PERTE UE FUI
A UE TER qués sur des tumeurs irradiées quelques mois auparayant ont toujours montré jusqu’à maintenant, un épithélioma du type initial, mais je n'ai que quelques examens de cet ordre. | Au point de vue de l’état général, j'ai eu plusieurs fois l'impression (obs. n° 30, 22, 15) dans les jours qui suivirent l'application de radium, d’une aggravation marquée : les malades maigrissaient et prenaient une teinte jaune paille. Toutes les fois ils ont surmonté cette crise de dépression et ont repris
leur état précédent.
Réflexions. — En somme, au point de vue thérapeutique, je n’ai eu qu’un beau résultat, incomplet d’ailleurs (obs. n° 44). Dans tous les autres cas je n’ai eu que des améliorations plus ou moins transie toires.
Cependant, je trouve dans ces maigres résultats de bonnes raisons d’espérer.
En effet, j'ai observé cliniquement et à l'œsophagoscapie des modifications incontestables quoique légères du cancer dans un sens favorable. Il s’agissait toutes les fois de cancer très évolué. Il n’est pas illogique de supposer que ce même traitement appliqué à un cancer tout au début, donne des résultats supérieurs, plus durables sinon définitifs, comparables à ceux que l’on a observés pour le cancer du col de l'utérus.
Pour terminer, j'insisterai donc à nouveau sur l'utilité d’un diagnostic extrêmement précoce que
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seul peut permettre l'œsophagoscopie. C’est là la condition nécessaire pour obtenir, peut-être, un résultat satisfaisant par la radiumthérapie ou pour tenter dans quelques cas une exérèse.
Note. — J’ai fait injecter par voie veineuse à plusieurs malades des solutions de chlorophile, considérée tout d'abord comme catalyseur des radiations du radium dont elle faciliterait la fixation sur le cancer. Plus récemment, la chlorophile avait été précédemment irradiée elle-même, Ces injections ont été associées dans le premier cas à l’application de radium. Dans le deuxième cas, elles ont été utilisées à l’état isolé.
Gette méthode de traitement est trop récente pour que je puisse avoir une idée sur ses possibilités,
M. C. L..., 56 ans, ouvrier d'usine, entre dans le service d;O.-R.-L. envoyé de médecine le 12 janvier 1931 pour vérification d’un diagnostic de cancer œsophagien.
Bon aspect général, faciès coloré, grand buveur.
Dysphagie à début insidieux fixé à huit mois environ, évolution progressive, pas de rémission. Se nourrit de purées et de viande hachée.
Sialorrhée très nette. Pas de fétidité de l’haleine.
Pas de ganglion sus-claviculaire.
Amaigrissement total de 9 kilos dont 6 dans les deux derniers mois. Hits
La radioscopie montre une sténose légère à la partie moyenne de l’æœsophoge.
Œsophagoscopie le 13 janvier 1932.
1° Tumeur bourgeonnante de la bouche œsophagienne d'aspect bénin. A l’examen histologique papillome.,
20 Tumeur ulcéro-végétante à 27 centimètres des arcades sur la face antérieure.
Biopsie : épithélioma malpighien à tendance spino-cellulaire, stroma en réaction inflammatoire subaiguë. |
Le 28 janvier 1931, pose d’une sonde radifère laissée en
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place deux jours, bien supportée (8 millicuries), Amélioraration légère de la dysphagie.
Sorti le 5 février 1931, pas de nouvelles depuis.
OBsERVATION N° 2,
M. C.J..., 52 ans, est adressé au service O.-R.-L., par consultation de la porte.
Début il y a huit mois par un accident paroxyÿstique une bouchée de pain n’a pu passer, a été rejetée après quelques minutes d'angoisse douloureuse. Quelques jours après, a remarqué une gène au passage des bouchées un peu volumineuses,
Actuellement, a complètement supprimé pain et viande, ne prend que des purées claires et des liquides.
