DIAGNOSTIC
Diagnostic positif.
Nous poserons notre diagnostic sur les signes habituels d’un
néoplasme du sein. Nous examinerons attentivement les deux
glandes que nous palperons à plat, comme le veut Velpeau. Au nivau de la peau, nous rechercherons non seulement le phénomène de la peau d'orange qui traduit l’évolution d’un néoplasme déjà avancé, mais la ride dont parle Baumgartner, que l’on provoque en repoussant un segment de la glande. Nous examinerons aussi le mamelon, recherchant s’il n’est pas attiré dans la glande par l'infiltration cancéreuse, et s’il n'est le siège d'aucun écoulement séro-sanguinolent. Les creux
axillaires droit et gauche seront aussi attentivement fouillés
pour y déceler la présence de ganglions atteints par le pro- CessUS CancÉreux.
Diagnostic différentiel
D'abord, il faut éliminer l’adénome, qui, nous le savons, peut être bilatéral. Ces adénomes doivent d’ailleurs toujours être enlevés et examinés anatomo-pathologiquement. On sait en effet la fréquence de la dégénérescence maligne de ces vieux adénomes (observation n° 5).
Les diagnostics de syphilis scléro-gommeuse du sein ou de
MS SBT ET
tubereulose mammaire parfois bilatérale (Chauvin en a publié un cas) doivent être envisagés et, si besoin est, contrôlés par une biopsie. Difficile souvent est le diagnostic différentiel entre mammite chronique, souvent bilatérale et cancer. Cette affection en effet présente de nombreux points communs avec le cancer ; elle est irrégulière, rameuse, à retentissement ganglionnaire. Cependant, elle est sensible; il y a des poussées plus ou moins nettes au moment des règles. Dans ces cas où le doute peut subsister, nous croyons, résumant l'opinion de
divers auteurs et en particulier celle de Dessaint dans sa thèse,
que c’est une erreur que de s'abstenir. Un sein peut, en effet, être occupé par une volumineuse masse de mammite chronique, et être le siège, en un endroit très localisé, d’un épithélioma intra-canaliculaire. Ceci montre « l’imprudence des opérations économiques » non suivies d’un examen histologique approfondi (Jacoulet conseille à ce propos des coupes en série afin de déceler la localisation maligne toujours possible) et l’obligation pour le chirurgien d'exercer une surveillance attentive sur ses malades dont le sein opposé peut présenter des lésions analogues.
Le dernier diagnostic à faire sera celui de la maladie de Reclus, dont on connaît la symptomatologie caractéristique, sa bilatéralité et ses grains de plomb qui ne peuvent tromper. Les malades porteuses de pareilles lésions sont aussi étroitement à surveiller et dans notre chapitre pathogénique, nous avons relaté en particulier un cas de cancérisation de cette aflection.