LUE
sont rougeûtres et ont des dépôts fibrineux, surtout dans le petit bassin et au voisinage de la rate. Le grand épiploon est rétracté vers la rate, Le colon souligne l'estomac et la masse néoplasique. L'arrière cavité des épiploons n'existe plus, les parois en sont accolées par une masse rougeàtre ressemblant à une muqueuse cadavérique. La masse néoplasique est bosselée avec parties molles et dures, mais arrondies. Les coupes montrentun pancréas totalement infiltré par des masses néoplasiques, avec des noyaux ganglionnaires tout autour qui, en arrière, enserrent la veine cave et l'aorte; la tête est partiellement respectée. La rate a de la plérisplénite, mais pas de noyaux de généralisation.
Les reins sont gros, bilieux, se décapsulent assez facilement, mais la capsule est épaisse.
Les capsules surrénales n'ont rien de spécial, l’appendice est sain.
OBSERVATION IT (inédite)
Jean X..,, 65 ans, cultivateur, demeurant à Saint-Vallier. Entré le 6 janvier 1908, dans le service de M. Jaboulay.
Diagnostic clinique. — Laparotomie : Lipomatose sous-séreuse. Néoplasme du corps du pancréas.
Le malade entre pour des troubles gastriques datant d’il y a deux mois. Jusqu'alors, il n'avait jamais ressenti rien de bien net à ce sujet. Cependant, depuis quelque temps déjà, il s'aperçevait que les digestions étaient pius lentes, qu'il avait des renvois de goût désagréable. Toutefois, il pouvait travailler facilement.
Il y a deux mois, les digestions devinrent pénibles, les erampes d'estomac lui firent diminuer son alimentation. Il eut bientôt du dégoût, puis une véritable répulsion pour les aliments gras. Peu à peu, les douleurs prirent une telle intensité que le malade se faisait vomir lui-même pour obtenir du soulagement,
Jamais ni hématémèse ni mélœna,
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"ll.
A l'examen on note :
Teint jaune paille caractéristique. Affaiblissement et amaigrissement. À la palpation, légère résistance dans la région pylorique. Il y a de la tension intermittente de l’épigastre après excitation. L'estomac est dilaté et clapotant.
Rien aux différents viscères.
La catéthérisme de l'œsophage montre que les olives sont arrêtées par un spasme à la hauteur du cardia.
Le chimisme stomacal avait donné :
Acide lactique : réaction très nette.
Acide chlorhydrique libre : néant.
A l'examen du sang, on avait :
1° Globules rouges pauvres en hémoglobine.
2° Globules blancs très nombreux.
Mononucléaires abondants, lymphocytes assez fréquents, polynucléaires dominants, eosinophiles très rares.
En résuiné. — Sang d’un cancéreux d'estomac avec généralisation ganglionnaire. Cachexie néoplasique.
Pronostic grave.
10 février 1908.— Laparotomie médiane sus-ombilicale. Induration vers la petite courbure, s'étendant du cardia au pylore. On découvre sur une anse grêle, voisine du jéjunum, une tache graisseuse sous-séreuse, qui attire l'attention du côté du pancréas.
L'exploration de cet organe montre au niveau du corps une masse dure semblant, au premier abord, composée de ganglions et d’une portion indurée du pancréas. M. Jaboulay, après examen, conclut à un cancer du corps du pancréas gênant le fonctionnement gastrique et fait une gastro-entéro-anastomose au bouton.
14 février 1908. — Le malade souffre dans le mollet gauclie. La saphène forme un cordon dur et douloureux. Légère température. [l y a deux jours, le malade a vomi quelques gorgées de liquide. Il a le ventre ballonné et ne fait pas de gaz.
18 février 1908. — Le malade se cachectise. Pouls très rapide et très faible. La température ne baisse pas. ”
= pee 19 février 1908. — Pouls à 13 235 février 1908. — Plusieurs vomissements. Par la plaie, il s'écoule une quantité considérable de sérosité. 10 mars 1908. — Etat stationnaire. Inappétence invincible. Petites escarres fessières.
Mort le 12 mars 1908, dans la cachexie.
OBSERVATION III (inédite)
Cancer du corps du pancréas. Laparotomie exploratrice.
Claude P...,67 ans, cuisinier. Entré, le 20 février 1907, dans le service de M. le professeur Poncet, pour des troubles gastriques. Aucun antécédent héréditaire intéressant.