Se plaint d’une douleur rétro-médio-sternale.
Pas de siallorrhée, pas de ganglions.
A maigri de 20 kilos environ. Surtout depuis trois mois
A la radioscopie déformation de l’image œsophagienne en arrière de l'ombre aortique, sans stase véritable.
Œsophagoscopie le 17 février 1931 Passage facile. A 27 centimètres sur le bord gauche, cancer bourgeonnant type du petit volume (une demi-müre), Le tube peut passer au delà.
Biopsie : épithélioma malpighien spino-cellulaire.
Le 95 février 1931 mise en place d’une sonde radifère enlevée le soir même en présence d’une élévation de température à 400.
Le 18 mars 1931, nouvelle application de radium : 8 milli-
curies, en deux jours sans incident. Légère amélioration de
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la dysphagie, ne peut cependant avaler pain et viande.
Revu le 4 mai 1931. Le néo est peu modifié, peut être moins friable. Radium 48 heures : 8 millicuries.
L'état général s'aggrave dans les jours qui suivent. Le malade se remet, sort une dizaine de jours plus tard en bon état. |
Mort en juillet 1931, cachectique sans dysphagie plus marquée.
M. L. F...,73 ans, vient consulter directement au O.-R.-L
Début il y a six mois, pas net.
Dysphagie progressive, s’alimente péniblement avec purées, compotes et surtout lait.
A maigri de 12 kilos environ depuis le début.
Pas de douleur à la déglutition, pas de siallorrhée, Pas de ganglions sus-claviculaires.
La radio montre un arrêt de la baryte à la partie moyenne de l’œsophage avec déformation de l’ombre.
Œsophagoscopie le 5 mars 1931. On doit cocaïner la bouche à nouveau pour pouvoir passer le tube. À 28 centimètres | néo-ulcéro végétant occupant le bord gauche et débordant sur les deux faces. La lumière est réduite au dixième environ de son calibre normal.
Biopsie : épi. intermédiaire à tendance spino-cellulaire. Réaction inflammatoire subaiguë du chorion.
Le 17 mars 1931, mise en place d’une sonde radifère laise sée 48 heures sans incident.
Dans les jours qui suivent, le malade déclare avaler plus
facilement. L'amélioration porte davantage sur la vitesse
Or E de déglutition que sur la consistance des aliments susceptibles d’être déglutis.
Sort le 5 avril 193r. Plus de nouvelles,
M. P. G..., 71 ans. Est envoyé par un service de médecine pour contrôle d’un diagnostic de néo.
Début il y a huit mois par arrêt brusque d’une bouchée de viande. Evolution irrégulière depuis, mais progressive dans l'ensemble. Actuellement avale dificilement purées et pâtes.
- Siallorhée. Haleine fétide. Amaïgrissement de rx kilos, Pas de ganglions sus-claviculaires.
La radioscopie montre une sténose modérée de la partie moyenne de l’œsophage.
Œsophagoscopie 13 juillet 1931. À 27 centimètres tumeur ulcéro-végétante de la face postérieure de l’æœsophage. Base largement indurée. Les deux tiers du calibre de l’œsophage sont encore utilisables.
Biopsie : épi. malpighien à tendance spino-cellulaire.
Radium, 8 millicuries. Amélioration légère.
Revu en novembre 1931, s’alimente un peu plus facilemen que lors de sa précédente visite mais son état général décline.
M. N. P..., 67 ans, envoyé par médecin de ville. Début il y a 8 mois. Après une grippe n’a pu reprendre son alimentation que partiellement. Depuis évolution pro-
— 94 — “ gressive. Dysphagie très marquée. Avale encore un peu de purée mais avec beaucoup de peine et de lenteur.
Pas de douleur à la déglutition : douleur inter-scapulaire.
Siallorhée abondante, fétidité de l’haleine marquée (chicots) très gros amaigrissement, environ 20 kilos. Deshydratation. Très mauvais état. Pas de ganglions.
