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La proportion d'acide gras libre pourrait donc varier suivant l’origine des huiles. On pourrait, en outre, expliquer ces variations de l’indice de saponification par des différences de climat, de sol.
Quoi qu'il en soit, on peut classer presque définitivement l'huile de Calophyllum parmi les huiles non siccatives.
L'indice de saponification relativement élevé pourrait justifier son étude simultanée avec celle de l’huile de chaulmoogra. (Il faut noter à ce sujet qu’en Indochine les Indigènes l'utilisent contre la lèpre).
Indice d’iode. — Nous avons utilisé le procédé de HUBL, c’est-à-dire en dissolvant une petite quantité d'huile dans le chloroforme et en ajoutant en excès une solution d’iode, en présence de bichlorure de mercure. Nous avons laissé en contact durant dix-huit heures. Nous avons ensuite ajouté la solution d’Iodure de potassium et finalement titré l'excès d’iode par la liqueur d'hyposulfite, en présence d’amidon en solution.
L'indice d'iode que nous avons obtenu a été de 123. Parmi les indices d’icde établis par les précédents auteurs (voir tableaux, p. 45, 47, 49, 51, 53), seul l'indice publié par le Journal Scientifique des Philippines, se rapproche de celui que nous avons trouvé. Les autres varient très sensiblement, allant de 85 à 125. :
Ces résultats, apparemment capricieux, peuvent être expliqués par l'emploi de méthodes différentes de celles de HUBL, ce que l'insuffisance de la bibliographie n'a pu nous permettre d'établir, ou encore par l'emploi des solutions de HUBL, dans des conditions imparfaites de fraîcheur, donc de stabilité.
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L'importance de la détermination d’un indice d’iode à peu près constant, nous a incité à faire de nouvelles mesures sur des échantillons d'huile prélevés depuis trois ans, maïs conservés dans d’excellentes conditions.
Les chiffres trouvés se rapprochent très sensiblement de celui trouvé précédemment. Un indice d’iode de 125 devrait permettre de classer l'huile de Calophyllum dans les huiles demi-siccatives ; or, nous avons vu expérimentalement que la siccativité est loin d’être régulière.
Indice de Reïchert-Meissl (mesure des acides gras volatils). — Pour déterminer la quantité d’acides gras volatils, nous avons utilisé le procédé de REICHERT: modifié par MEISSL, et décrit par LEWKOWITSCH (1) dans son traité page 614, en prenant soin toutefois, d'opérer sur cinq grammes d'huile, que nous avons ramené par le calcul à 2 gr. 5, pour les études comparatives de l'indice.
On peut brièvement rappeler la méthode REI- CHERT en disant qu'elle consiste à saponifier 5 er. d'huile par exemple, par la potasse, en présence d’alcool. On dissout le savon restant, dans de l’eau, en présence d’acide sulfurique, on distille ensuite le liquide avec précaution, et on titre avec la potasse décinormale, en présence de phénophtaléïne.
Nous avons suivi LEWKOWITSH, qui insiste particulièrement sur la nécessité d'employer de l’alcool exempt d'acide et d’aldéhyde, et avons effectué un
(1) Dr J. Lewkowitsch - Technologie et Analyses chimiques des huiles, graisses et cires -
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titrage à blanc, à côté de celui des acides volatils, et pris la différence entre les deux titrages. Nous avons trouvé un indice de 1,5 qui n’appelle pas de commentaires, mais que nous rapprocherons de l'indice de HEANER.
Indice de Hehner (obtenu par la méthode habituelle). — Le chiffre moyen de 93,10 que nous donnons après avoir effectué plusieurs essais, nous permet de déterminer la quantité d’acides gras sclubles. Ces acides gras solubles auraient donc un poids moléculaire moyen très élevé, que P. PETARD (1) a évalué précédemment à 293.
Il nous faut remarquer, à ce sujet, que les huiles employées par les indigènes de pays pourtant différents, contre les affections lépreuses, sont toutes de mêmes types ; c'est là une constatation qu'il doit être utile de retenir.
Indice d’acide. — Le chiffre que nous avons trouvé, ne peut avoir qu'une indication confuse. Nous avons en effet opéré sur un échantillon, vieux de trois ans. L'huile prélevée à cette époque, n'a pas été purifiée immédiatement, et la présence de matières putrescibles ou fermentescibles pourrait expliquer le chiffre élevé, que nous avons trouvé, de même qu'elle expliquerait les différences très sensibles entre les chiffres donnés par les auteurs consultés.
Insaponifiable. — Nous avons appliqué la méthode
de ALLEN et THOMPSON en opérant sur le savon
(1) P. Pétard < V. Note par À. Chevalier - Revue Intern. de botan. appliquée et d’Agric. tropicale - n°° 283-284 (1946).