Personnellement, il a eu la imalaria en 1861, à Rome, où il était comme soldat du corps d'occupation. Hors ce paludisme, dont il ne souffre plus depuis longtemps, il a toujours eu une santé parfaite.
I ya trois mois, il prit froid en péchant dans la Saône et, depuis ce moment, il a perdu l'appétit et a maigri. En même temps, ses digestions sont devenues pénibles et il souffre d'une continuelle pesanteur dans la masse du creux épigastrique. Il n’a Jamais vomi, n'a jamais eu d'hématémèse, ni de mélæna. Il n’est pas constipé. Son teint est devenu jaunâtre, et il a perdu, en ces trois mois, 15 kilos.
A l'examen. — On trouve un homme très amaigri, continuellement las, se plaignant d'une constante douleur sourde à l’épigastre et dans le flanc gauche. Cette douleur, qui siège profondément, presque dans le dos, n'est pas très violente, mais ne cède à rien. A l'inspection de l'abdomen, on perçoit aisément une grosse tumeur qui soulève la paroi et fait à son niveau un relief sensible. À Ja palpation, on la trouve irrégulière, dure, bosselée, faisant un placard large comme la main. La pression éveille à son niveau une douleur diffuse. À première vue, cette masse semble mobile, mais on devine bien qu'elle tient dans la profondeur. La paroi est souple, sans défense. L’estomac ne parait pas
dilaté; au contraire, il n'y a ni péristaltisme, ni clapotage à jeun. La percussion se montre abaissée, ayant son bord inférieur à un travers de doigt de l’ombilie. L'étage sous-ombilical de l’abdomen n'offre rien de spécial. Peut-être, cependant, un peu de météorisme et un léger elapotage cæcal. Les selles n'offrent aucun caractère particulier. Pas d'ictère. Ni albumine, ni sucre dans les urines. Température normale,
22 février. — Lavage d'estomac. Le catéthérisme n’a ramené que quelques débris alimentaires insignifiants, sans rien d'anormal. Il n’y a, à coup sûr, pas de rétention.
Devant ces signes (douleurs dorsales constantes, signes gastriques frustres, sans vomissements, et grosse tumeur paramédiane gauche très saillante, bosselant la paroi), instruit par des observations antérieures faites avec M. Delore, on porte le diagnostic de cancer probable du corps du pancréas, toutes réserves étant faites naturellement. |
23 février 1907. — M. Leriche, chef de clinique, fait une laparotomie exploratrice sus-ombilicale. L'estomace est trouvé sain. Au-dessous de la petite courbure, se montre une grosse masse bosselée, irrégulière, à caractères franchement néoplasiques. Cette masse plonge dans l'arrière-cavité des épiploons et va s'implanter sur le pancréas, dont la lète et la queue sont indemnes.
Pas d'aseite, pas de signes de compression du pylore, ni des voies biliaires.
On referme le ventre à trois plans.
Les suites furent normales.
17 mars. — Le malade, qui se levait depuis trois à quatre jours, revient chez lui, amélioré au point de vue fonctionnel et souffrant un peu moins, néanmoins la cachexie est marquée et le diagnostic de cancer ne parait pas douteux.
Nous n'avons pas eu de ses nouvelles depuis celte époque.
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OgservarTIoN IV {inédite)
Cancer du corps du pancréas. Laparotomie exploratrice.
Homme âgé de 40 ans, entré dans le service du professeur Ponset, le 4 décembre 1906.
Il a maigri beaucoup depuis sept mois, d'environ 15 kilos, avait perdu l'appétit; il accusait surtout de violentes douleurs épigastriques, s'irradiant dans la colonne vertébrale et ne semblant pas liées directement à l'ingestion des aliments. Il y a trois semaines, est survenu un mélæna.
Le teint est jaune paille, l'’anémie très accentuée, On ne perçoit aucune tumeur dans le ventre, pas plus à l’épigastre qu'ailleurs, aucun ganglion. Pas d'ictère, ni stéarrhée, ni vomissements. Les urines ne contiennent ni sucre, ni albumine.
Une radioscopie a été négative. On pense à une tumeur de la petite courbure de l'estomac ou à un néoplasme du corps du pancréas.
La laparotomie exploratrice (Delore) montre un cancer à noyaux multiples du corps du pancréas, s'étendant légèrement du côté de la tête de cet organe.
La glande est fixée contre la colonne, et à sa surface font saillie quelques ganglions indurés, surtout vers le bord supérieur.
25 décernbre. — Guérison opératoire avec atténuation des douleurs.