‹ Contribution à l'Étude du « Bacillus Syncyanus » et de son pigmentChapitre 15 sur 18 · ÉTUDE DU PIGMENT · texte numérisé non relu

ÉTUDE DU PIGMENT

L'étude du pigment produit par le Bacillus Syncyanus devait être le but principal de notre travail. Mais pas mieux favorisé que les auteurs précédents, il nous à été impossible d'extraire et isoler cette matière colorante. C'est pourquoi nous avons été amené à donner à l'étude de la vie de la bactérie un développement qui a peut-être un peu dépassé les limites dans lesquelles nous aurions désiré rester,

Influence des acides et des bases

Les auteurs qui ont étudié le Bacillus Syncyanus ont déja signalé le virage que font subir au pigment les acides et les bases.

Mais ce virage qui est d’une netteté et d'une précision telles pour la pyocyanine que ce corps pourrait servir de réactif indicateur, est vague el progressif avec la matière colorante produite par le Bacillus Syncyanus.

La pyocyanine a ses sels rouge-carmin et la base bleue, tandis que le pigment du «lait bleu » a ses sels colorés en bleu et sa base en rouge. à

Sous l'action de NH°, une culture bleue du Bacillus Syncyanus vire au rouge-violacé. Avec NaOH où KOH on obtient une teinte rouge brique. [1 faut toujours un excès de réactif pour arriver à une teinte à peu près franche. Lorsqu'on neutralise, puis acidifie avec un acide fort, on revient à la coloration bleue, mais cette teinte est bien loin d'être aussi nelle et aussi intense que dans la culture primitive.

L'action de la base a évidemment détruit, en partie, la matière colorante ; plus le contactavecla base a été prolongé moins les acides pourront ramener la coloration bleue primitive, et, après une quinzaine d'heures, on n'obtient plus qu'une vague teinte jaune-sale.

Dans les cultures qui n'ont pas une coloration bleue

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franche, on peuten augmenter un peu la netteté par addition de faibles doses d'acide. Mais si l'on en met un trop grand excés, la coloration passe au gris-bieu, et, par neutralisation, ou ne revient plus à la teinte primitive.

Action de la chaleur

Le pigment est extrêmement sensible à la chaleur. Plus la température est basse, plus il se conserve longtemps.

A 20°, il subsiste environ 48 heures, et à 300, à peine 24 heures.

Il supporte environ 6 heures la température de 35°, mais au-delà de ce temps, il commence déjà à virer au vert.

Entre 40° et 100° sa décomposition est de plus en plus rapide.

Transportée dans un bain-marie à l'ébullition, une culture bleue est décolorée presque instantanément et la matière colorante forme un précipité noir.

Nous avons pu concentrer des cultures en les distillant à 35° dans le vide d'une trompe à eau. On obtient ainsi un sirop d'un beau bleu-verdâtre qui conserve sa teinte une trentaine d'heures environ.

Des cultures donnant une belle teinte bleue, nous avons essayé d'extraire la matière colorante, soit à l’état de sel, soit à l'état de base. au moyen de toutes sortes de solvants organiques : éther, CHCI;, CCF, benzine, éther de pétrole, alcool amylique, CS;, etc. Malheureusement, nous n'avons jamais pu obtenir un résultat quelconque.

Nous avons alors essayé de précipiter la matière colorante en Saturant le bouillon par différents sels. Nos efforts ne furent pas plus favorisés.

Enfin, nous avons voulu la concentrer par congélation fractionnée. Mais, au lieu de rester dans les eaux-mères, le pigment se trouve englobé dans les cristaux de glace qui se forment en surface,

Par contre, c'était un moyen pour obtenir la matière colorante débarrassée des éléments nutritifs restants auxquels elle est mélangée dans le bouillon. Mais nous n'avons pu ainsi en recueillir que de trop faibles quantités pour pouvoir y doser les éléments.

Le pigment bleu est-il bien en dissolution dans les bouillons de culture ? Nous avons déjà remarqué que lorsque nous filtrions un bouillon bleu sur une bougie Chamberland, le liquide qui passait n'était plus coloré en bleu, mais avait une teinte dichroïque rouge et verte assez peu intense.

Sur la bougie, nous constations un dépôt gluant, visqueux, d'un bleu très foncé tirant sur le noir.

Nous avons alors essayé de centrifuger un bouillon au moment où le pigment bleu avait son maximum d'intensité. Nous avons bien obtenu sur le fond des tubes un dépôt de bactéries, mais pas trace de matière colorante bleue. D'ailleurs, la teinte du bouillon centrifugé n'avait pas varié, car, comparée à celle du bouillon primitif, elle avait la même intensité.

Avant cette expérience, on aurait pu croire que c'étaient les bactéries qui renfermaient le pigment coloré. Comme la centrifugation précipite les bactéries, mais sans diminuer la coloration du bouillon, c'est donc que le Bacillus Syncyanus ne contient pas la matière colorante produite.

Comment se fait-il qu'un corps qui n'est pas en solution dans le bouillon, comme le montre la filtration sur bougie, ne puisse être précipité avec les matières en suspension dans une culture bleue qui est centrifugée ? On est amené, pour expliquer ce phénomène, à supposer que le pigment bleu doit se trouver dans le bouillon à l’état d'émulsion ou peut-être à l’état Colloïdal.

Nous avions, d'autre part, remarqué qu'en formant au sein d’une culture bleue un précipité blanc autant que possible et assez volumineux, ce précipité, en se déposant, entrainait avec lui une forte proportion de la matière colorante. |

Après filtration et malgré plusieurs lavages, le précipité restait encore assez coloré.

Nous avons particulièrement bien réussi en ajoutant à nos cultures au succinate de Mg, 0,3 % de gélatine, dont la présence, à cette faible dose, ne gêne nullement la production du pigment.

Au moment où le bleu présente son maximum d'intensité, nous versons la culture dans une solution aqueuse de lannin. Immédiatement, il se forme un abondant et volumineux précipité blanc qui englobe la plus grande partie de la matière colorante.

Après plusieurs lavages par décantation, on obtient une masse gélatineuse colorée en bleu assez intense.

Malheureusement, nous n'avons pu réussir à en extraire la matière colorante. À chaque lavage, on en entraine un peu mécaniquement, surtout si l'eau est légèrement acidulée par HCI; mais on entraîne, en même temps, une certaine quantité de tannin.

La malière colorante, ainsi fixée sur la gélatine, se conserve beaucoup plus longtemps que dans les bouillons. La teinte bleue persiste environ une dizaine de jours, surtout si l'on place le précipité gélatineux à l'abri de l'air, dans un vase rempli d'eau.

Lorsqu'on filtre une culture bleue sur papier ou sur porcelaine par aspiration, la matière colorante forme rapidement un enduit visqueux et imperméable qui se dépose, bouche les pores du filtre et s'oppose bientôt complètement au passage du liquide. Après quelques heures, on décante le liquide restant el on laisse sécher le filtre à basse tem péralture. Lorsque la dessiccation est complète, la matière colorante forme sur le filtre un enduit brillant, vernissé, d'un bleu foncé tirant sur le vert. Il adhère très fortement, comme le ferait un vernis à l'alcool elil est impossible de le détacher du filtre sans arracher le papier.

Sur la porcelaine, on peut le gratter avec la pointe d'un couteau ; on l'enlôve par petits copeaux insolubles dans l'eau. l'alcool, l'éther et les acides étendus,

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