MALADES MORIBONDS
J'en ai vu arriver pour la première fois quatre dans ce cas. Leur cachexie était si avancée que l’on avait l'impression que chaque jour on allait les trouver morts le lendemain matin. Sur ces quatre malades, trois avaient encore cependant une perméabilité œsophagienne suffisante pour avaler
AE à SR an à bouillon, œufs, purées claires. Contrairement à l’opinion habituelle je suis persuadé qu’ils ne mouraient pas de faim.
Le quatrième ne pouvait rien avaler. Je fis tenter une gastrotomie à laquelle il succomba en quelques heures.
Les trois premiers eurent pendant la période où ils restèrent dans le service une alimentation au moins équivalente à celle de la moyenne des malades hospitalisés (bouillon, purée, œufs, lait, chocolat, viande hachée ou poudre de viande). L'un mourut dans le service au bout de quinze jours (obs. n° 9). Les deux autres furent emmenés par la famille six et onze jours après leur entrée. Ils succombèrent peu de temps après. À tous ces malades deshydratés je fais faire tous les jours de 500 grammes à un litre de sérum physiologique sous-cutané et de 500 gr. à un litre également de sérum glucosé isotonique intra-rectal en goutte à goutte. Ils reçoivent également de manière systématique de 40 à 80 gouttes de teinture de belladone et jusquiame. Ce médicament doit théoriquement diminuer la part de spasmodicité de la sténose et atténuer la sialorrhée. Il m’apparaît que cette action est réelle.
L'état général de ces malades était trop grave pour tenter quelque chose contre le cancer lui-
même.