RÉSUMÉ
Le cancer primitif du foie se présente sous deux formes, la forme massive et la forme nodulaire.
Le cancer nodulaire primitif ne peut être différencié du cancer secondaire d’après le seul examen macroscopique du foie.
Le cancer massif représente au contraire la forme véritablement caractéristique du carcinome hépatique primitif.
A l’examen extérieur, le foie qui en est le siège n’offre ni la déformation, ni les bosselures que Ton a l’habitude d’assigner au carcinome de ce viscère. Il apparaît hypertrophié dans ses différentes parties constituantes, ou plus particulièrement dans un de ses lobes ; sa surface reste lisse et sa forme reproduit celle de la glande hépatique normale; sa coloration ne se modifie point ou devient par places jaunâtre ou marbrée.
Il faut sectionner l’organe malade selon son grand axe pour bien juger de la nature et de Fétendue des lésions qui l’occupent. Il apparaît alors dans sa presque totalité transformé en une masse néoplasique de consistance molle ou lardacée, fournissant par le raclage une quantité va-
riable de suc cancéreux. Le lobe hépatique droit est le lieu d’élection de cette masse, qui y reste limitée ou qui simultanément s’étend au lobe carré, au lobe de Spiegel, et au lobe gauche. Dans la majorité des cas, la masse cancéreuse s’avance jusqu’à la capsule de Glisson. Parfois elle en reste uniformément séparée par une mince bande de tissu sain qui lui forme une sorte d’enveloppe ou d’écorce.
Les ganglions auxquels aboutissent les lymphatiques ascendants et descendants du foie subissent fréquemment la dégénérescence cancéreuse. Les nodosités secondaires font défaut dans la majorité des cas. La périhépatite et l’ascite sont rares. La splénomégalie est habituelle.
Histologiquement le cancer massif ne diffère point du cancer nodulaire primitif. C’est un épithéliome qui procède des cellules hépatiques et qui selon la disposition du stroma conjonctif, disposition à laquelle est subordonné l’arrangement des éléments épithéliomateux, revêt le type alvéolaire, le type trabéculaire ou tubulé (adénome des auteurs) ou enfin le type trabéculo-alvéolaire.
Le cancer massif est plus fréquent chez l’homme que chez la femme, et survient à l’âge moj^en de la vie ou dans un âge avancé. Il est presque toujours en relation avec l’abus des boissons alcooliques.
Son développement s’annonce par la suppression de l’appétit, l’apparition de troubles dyspeptiques et parfois de phénomènes douloureux, en même temps que par la diminution des forces, l’amaigrissement et la décoloration des téguments.
Le foie augmente de volume, soulève les fausses côtes dont il dépasse le rebord, et présente à la palpation une surface lisse et résistante. L’ascite apparaît rarement.
ainsi que la dilatation des veines abdominales sous-cutanées. Les vomissements et Fictère font presque constamment défaut. L’acholie et l’abaissement du taux de l’urée urinaire trahissent la suppression des fonctions de la glande hépatique.
La peau et les muqueuses deviennent d’une extrême pâleur, l’émaciation etia faiblesse atteignent les dernières limites, les malléoles s’œdématient, et la mort survient d’un à sept mois après le début des accidents.
En fait, le cancer massif revêt une physionomie particulière qui doit en permettre le diagnostic, et s’il a fréquemment été méconnu pendant toute la durée de son évolution, c’est que les signes qui marquent son développement sont ignorés du plus grand nombre des médecins.
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