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sec, et en utilisant l’éther de pétrole pour l'extraction AUOOX AE ESS
Le chiffre de 1,25 que nous avons trouvé, ne correspond pas’à ceux indiqués dans les études qui ont été faites auparavant ; mais la teneur des corps gras naturels, en matières insaponifiables, dépendant, dans une grande mesure, du mode et des conditions de préparation ou d'extraction, ne peut être que variable suivant les échantillons d’une même huile.
Résine. — Nous avons été amené naturellement en étudiant les matières insaponifiables à essayer de déterminer la présence de résine.
En effet, parmi les auteurs qui se sont intéressés au Calophyllum, certains ont laissé entendre qu’elle contiendrait une forte proportion d’une substance résineuse.
LEFEUVRE, entre autres, dans un échantillon d'huile brute examiné à Saïgon (Bulletin économique de l’Indochine XIX, p. 567, 1917 et XXIV, p. 393, 1922) en aurait trouvé jusqu'à 28 %. Il devenait intéressant de savoir si les vertus curatives que les indigènes accordent à l'huile, étaient dues à l'huile seule, ou si elles étaient dues à la présence de la résine qui pouvait rester dans l'huile, après qu'on l’eût laissé déposer.
Nous nous sommes donc proposé de laisser au repos un échantillon et de l’examiner après 3 ans, en limitant notre investigation à la réaction colorée de LIEBERMAN-STORCH, pour l'identification à laquelle
nous avons cru bien faire d'ajouter une détermination
quantitative, en utilisant la méthode de TWITCHELL.
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R. Lieberman-Storch. — La réaction a été fortement positive. L'huile, agitée avec l’anhydride acétique, chauffée légèrement, puis séparée par décantation, a donné avec l'acide sulfurique, une celoration rouge fugace, se transformant en couleur brune.
Pour vérifier cette réaction, nous avons traité, d'autre part, l’huile par l'alcool fortement sodé, puis par l’éther. Après plusieurs lavages, l’éther a été évaporé au B.M. Le résidu a été redissous dans le chloroforme. Cette dernière solution, soumise à la réaction de LIEBERMANN-STORCH, a donné également une coloration rouge fugace tirant au brun, à l’abri de la lumière.
Méthode Twichell. — Nous avons appliqué la méthode, telle qu'elle est décrite dans le traité de LEW- KOWITSCH, p. 803, en la terminant par un dosage volumétrique.
L'opération menée normalement, ne nous a pas permis de déceler la présence de résine.
Or, l'huile sur laquelle nous avons opéré, avait conservé ses propriétés cicatrisantes. Nous avons donc été amené à penser que la résine qui constitue une partie importante de l’huile brute, ne prenait pas une part à l’action thérapeutique du Calophyllum aussi importante qu'on peut le supposer. Il conviendrait toutefois d'’étudier plus complètement et séparément le dépôt toujours très important que laisse l’huile après l'extraction.
Vitamines. — Il n’eut pas été sans intérêt de déterminer véritablement la richesse de l'huile en vitamines.
Les événements graves qui se déroulent en Indochine
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depuis septembre 1945, nous ont empêché de rechercher les vitamines dans la journée de la cueillette, ou de faire les extractions à l’aide des solvants appropriés. Ces extractibns auraient permis des recherches qu'il ne nous a pas été possible de faire, dans l'impossibilité où nous étions de disposer simultanément d’une matière première fraîche et du matériel indispensable.
Sans espoir, mais à toutes fins utiles, nous avons cru bien faire de faire quelques réaction d'identité sur des échantillons vieux de plusieurs mois.
Vitamine « C ». — La méthode de TILLMANS, au dichlorophénol Indophénol n’a pas donné de résultats positifs.
Vitamine « À ». — Avec le réactif de CARR et PRICE, la solution chloroformique a donné une coloration jaune qui, avec le temps, évolue vers le brun rouge. La présence d’eau dans la solution et la grande quantité de corps gênants, rendent pratiquement impossible un dosage.
Vitamine « E ». — La solution chloroformique réduit le ferricyanure ferrique. Un dosage a été tenté par la méthode de A. VINET et P. MEUNIER. La réaction bleue obtenue est intense, mais peut être due à autre chose qu'au Tocophérol.
Vitamines « D » et « B ». — Nous n'avons pas été en mesure d'effectuer le dosage par la méthode biologique.
L'huile ainsi examinée a conservé ses qualités thérapeutiques. Cet examen rapide amènerait donc à penser que l’action cicatrisante de l'huile ne serait pas strictement due aux vitamines.