Radio pose le diagnostic de siénose néoplasique. Æsophagoscopiele 20 juillet 1931. A 32 centimètres tumeur ulcérobourgeonnante de la face antérieure débordant sur les deux bords. Cette ulcération est surélevée : sa base indurée la dépasse en tous sens, et fait le tour de l’œsophage. La lumière est réduite au calibre d’un filiforme et refoulée en arrière.
Biopsie. Epi. épidermoïde.
Gasirostomie : Mort le deuxième jour,
M. P.J..., 64 ans. Carrier. Est envoyé par un médecin de la banlieue. N’a été vu que quelques jours auparavant.
Depuis plus d’un an, dysphagie à début insidieux et à évolution progressive à peu près régulière. En est arrivé à ne pouvoir ingérer qué des liquides, purées, compotes. Attribuait ses troubles à sa mauvaise dentition.
Pas de douleur. Siallorhée. Haleine fétide. Pas de ganglions. Amaigrissement de 10 kilos. Aspect de mauvais terrain. ee
A voue syphilis, alcoolisme, tabagisme.
Pas de radio.
Œsophagie 14 septembre 1931. À 29 centimètres, tumeur
06 ce bourgeonnante, grosse comme un gros grain de raisin, développée sur la paroi antérieure de l’œsophage. Saignant abondamment, très friable.
Biopsie : Epi. malpighien, à tendance spino-cellulaire.
Radium, 8 millicuries sans incident notable. Le malade accuse une amélioration qui est en réalité très légère.
Revu en novembre 1931 : même état.
Mort vers le 10 décembre 1931.
M. L. A..., 69 ans, boulanger. Est envoyé d’un service de médecine.
Début il y a un an : brusque. A fait une crise d’occlusion œsophagienne. Depuis les aliments solides ne passent plus. Une bouchée de pain ou de viande est rejetée presque immédiatement.
La dysphagie ne s’est guère modifiée depuis.
Pas de siallorhée. Pas de ganglions.
Bon aspect, mais amaigrissement de 8 kilos.
Avoue alcoolisme.
La radioscopie montre une sténose rétro-aortique avec défilé sous-jacent tortueux.
Œsophagoscopie 23 septembre 1931. Tumeur ulcéro-végétante. À base infiltrée, occupant la moitié gauche de l’æsophage à 28 centimètres.
Biopsie. Epi. spino-cellulaire.
Radium : 8 millicuries en 48 heures bien supportés.
Revu en novembre 1931. Radium, à nouveau 8 millicu-
nn AONESS 2e KA ries. Etat général très éprouvé par cette deuxième application. Hit | Revu fin décembre 1931. Bon état (A peu près celui du mois de septembre). S'alimente à peu près de la même manière.
Décédé en mars 1932.
M. F...,65 ans, est envoyé par un médecin de la banlieue le 16 octobre 1931.
Gêné pour avaler depuis six mois.
Début par accident paroxystique : « a avalé de travers » une bouchée de pain plusieurs fois en un mois; puis a dû mastiquer longtemps pain et viande.
Evolution progressive depuis. Se nourrit de purées, lait, qu'il prend en grande quantité et sans peine.
Siallorhée. Pas de ganglions sus-claviculaires.
Homme petit, coloré ; a maïgri (6 kilos), mais n’èst pas cachectique. |
Examen radiologique en ville : « pas d'obstacle œsophagien ».
Œsophagoscopie le 19 octobre 1931. Introduction facile, salive très abondante que l’on doit aspirer. Œsophage cervical normal à tous points de vue.
À 27 cm., sur la paroi antérieure, masse grosse comme un gros pois : arrondie, lisse, de coloration rouge un peu plus foncé que la muqueuse œsophagienne, reliée à l’æsophage par un pédicule équivalent au quart environ de son
diamètre, mobile, ne saigne pas, paraît dure. Donne l'im-