‹ Contribution à l'étude du cancer du pancreasChapitre 11 sur 11 · RÉSUMÉ · texte numérisé non relu

RÉSUMÉ

Le cancer primitif du pancréas est une affection assez fréquente.

Étiologie. — Il n’y a encore rien d’absolument certain quant à la nature du cancer ; toutefois, il semble permis de prévoir qu’un jour il sortira du cadre des affections diathésiques pour rentrer nettement dans celui des mala* dies d’origine microbienne.

Sans méconnaître l’importance des objections théoriques, c’est de l’observation et de l’expérimentation que nous attendons la solution de ce problème.

Siège. — La tête du pancréas est le siège de prédilection de la maladie, quoique la lésion puisse se développer dans le corps ou la queue de la glande.

Formes anatomiques. — Les formes anatomiques que revêt le cancer du pancréas sont, par ordre de fréquence : la forme squirrho-lardacée, puis l’encéphaloïde, enfin l’épithéliome à cellules cylindriques. Le cancer mélanique a été signalé dans deux ou trois observations.

Sexe. — Les hommes atteints sont aux femmes dans la proportion de 2 à 1 .

Age. — Contrairement à ce qu’on observe pour les cancers des autres régions,, cette affection n’est pas l’apanage de la vieillesse ; toutefois, les sujets qui en sont

frappés ont habituellement dépassé l’âge moyen de la vie. En réunissantes résultatsde la statistique d’Ancelet et les nôtres, on obtient un âge moyen de 45 ans 2 mois 4

Durée. — Il est peu de cancers viscéraux aussi promptement mortels. La durée moyenne des cas relatés dans nos observations est approximativement de 5 mois, 20 jours.

Traitement. — Médical : il est palliatif. Chirurgical : Sur cinq extirpations de pancréas, Küster a compté quatre décès.

Symptomatologie . — L’ictère est le signe le plus fréquent ; il existe dans les 2/3 des cas. En général, il est "précoce et ne fait que progresser à partir du moment où il s’est montré. Il devient extrêmement intense jusqu^à mériter le nom d’ictère noir. Il reconnaît pour cause habituelle l’oblitération du canal cholédoque par la tumeur. Il peut être dû aussi, dans les cas où l’on trouve ce canal perméable et même dilaté, à un catarrhe des voies biliaires.

Douleur. — Vomissements. — La douleur est également un signe habituel et siège à l’épigastre la plupart "du temps. Elle se présente généralement avec une acuité intense et s’irradie en tous sens ; elle est exacerbée par la pression et le passage des aliments.

Les malades trouvent quelquefois un adoucissement à leurs souffrances en incurvant le corps en avant.

La douleur peut être sourde, mais c’est beaucoup plus rarement qu’on l’observe ainsi.

Elle existe dans presque les 2/3 des cas.

Les vomissements manquent assez rarement ; la coïhcï-

dence de ces deux symptômes d’une part et le météorisme qui les accompagne souvent de l’autre, semblent permettre de leur attribuer une origine péritonéale au lieu de les rattacher, l’un à une névralgie cœliaque, l’autre à, des troubles digestifs.

U anorexie est la règle générale. Les malades ont, le plus souvent, un dégoût plus ou moins grand pour tous les aliments, mais ce dégoût ne paraît pas plus particulièrement marqué pour les aliments gras.

La constipation est fréquente et souvent opiniâtre.

La diarrhée est rare, mais les alternatives de diarrhée et de constipation se rencontrent plus souvent.

U amaigrissement est un signe constant dans la majeure partie des cas, il est : précoce, rapide, considérable.

Stéarrhée. — La présence de substances graisseuses dans les selles des malades, sous forme de boulettes de suif ou de taches d’huile, est un fait rare que nous n’avons relevé que trois fois, quatre au plus.

Dans certains cas, l’examen microscopique des selles par le procédé de Bonnamy, a permis de retrouver des corps gras qu’on n’avait pu apercevoir à l’œil nu.

La glycosurie est un symptôme observé excessivement rarement dans le cancer pancréatique. Nous ne l’avons relevé que deux fois et nous pensons qu’il ne s’agissait que d’une simple coïncidence.

U albuminurie n’est point non plus signalée dans nos observations. C’est vraisemblablement aussi à une simple coïncidence qu’il faut rattacher les cas où ce signe a été noté.

Les troubles circulatoires sont assez fréquents. L 'œdème des membres inférieurs se rencontre dans le 1/4 et Y ascite dans le 1/5 des cas.

Le palper permet le plus souvent de reconnaître : 1° la tumeur qui siège généralement entre le foie et l’ombilic.

2° La vésicule biliaire qui est presque toujours notable ment dilatée.

La température , d’après Bard et Pic, serait hyponormale et atteindrait parfois, à la période ultime, des chiffres extrêmement bas.

Les vomissements graisseux , la lipurie , le ptyalisme , la polydypsie , la sensation de sable au fond de la gorge, le rejet des fibres striées , la mélanodermie, la non décomposition du salol, sont des symptômes qui ont été signalés, mais que nous n’avons pas relevés dans nos observations , ou du moins que nous n’avons rencontrés qu’ exceptionnellement.

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