‹ Contribution à l'étude du cancer de l'œsophageChapitre 31 sur 36 · SN · texte numérisé non relu

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pression d’un polype fibreux. La muqueuse œsophagienne au niveau de son implantation est normale et ne paraît pas indurée. L'on pousse facilement le tube au delà.

A 30 cm., sur la paroi antéro-latérale droite,une deuxième tumeur comparable absolument à la précédente : toutefois plus allongée et moins finement pédiculée ; son implantation œsophagienne ne paraît pas non plus s’accompagner d’infiltration de la muqueuse. On la franchit aisément.

À 37 em., la lumière est au deux tiers occupéé par une masse développée sur la moitié gauche de l’œsophage. Le tube bute sur cette masse très dure. La muqueuse qui la recouvre est rougeâtre et paraît faire corps avec elle comme si elle avait été écrasée. Impression de cancer infiltrant.

Biopsie sur chacune des trois tumeurs, examinée par le Dr Delarue dans le laboratoire du professeur Bezançon.

1° Tumeur de 27 cm. Epi. spino cellulaire typique.Stroma,

réaction du type inflammatoire exsudatif avec œdème disso-

ciant les éléments musculaires et infiltration leucocytaire

dans laquelle prédomine les leucocytes polynucléaires.

2° Tumeur à 30 cm. Même aspect de l’épi. spino cellulaire avec réaction très intense du chorion et réaction inflammatoire exclusivement plasmocytaire.

30 Tumeur à 37 cm. : leucoplasie.

Le 27 octobre 1931, le malade qui avait quitté l'hôpital revient.

Œsophagoscopie le 3 novembre 193r : lésions identiques. Mise en place d’une sonde radifère laissée trois jours (12 millicuries), très bien tolérée.

Le 8 novembre, la température commence à s'élever,

atteint par paliers 40° le 10. Le faciès s’altère, pas de signes

— 98 — | + à l’auscultation. Rien à l'inspection ni à la palpation. Vomissements d’odeur sphacélique, Le 11 novembre 1931 est emmené par sa famille et meurt

dans la voiture d’ambulance.

M. J.J..., 73 ans, sans profession. Est passé d'un service de médecine le 6 novembre 1932.

Dysphagie depuis 7 mois : se nourrit de demi-solides.

Malade très fatigué, teint jaune paille léger. Impression de cancéreux très avancé. Très amaigri, absolument cachectique.

Pas de siallorhée. Pas de ganglions sus-claviculaires.

Dans le corps thyroïde, un noyau dur pris un instant pour un cancer.

Radioscopie : n’a donné aucun renseignement.

Œsophagoscopie : passage facile. Les parois œsophagiennes un peu pâles paraissent épaissies mais sont souples. La lumière œsophagienne est béante devant le tube : en somme, léger degré de méga-œsophage. A 38 cm., sur le bord gauche, plaque de leucoplasie évidente. La muqueuse sur laquelle elle repose paraît légèrement infiltrée. Le tube passe très facilement au delà. Pas de spasme du cardia.

Biopsie. Hyperplasie considérable de l’épithélium malpighien, effondrement en un point de la couche des cellules basales. Prolifération malpighienne dans le chorion. Atypies cellulaires. Signes hisiologiques certains d’épi. à tendance spino-cellulaires.

Le malade continue à décliner malgré une alimentation

abondante et meurt 15 jours plus tard.

M. G. F..., 66 ans, alcoolique avéré. Grand, gros, d'aspect floride est envoyé par un médecin de ville.

Début il y a dix mois par une crise d’occlusion œsophagienne complète qui a duré deux jours. Depuis évolution progressive dans l’ensemble avec parfois crises paroxystiques. Est réduit aux demi-solides.

Douleur médio-sternale. Pas de siallorhée.

Pas de ganglions sus-claviculaires. Amaigrissement de 10 kilos.

Radioscopie : n’a donné aucun renseignement.

L'œsophagoscopie le 6 novembre 1931. On doit cocaïner fortement la bouche pour passer. À 25 cm., tumeur d’aspect bourgeonnant sur base largement infiltrée de la face postérieure de l’œsophage.

Biopsie. Spino cellulaire à globes cornés et parakératosiques. Stroma en réaction inflammatoire subaiguë.

Le 23 novembre 1931 pose d’une sonde radifère. Le malade l’arrache une heure après. Sort le lendemain sur sa

demande. Jamais eu de nouvelles.

M. C. A... 46 ans, cultivateur. M’est adressé avec le diagnostic de diverticule œsophagien. Début deux mois auparavant, insidieux. Depuis, dysphagie rapidement progressive avec régurgitations. Douleur cervicale basse à type de distension. Rien à la palpation. Pas de ganglions sus-claviculaires. Pas de siallorhée. Amaigrissement de 8 à ro

kilos.

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