‹ Contribution à l'Étude du « Bacillus Syncyanus » et de son pigmentChapitre 5 sur 18 · INFLUENCE DE L'AIR ET DE DIFFÉRENTS GAZ SUR LA PRODUCTION DU PIGMENT · texte numérisé non relu

INFLUENCE DE L'AIR ET DE DIFFÉRENTS GAZ SUR LA PRODUCTION DU PIGMENT

L'air est essentiellement nécessaire, non seulement à la vie du Bacillus Syncyanus, mais encore à la production de son pigment. |

Nous avons fait divers essais, en empêchant l'air de se renouveler dans la culture ; pour cela, nous avons fermé hermétiquement nos flacons à différents moments.

Si nous pratiquons cette fermeture immédiatement après l'ensemencement, sur une série de flacons, en examinant 24 heures après l’une des cultures au microscope, nous constatons un développement normal des bactéries, qui ne diffèrent nullement de celles prélevées dans un flacon témoin non bouché.

Dans la suite, le développement bactérien se trouve un peu retardé et est légèrement moins intense que dans les flacons témoins.

mais d'une façon un peu moins intense qu'avant la filtration.

Nous avons ensuite remis ce bouillon filtré dans l'étuve à 200, Le lendemain, alors qu'une culture témoin non filtrée commençait à donner une belle coloration bleue, le bouillon d'épreuve n'avait pas changé comme on pouvait le supposer. Nous y avons vérifié la réaction oxydasique et avons constaté qu'elle avait considérablement diminué et n'était plus que très faible. 36 heures après la filtration, elle n'existait plus.

Nous avons, quelques jours après, réensemencé ce bouillon filtré et resté incolore; il est admirablement reparti et a donné une très belle matière colorante bleue.

Il était ensuite intéressant de vérifier l'action de l'Orydase sur une culture ne donnant pas de pigment coloré. Pour cela, nous avons préparé trois bouillons. L'un, selon notre formule, capable de fournir le phénomène de pigmentation ; les deux autres à : 3 % glucose pur, 0,5 % succinate de Mg et 0,4%S0,Am,. Ces deux derniers étant dépourvus de (PO;}CaH, ne devaient nous donner ni Orydase ni matière colorante. Nous ensemençons en même temps ces trois ballons. 24 heures après, nous constatons que le bouillon I donne une très belle réaction oxydasique ; les deux autres ne présentent à aucun degré ce phénomène.

Nous filtrons le bouillon 1 comme nous l'avions déjà pratiqué. Aprèsavoir recueilli le filtrat dans les plusgrandes conditions d’aseptie et vérifié qu'il donnait encore la réaction oxydasique, mais sensiblement diminuée, nous avons ajouté au bouillon Il 25 cm’ de ce bouillon I, et au bouillon III un volume égal au volume de la culture.

Le lendemain, ni Il ni III ne présentent de traces de pigmentation, tandis qu'une eullure normale témoin commence à se colorer en bleu. De plus, Il ne donne pas de réaction oxydasique, mais LT produit une coloration rougeviolacé assez nette avec une solution du réactif. Cette réaction est plus franche que celle du bouillon [ après filtration.

Le surlendemain, Il présente un développement bactérien normal, mais sans production de pigment,

Le bouillon IT fournit, au contraire, une petite quantité

pigment: assez abondant, mais moins coloré et moins nel.

Enfin, l'acidité maxima était neutralisée par A80m8 5 de NaOH N/2.

La seconde à été filtrée au moment du maximum d'intensité du bleu. Son acidité, à ce moment. correspondait à 140M3,5 de soude titrée, Le bouillon filtré n'était plus bleu ; il présentait un aspect dichroïque rouge et vert. Nous l'avons réensemencé, mais les bactéries y ont végété péniblement sans produire de matière colorante ni d'augmentation d'acidité.

Enfin, la troisième culture n'a été filtrée qu'après la précipitation complète de la matière colorante. Son acidité correspondait à ce moment à 80cm38 de NaOH N/ pour 100 em*,.

Après réensemencement, les bactéries ne s'y sont non seulement pas développées, mais 8 jours après elles étaient mortes.

Nous avons alors ramené l'acidité de cette culture à l'acidité initiale en la neutralisant avec une solution de Ca(OH}, puis l'avons réensemencée. Les bactéries se sont alors très bien développées et ont produit de la matière colorante. Mais, ce pigment était loin d'avoir l'éclat et l'intensité qu'il avait atteints dans la première culture.

L'acidité, qui correspondait au début à 21 cm: de NaOH N/». était neutralisée au moment de l'apparition du bleu par 280m3,5 et par 452M3,5 à la précipitation de la matière colorante.

Nous avons encore répété deux fois cette filtration et neutralisation, mais chaque fois la production de matière colorante était plus faible ; le développement des bactéries était cependant normal.

Nous croyons pouvoir attribuer, en partie du moins, la diminution de la production du pigment à la diminution de la quantité d'acide phosphorique en dissolution, car après avoir ajouté une faible quantité de (PO,}CaH,, nous avons obtenu une plus forte production du pigment, mais sa coloration manquait tout à fait de netteté.

moment où commençait à bien se former le pigment coloré, nous attelions notre ballon de culture à une trompe à eau par l'intermédiaire d'un robinet à trois voies et de filtres à air. Nous faisions le vide aussi complètement que possible, puis laissions rentrer lentement dans le ballon de l'hydrogène ou de l'acide carbonique filtré.

CO, donne un assez mauvais résultat : il ne retarde pas la décoloration, au contraire ; la matière colorante forme rapidement un précipité noirâlre. fs

Avec l'hydrogène, la décoloration est sensiblement relardée et ne se produit pas de la même façon que dans les flacons simplement bouchés pour empêcher l'air de se renouveler. Au lieu de passer au vert, puis au brun, la matière colorante pâlit, devient gris-ardoise très pâle, puis précipite en gris-Clair.

Dans les cultures ordinaires, la formation de la matière colorante est due à une oxydation; son changement de couleur et sa précipitation à une peroxydation. Il nous avait paru possible d'admettre que, dans les cultures où l'on remplace l'air par de l'hydrogène, la décoloration était due à une réduction : les bactéries privées subitement, au moment de leur plus grande activité, de l'oxygène qui leur est indispensable, défendraient leur vie en puisant cet oxygène nécessaire dans la matière colorante bleue qui serait ainsi décolorée par réduction. Mais, nous n'avons pu vérifier cette hypothèse. Car, il eut fallu rendre au précipité sa Couleur primitive en le réoxydant. Nous avons essayé de le faire, en traitant ce précipité par divers oxydants: courant d'air, d'oxygène, oxyde d'argent, H,0:, KMnO, et CrO,. Il nous a été impossible d'arriver à un résultat appréciable.

Nous avons vu qu'en bouchant, dès le début, les flacons ensemencés, nous n'oblenions qu'un médiocre développement bactérien et surtout peu ou pas de matière colorante. Nous avons alors remplacé l'air par une atmosphère enrichie d'oxygène.

Jusqu'à 55 %, le Bacillus Syncyanus supporte très bien l'oxygène. Cette dose dépassée, il périclite et est tué vers 75-80 %.

ou Entre 30 et 55 % d'oxygène, il produit son pigmentet l'on oblient un maximum d'intensité vers 45 %. Cependant, la matière colorante formée est bien loin d'être aussi belle, aussi intense et aussi franche que celle produite dans une atmosphère d'air ordinaire pouvant se renouveler.

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