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a) Une susceptibilité héréditaire à la maladie;
b) Une irritation portant sur les tissus prédisposés au cancer.
Cette idée assure la transition entre les théories héréditaires. et irritatives.
Théories microbiennes. — Seraient évidemment très séduisantes pour notre cas particulier et pour dire plus, le cancer double du sein serait un argument en faveur de cette théorie: un agent microbien attaquant deux glandes similaires et également réceptrices à son action. Mais alors pourquoi cette proportion si infime de prises bilatérales alors que le cancer du sein est si fréquent.
Périodiquement, par les revues médicales, par la grande presse elle-même, on apprend la découverte et l’isolement du germe pathogène du cancer. Nous ne rappellerons que pour mémoire la découverte de John Nuzum, de Chicago; de Glover et James Young qui avaient isolé un germe vivant dont l’inoculation à l’animal amènerait l’apparition d’une tumeur identique. D’eux-mêmes ces faits sont rentrés dans l’ombre, incapables de se suffire.
A ces théories microbiennes du cancer s’oppose l’évolution de cette affection qui est l’opposé peut-on dire des phénomènes inflammatoires. Seule, l’évolution de la carcinomatose aiguë bilatérale serait comparable à celle d’une maladie infectieuse; étant accompagnée d’une rougeur diffuse de la peau, avec des phénomènes généraux importants, une fièvre élevée. Il n’y a là qu'une simple apparence, ces tumeurs se développant dans des glandes en pleihe activité fonctionnelle, chez des femmes jeunes en période de lactation.
Plus satisfaisante serait l’opinion de Carrel qui cadrerait bien avec l’évolution d'un cancer double ayant comme point de départ une maladie de Reclus, affection qui, on le sait, est : bilatérale et dont nous rapporterons plus loin les observations.
Cet auteur admet que des substances toxiques, dans un sérum normal, peuvent avoir une action sur les cellules d’un
champ d'inflammation chronique de la même façon que le goudron injecté dans le courant sanguin, agirait sur le tératome bénin du poulet. Cette théorie serait admissible pour un certain nombre de cas où l'examen clinique ou anatomo-pathologique permet de déceler une altération ou une tumeur bénigne pré-existante, mais que penser d’elle dans les cas où le can- cer se développe dans une glande parfaitement saine?
Théorie de la sélection cellulaire pathologique. — Le Professeur Ménétrier, dans un article du Monde Médical (juin 1924) différencie tout de suite le cancer de l'infection ordinaire par le fait que l’envahissement de l’organisme n’est pas provoqué par des éléments parasites étrangers, mais bien des éléments autochtones, des cellules mêmes de nos tissus. « Voilà ce qui caractérise le cancer et qui ne se rencontre en aucune autre forme morbide. »
Cet auteur établit sa conviction sur les faits suivants: « Nous savons aujourd'hui produire le cancer, le faire apparaître chez un animal, sain au début de l'expérience, et celà par des procédés multiples, non spécifiques et qui, tous, peuvent être interprêtés comme agissant par le moyen d'irritations répétées pendant un temps très long sur les tissus et y déterminant ainsi les modifications cellulaires par lesquelles se marque l’évolution cancéreuse. »
C’est donc en définitive la théorie irritative qu’il faut compléter par la conception de la sélection cellulaire pathologique. L'auteur examinant des tissus soumis aux processus irritatifs longtemps prolongés, a vu se produire notamment des modifications épithéliales consistant surtout en « une réduction du type cellulaire et la perte des apparences de différenciation fonctionnelle. » Par contre, ces cellules semblent alors douées de « propriétés végétatives énérgiques. » La sélection opèrerait en choisissant les qualités des aptitudes réactionnelles et prolificatives qui sont à un certain degré présentes dans toutes les cellules, mais toutes ne les possèdent pas à un degré suffisant pour réaliser l'hyperplasie, la tumeur, le cancer.
. Cette théorie admettrait donc un lien direct entre les états pathologiques, mammites, adénomes... Cependant, si l’on en croit les statistiques, on voit que les cancers du sein sont très rares :
a) Par rapport aux irritations mécaniques;
b) Chez les femmes ayant normalement allaité.
On est aussi frappé du nombre relativement considérable de mammites chroniques ou d’adénomes en face des cancers rencontrés, nouveaux points sur lesquels la théorie irritative pure peut se montrer en défaut.
Le facteur terrain. — Dans un article publié dans les Archives Espagnoles de Médecine, Roffo fait une synthèse des constatations actuelles à propos des modifications physicochimiques d’un organisme cancéreux. Et cet auteur conclut nettement que c’est dans cette voie que doivent s'engager les recherches si l’on veut arriver à percer le mystère du cancer.
Dans le sang du cancéreux, dit cet auteur, s’observent des modifications chimiques qui se produisent en premier terme par une augmentation des lipoïdes et en particulier de la cholestérine; de plus, augmentation des globulines et modifications de la teneur en acides aminés, acide lactique, glucose. De même, des modifications apparaissent dans le système physico-chimique avec une légère augmentation du Ph. et diminution de la tension superficielle.
Cet auteur écrit que le cancer ne doit pas être considéré
comme un processus simple, mais une altération du métabolisme bio-chimique. C’est par la connaissance de ces modifications, dit-il, qu’on arrivera à diagnostiquer le stade pré-can- Céreux.
° ‘Si dans le sang des cancéreux on arrivait à mettre en évidenéé l’existenee d’une réaction spécifique, on aurait fait faire uñ grand pas à laéancérologie et l'étiologie, et le traitement des ‘tumeurs malignes en serait considérablement simplifié.
C'est là que la question se soude intimemeat à l'étude d’un terrain cancéreux. C'est l’étude de la constitution physico-