‹ Contribution à l'Étude du bruit de galop dans la Néphrite InterstitielleChapitre 8 sur 26 · DESCRIPTION · texte numérisé non relu

DESCRIPTION

Définition. — On peut donner du bruit de galop en général, la définition suivante : c’est un triple bruit du cœur constitué par l'addition aux deux temps normaux, d'un troisième temps étranger à ceux-ci, qui n’est ni un souffle ni un frottement, mais un bruit frappé, interposé entre les bruits normaux dans l'un ou l'autre silence.

Dans le cas de néphrite interstitielle, c'est dans le grand silence ou diastole, que ce bruit s'interpose. C'est, nous l'avons déjà dit, un bruit de galop diastolique gauche. Ce bruit de galop peut revêtir plusieurs modalités : il y a une forme vulgaire et des variétés de cette forme.

Nous étudierons d'abord la forme vulgaire.

Ce phénomène se reconnaîtra par l’auscultation, mais aussi souvent, par la palpation, parfois par une simple inspection de la région précordiale, enfin, d'uné

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façon scientifique et précise, par la méthode des tracés cardiographiques.

Auscullation. Rylhme.

ont entend trois bruits, les deux BEA uits normaux et un troisième surajouté.

Il est donc plus juste de dire rythme de galop que bruit de galop.

C'est en définitive une mesure à trois temps dont la cadence harmonique rappelle assez bien l'anapeste des poésies grecque et latine ; comme celui-ci il est constitué par deux syllabes brèves suiviés d'une longue.

À l’auscultation, il rappelle très manifestement le bruit cadencé du galop de cheval, et on peut assez bien le représenter par le thème suivant: pata:ta, pata-ta, pata-ta.

Timbre. — Les deux premiers bruits conservent leurs caractères physiologiques habituels, le premier grave et prolongé, coïncidant avec la systole ventriculaire et le choc de la pointe, le second bref et plus clair, se faisant entendre au début de là diastole générale; tous deux séparés par le petit silence.

Quant au bruit anormal, on le perçoit immédiatement avant le premier bruit, dont 1l est séparé par un temps presque toujours plus court que le petit silence. Ce bruit est beaucoup Plus sourd que le premier bruit normal.

Sièse. — Son lieu d'élection correspond à une zône

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comprise entre la pointe, le deuxième espace gauche et le rebord du sternum du même côté, le point précis où on le perçoit le plus distinctement, en général, est situé un peu au-dessus et en dedans de la pointe.

Dans quelques cas où son intensité est grande, on peut le percevoir dans toute l'étendue de la région du cœur.

Propagation. — Il reste limité à la région où il se produit sans tendance marquée à se propager vers la pointe où la base du cœur.

Palpation. — Quand le phénomène est bien marqué, un sourd pourrait en faire le diagnostic rien qu'en mettant sa main sur la région précordiale.

C'est qu'en eflet, ce phénomène consiste moins dans un bruit proprement dit que dans un choc, un soulèvement appréciable de la paroi ; et quand on applique l'oreille sur la poitrine, le galop « en affecte la sensibilité tactile, plus peut-être que le sens auditif ».

Donc, dans la plupart des cas, le bruit de galop s'accompagne d'un léger soulèvement de la paroi prècordiale, appréciable à la main.

Inspection. — Même dans les cas où on la perçoit sans peine, il est juste de dire que l'oscillation produite par le galop est diffuse, étalée, en nappe, et ressemble bien plutôt à une ondulation de la paroi qu'à un soulèvement, dans le sens rigoureux du mot.

Le phénomène de galop est donc tout différent du choc brusque, avec impulsion nette de la pointe du cœur, qui accompagne le premier bruit normal. Il s'en distingue encore par son siège maximum qui occupe, non pas la pointe même, mais le milieu de la région précordiale, et la zone située un peu au-dessous, vers je quatrième ou cinquième espace intercostal, un peu en dedans du mamelon. Enfin il existe un dernier caractère différentiel entre les deux phénomènes : le choc de la pointe du cœur est franchement systolique, le galop au contraire, précède toujours la systole d’un temps plus ou moins long.

Cardiographie. — Voici d'abord la description d'un cardiogramme pris sur un sujet sain.

On voit d’abord deux soulèvements normaux : l’un répond à la systole ventriculaire, et est précédé d’un soulèvement plus faible qui correspond à la présystole, c'est-à-dire au moment de la révolution cardiaque pendant lequel la distension du ventricule s'achève et se complète par la contraction de l'oreillette.

La caractères graphiques du choc de galop sont très nets ; l’ensemble du cardiogramme représente un dos de chameau constitué par deux soulèvements, c'est-àdire par les deux pulsations cardiaques dont le deuxième forme le sommet du tracé et n’est autre que la systole ventriculaire ; le premier, plus petit, mais absolument net, répond exactement au moment de la révolution cardiaque, durant lequel on percevait le soulèvement

pathologique de la région précordiale, en même temps qu’on entendait, dans le même point, le bruit anormal.

C’est donc la reproduction extérieure du tracé du ventricule gauche qui, étant maintenu contre la paroi jusqu’à la fin de la systole par la haute tension de l'aorte, reproduit sur le tambour explorateur, tous les | détails de la contraction. |

Ces chocs peuvent apparaitre temporairement chez certains individus sains après un exercice musculaire exagéré, comme Marey en a publié quelques exemples. Quand il persiste, ce tracé doit éveiller l’idée de la néphrite interstitielle et permettre souvent de la démasquer à sa période latente.

Circonstances qui influent sur sa production. — L’attitude couchée ou debout a-t-elle une grande importance dans le fait de la production ou de l'arrêt du bruit de galop? Seraient-ce les lois de la pesanteur qui seraient en jeu? Quel rôle a la respiration ?

Il est difficile de répondre à ces questions. Ce qu'on peut dire, c'est que l'attitude couchée ou debout, changeant les conditions de hauteur de la colonné sanguine est d'une grande importance, beaucoup plus grande que la respiration. à

Le galop peut n'apparaître que sous l inftiencé d'un exercice physique violent et disparaitre par le repos. Le plus souvent, le 1 ne le supprime pas complè-. : tement; il ne fait qu’en modérer plus où moins l’ inten-- Sitéuuras

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M. Huchard conseille, dans les cas douteux, de faire marcher quelques instants, le malade avant de l’ausculter.

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