CLASSIFICATION
Dans son article sus-mentionné paru dans Îa Gazette des hôpitaux, Monsieur Lejars a magistralement classifié les cancers herniaires. Nous reproduirons cette classification :
[. — Tout d’abord, il distingue deux sortes de cancers : le primitif et le secondaire.
a) Le primitif
Monsieur Lejars en relate cinq cas dans son étude ; ce sont :
1° celui de Chauffard : néoplasme de PS iliaque inclus dans une hernie inguinale chez un homme de 52 ans.
2° celui de Dupuytren : retrécissement squirrheux de l'intestin, inclus dans une hernie ombilicale chez une vieille femme.
3° celui de Lewis : tumeur maligne développée dans un vieux sac herniaire.
4 celui de Munaron: hernie inguinale guérie
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rapidement par l’extirpation d’un sac fibro-sarcomateux.
5° celui de Codet: epiplocèle cancéreuse ombilicale limitée à la partie herniée.
Le cas de Monsieur Mauclaire, exposé dans le bulletin de la Société Anatomique en 1900 (tumeur fibreuse du fond du cul-de-sac péritonéal herniare, chez un homme de 65 ans) à son avis même, serait plutôt un cancer secondaire bien qu’il n’ait purelever d'autre tumeur dans l’abdomen du sujet.
Pour Monsieur Lejars, les cancers primitifs seraient plus fréquents que les secondaires. « La hernie serait le siège primitif où le mal se développe ». Il s'appuie sur ce fait que, dans plusieurs autopsies, la néoplasie s’arrêtait nettement au collet du sac «barrière qu’elle ne franchit pas. Elle se limite à la partie herniée, à la portion soumise aux mille traumas (irritation, efforts, taxis, alternatives de réduction et de sortie). Il en déduit ( que l’état de congestion permanente et de sub-inflammation de certaines hernies anciennes, y crée un appel au cancer et à la tuberculose. » — Mais il n’explique pas par quel processus pathogénique.
b) Le secondaire
Il semble cependant, que, plus souvent, le cancer herniaire soit secondaire à un cancer viscéral, soit comme unique métastase, soit consécutivement à une généralisation péritonéale.
Le tube digestif (intestin grêle, gros intestin, estomac) est, de beaucoup, le point de départ le plus fréquent de ces métastases berniaires. Le foie, l’utérus, le péritoine, le mésentère, le testicule, peuvent parfois être le siège du cancer primitif.
1° Unique localisation secondaire.
Monsieur Lejars, dans son étude en relate deux Cas :
a) celui de Canuel : ganglion épiploïque cancéreux inclus dans le sac, consécutif à un cancer du foie.
b) un autre où il s’agit d’une epiplocèle cancéreuse secondaire à un epithelioma de l’utérus.
Cet auteur ajoute : « la hernie seule, dans ces deux cas, avait servi de terrain au processus secondaire ; la carcinose à distance s’y était cantonnée et nulle part elle n'avait laissé d’autres vestiges. L’autopsie fut faite dans les deux cas. »
2° Consécutivement à la généralisation péritonéale: cancéreusc.
Le cas de Raoult (cancer de l'intestin et du péritoine, avec cancer d’une portion d’intestin herniée et du sac herniaire).
Celui de Vaughan (épiplocèle cancéreuse).
Ainsi que les deux malades qu'il nous a été donné d'observer, rentrent dans cette catégorie. :
J. — Monsieur Lejars classifie DT part lis néoplasies herniaires, suivant leurs rapports avec le
Sac herniaire, en intrasacculaires, sacculaires et périsacculaires.
a) Les intrasacculaires sont de beaucoup les plus fréquentes. Monsieur Lejars en relate cinq cas, ceux de Lefort, Chauffard, Dupuytren, Codet et Canuel.
Les sujets de Coley, Raoult, Vaughan et un des nôtres présentaient des cancers intrasacculaires.
Ces néoplasies peuvent intéresser isolement l’intestin, l'epiploon, le mésentère : le plus souvent c’est l’epiploon et l’intestin grêle qui sontatteints ensemble.
- En règle générale, dans ces cancers intrasacculaires, le néoplasme ne reste pas limité au contenu herniaire. Des adhérences se forment entre le contenu et le sac, et la dégénérescenee cancéreuse gagne Je sac.
__b) Puis viennent les sacculaires. Nous en relevons trois cas : ceux de Lewis et de Numaron relatés par Monsieur Lejars, celui de Monsieur Mauclaire.
Un de nos malades présentait également un cancer sacculaire.
c) Les tumeurs malignes périsacculaires sont vraisemblablement très rares, car l’histoire médicale n’en relate pas.
Cette deuxième classification des cancers herniaires présente beaucoup moins d'intérêt que la première. En effet, il est presque impossible de savoir le siège exact du cancer dans une hernie, par un examen clinique — et le saurait-on que l'intérêt
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en serait médiocre, relativement à l'importance que présente le fait de savoir s’il est primitif ou non.
HI. — Enfin pour que notre classification soit complète, il nous reste à signaler les sièges les plus fréquents des cancers herniaires:
Ce sont les hernies inguinales qui présentent le plus souvent cette transformation cancéreuse. Sur les 12 cas relatés par l’histoire médicale, neuf fois ce sont des hernies inguinales.
Les trois autres fois, ce sont des hernies ombilicales. Un de nos malades présentait une hernie ombilicale et l’autre une hernie inguinale.