II. — EXAMEN CYTOLOGIQUE DU SANG PAR M. HALLION
Préparations colorées par :
1° L’hématéine-éosine;
2° Le triacide d'Ehrlich;
3° Le bleu de Unna,
M. Hallion n’a pas constaté de formes globulaires anormales, ni pour les globules rouges, ni pour les leucocytes.
La formule leucocytaire, d'après examen de 400 leucocytes.
Formule leucocylaire.
Chiffres Moyennes
trouvés. normales.
Polynucléaires . . . .. 64 66 Eymphocytes ture NT 25 à 28 Grands mononucléaires. 4,8 DEAR Eosinophiles : . 3,9 1:02
Les proportions constatées sont dans les limites des oscillations normales.
Conclusion : il n’y a aucun indice de leucémie.
ST ne
M. Chauffard m'écrivait à nouveau à la date du 28 juin:
« Le complément d'analyses ci-joint n'est pas décisif; pas de leucémie, mais il est très anémique.
« Pas d'anachlorhydrie ; hypochlorhydrie nette.
« Donc, rien de certain à conclure.
« Pas de stéarrhée constatée, mais la chose est à revoir.
« Dans ces conditions, je serais d'avis d'instituer un traitement régulier par les injections sous-cutanées de cacodylate de soude; de surveiller de très près le ganglion, l’état gastrique et pancréatique: de faire des pesées régulières, de chercher toujours l'apparition possible d'une tumeur abdominale. »
Juin 1907-mai 1908. — C'est à ce programme que je me suis très scrupuleusement conformé pendant tout le temps que J'ai soigné le malade et que celui-ci a bien voulu m'écouter, c'est-à-dire pendant l’année qui s'est écoulée de juin 1907 à mai 1908.
Pendant ce laps de temps, M. P... a eu des hauts et des bas, de très bons et de très mauvais moments; mais, d’une manière générale, les périodes d’accalmie l'ont emporté sur les périodes d'orage. Ainsi, les mois de septembre, octobre, novembre, décembre 1907 furent excellents ; mars et avril 1908 mauvais. Les douleurs s'étaient généralisées à tout le tronc, aussi bien à droite qu’à gauche, dans tout le ventre, dans les reins, dans le testicule gauche; jamais dans le testicule droit; jamais non plus le malade n’en ressentit dans les membres, ni dans la tête. Elles eurent toujours les caractères que j'ai décrits plus haut; aussi n’y reviendrai-je pas. Il n'eut pas non plus de grand ictus dans le genre de celui du 17 mars 1907; mais le malade, dans les mauvais jours de mars 1908, commença à accuser une modalité particulière de la douleua du thorax : il lui semblait « que sa poitrine était serrée dans les mâchoires d’un étau », « et qu'il allait étouffer ». Je l'ai vu plusieurs fois dans ces moments-là: sa respiration était des plus normales, 14 et 22 rythmes par minute sont les chiffres extrêmes que j'aie constatés; le cœur non plus ne semblait pas être en cause: le pouls était régulier, bien frappé, variant de 60 à 80 suivant les jours.