odeur forte et extrêmement désagréable. Nous avons repris ce résidu par l'eau etacidifié par HS0,. Après avoir ajouté une goutte d'une solution de pitrite de potassium, nous avons obtenu une coloration rosée qui caractérise la présence d'Indol, dont la formation avait déjà été constatée (1).

(4) Macé. — Traité pratique de bactériologie, p. 263.

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