TRAITEMENT
Dans ce chapitre, nous nous proposons de nous attacher non à des techniques chirurgicales, mais seulement d’étudier les problèmes thérapeutiques soulevés par le cancer bilatéral du sein. Ainsi se pose la question: faut-il ou ne faut-il pas opérer? Faut-il enlever les deux seins dans une même séance, ou faire deux opérations séparées par un temps plus ou moins long?
Cancers opérables.
On opèrera toujours un cancer bilatéral d'emblée, lorsque le diagnostic aura été établi de bonne heure, lorsque la tumeur n'aura pas une allure particulièrement évolutive (mastite carcinomateuse aiguë) et lorsque l’examen somatique de la malade, clinique et radiologique, n'aura révélé aucune métastase éloignée, osseuse ou viscérale. De même, seront opérés radicalement les cancers ayant apparu dans le sein restant dans un temps plus ou moins long après l’ablation d’une première tumeur, toujours cependant avec les réserves énoncées plus haut de non généralisation.
Tout ceci, en somme n’a rien de particulier, faisant étroitement partie du cadre général des indications opératoires des tumeurs malignes. La seule question particulière, relative au cancer bilatéral du sein, est de savoir s’il faut amputer les
deux seins dans la même séance. Lenormant cite le cas de Wilmoth et aussi de Hofhauser qui ont réussi parfaitement cette opération. C'est aussi l'opinion de Patel, de Lyon, qui trouve dans ce cas l'intervention rapide, la perte de sang faible. Au cours de notre documentation sur la question, nous avons relevé une observation de Enrique Ciotola, de Lima, qui, à propos d’une maladie de Paget bilatérale, chez une malade de 12 ans, en 1932, a fait l’amputation des deux seins dans la même séance. Les suites furent normales et en décembre 1932 la malade était en franche convalescence.
Evidemment, c’est une opération qui peut se faire, chez des malades dont l’état général n’est pas trop atteint et ayant encore une résistance suffisante. Cependant, comme le préconise Lenormant, qui reconnaît que l’ablation large d'un cancer du sein, qui doit comporter la résections des deux pectoraux et une dissection attentive de l’aisselle, est une opération longue et qui n'est pas, malgré tout, sans quelque gravité, il est plus prudent de séparer les deux interventions par un intervalle de douze à quinze jours au moins. C’est aussi l'avis de notre maître, le Professeur Jeanneney qui, systématiquement, laisse s’écouler dix à douze jours entre les deux interventions.
En conclusion, le traitement du cancer bilatéral du sein sera une double opération de Willy Meyer faite à dix à douze jours d'intervalle.
Tumeurs non opérables.
Chaque fois que, pour des raisons variées (état trop avancé des lésioris, relus absolu de la malade à se faire opérer, métastases multiples) il y aura contre-indication formelle du traitement chirurgical, on devra confier ces malades au radiothérapeute. Evidemment, ni le traitement par les rayons X., ni même la Rœntgenthérapie pénétrante ne pourront amener la guérison du cancer. Cependant un traitement bien réglé pourra amener une certaine rétrocession des symptômes et prolonger
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D. la vie de cès malades. À ce sujet, à propos de la malade dont - nous rapportons l’histoire dans l'observation n° IV, nous in- - diquerons la technique suivie au centre anti-cancéreux de Bor- > deaux. Le traitement consiste en séances quotidiennes et al n= ternées sur chaque sein, séances de trente minutes à une heure. - Chez cette malade, ce traitement a amené une cessation très - nette des douleurs et des hémorragies ainsi qu’une certaine - diminution de volume de la tumeur.
Enfin, il nous paraît utile, chez des malades ayant subi l’ablation d’un néoplasme du sein, de diminuer les chances E de récidive, en faisant à intervalles éloignés quelques séances - de Rœntgenthérapie, comme il a été fait pour la malade du | Professeur Jeanneney (observation n° VI). | Certaines méthodes préconisées à propos du cancer du sein inopérable, sont encore à mettre au point; ainsi, la double ovariotomie proposée par Beatson, Benassy, etc., est très dis- - cutée. Seul, le cancer se développant chez une jeune femme, - enceinte ou nourrice, et surtout la carcinomatose aiguëe bila- …. térale, peut bénéficier avantageusement de l'irradiation des - ovaires qu'a conseillé Costantini.