‹ Contribution à l'Étude du Cancer Iléo-CoecalChapitre 3 sur 36 · GARD · texte numérisé non relu

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Introduction

Dans cette étude du cancer iléo-cæœcal (c'est-àdire du cancer de cette portion du tube intestinal comprenant une partie plus ou moins étendue de l'iléon, une partie plus ou moins étendue du colon, la valvule iléo-cæcale, le cœcum et son appendice), nous nou proposons surtout d'étudier les symptômes qui, dans la plupart des cas, permettront d’établir le diagnostic ferme de cancer iléo-cœcal, puis de démontrer que cette affection réclame presque toujours une intervention chirurgicale.

Nous avons pensé que cette étude du cancer iléocæœcal méritait d’être distraite de celle du cancer de l'intestin en général, d’abord à cause de la fréquence relative du carcinome de cette région qui, après celui du rectum, est le plus fréquent des cancers du tube intestinal, et ensuite parce que cette variété de cancer est ou peut être isolée jusqu'à un certain point de la cavité péritonéale, contrairement aux carcinomes de l'intestin grêle et d’une bonne partie du gros intestin qui se trouvent en pleine cavité péritonéale.

Or, cet avantage qu'offre la région cœcale est

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d'une grande importance, puisqu'il donne la possibilité d'opérer extra-péritonéalement, et si quelque incident d'infection se produit, de le localiser à la région péri-cœcale, où il est beaucoup plus facile d’agir sur lui.

Pour atteindre le but que nous nous proposons :

Dans la première partie de ce travail, nous étudierons successivement l'anatomie pathologique, les symptômes, le diagnostic du cancer iléo-cœcal ; et, avant de parler de l'intervention chirurgicale et de ses résultats, nous envisagerons rapidement le sort qui est réservé à notre cancéreux, quand l'opération est différée.

Dans la deuxième partie, nous citerons, autant que possible, in extenso, toutes les observations publiées sur le sujet qui nous occupe, depuis la thèse du D' Baillet (janvier 1894), ou, tout au moins, toutes celles que nous avons pu recueillir tant en France qu’à l'étranger.

Cette étude repose, d’ailleurs, en grande partie, sur les éléments que contiennent les observations que nous rapportons.

Historique

Les opérations faites sur le cœcum, dans les cas de cancer sont nombreuses : la première entérectomie appartient à Reybard et date de 1835. Mais ce fut un fait isolé, car la résection de l'intestin pour cancer du cœcum ne date véritablement que de 1870. Kraussold en fit une le 21 avril 1870 ; elle fut suivie de mort.

Avec Billroth, Czerny, Salzer, les interventions pour cancer de la région iléo-cœcale, deviennent de plus en plus fréquentes.

Salzer publie un assez gros travail sur les cas de cancer du cœcum opérés par Billroth, de 1881 à 1890.

Czerny,de 1882 à 1890 opère 3 cancers du cœcum, et ces 3 opérations furent suivies de mort.

Jusqu'à cette époque de 1800, les tentatives de résection pour cancer sont marquées ‘häatide: rares exceptions près, par des désastres, sans doute parce que les chirurgiens n’opéraient que les cas graves, dans lesquels ils avaient la main forcée.

Le 13 juillet 1882, M. Haussmann, dans sa thèse de doctorat, fait l’étiologie et l’anatomie-pathologique du cancer de l'intestin, s'étendant assez longuement

‘sur celui de la région cœcale.

La même année 1882, M. du Castel fait paraitre un travail dans les archives générales de médecine, dans lesquelles il étudie l’étiologie, l’anatomie pathologique, les symptômes du cancer de l'extrémité de l'léon. Son étude du cancer de l’iléon est basée sur cinq observations prises dans le service de M. Potain et sur quelques faits relevés la plupart dans les bulletins de la Société anatomique. M. Du Castel envisage le trritement médical de l'affection et se contente de poser les questions suivantes aux chirurgiens :

« Peut-il exister un traitement chirurgical de la maladie ? Pourrait-on tenter avec espérance de succès

l’ablation de la portion cancéreuse de l'intestin ? »

En 1894, le 17 janvier, le D’ Baillet, dans sa thèse de doctorat, intitulée : Résection du segment iléocœcal de l'intestin, rapporte tous les cas de cancer du cœcum opérés Jusqu'en 1894, cite les statistiques de Billroth, de Czerny, et conclut de la façon suivante : « La mortalité de 6 ou 7 sur 21 cas opérés de cancer du segment iléo-cœæcal, n’est en somme, pas très élevée, et, ce serait là un résultat qu’il faudrait considérer comme excellent, si, en pratiquant cette opération, on pouvait prétendre avoir guéri radicalement le malade. Malheureusement, il n’en est pas ainsi : les anciens opérés se rangent en trois catégories, ceux qu'on n'a pas revus, les plus nombreux, ceux qui ont eu une récidive et ceux qui ont paru définitivement guéris. J'ai dit quel doute s'élevait au sujet du bien fondé du diagnostic dans ces cas. »

Ainsi, le D' Baillet conclut à une sage réserve au point de vue opératoire.

La même année 1894, au mois de novembre, au congrès chirurgical de Berlin, Kôrte, chirurgien de Berlin : dans un travail intitulé : « Sur le traitement chirurgical des tumeurs du cœcum »,cite ses propres observations de cancer du cœcum opérés par lui, tous suivis de guérison, et conclut : que dans presque tous les cas de cancer iléo-cœcal, il faut intervenir par l’extirpation de la tumeur et par l’entérorraphie.

Ce chirurgien n'est donc point partisan de la

sage réserve recommandée par Baillet.

En résumé, ei jusqu'à cette époque, on s’est passablement occupé du cancer du cœcum, au point de vue de l'opération, la marche de la maladie, l'allure et les. symptômes de l’affection n’ont été que très peu étudiés.

Nous ne trouvons, en effet, que les deux travaux de Hausmann et de M du Castel, en 1882, qui traitent de l’étude du cancer iléo-cœcal. Or, Hausmann envisage exclusivement le côté anatomo-pathologique de la question, et M. du Castel, lui aussi, étudie surtout l’histologie et l’anatomo-pathologie du cancer de cette région.

Il note cependant les principaux symptômes auxquels donne naissance le carcinome de l’iléon ; mais, il avoue « que les quelques faits qu'il cite ne peuvent lui permettre que de tenter une ébauche de l'affection,

d'autant plus imparfaite, que l’ensemble des faits

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publiés ne vise que des cas très sérieux, ayant donné lieu à des accidents graves ou rares, à grand fracas. »

C’est pourquoi nous nous sommes crus autorisés à essayer de mettre en relief les symptômes du cancer #léo-cœcal, signalés dans les observations que nous avons pu recueillir.

Et, devant la divergence d'opinions qui semble régner parmi les chirurgiens, sur la nécessité ou l’utilité même de l'intervention chirurgicale, divergence dont les conclusions opposées de Baillet et de Kôrte, en 1804, sont la preuve, il ne nous à pas paru inutile de citer les résultats opératoires obtenus depuis l’époque de la thèse de Baillet, dans tous les cas de cancer iléo-cœcal dont nous avons pu prendre

connaissance, aussi bien en France qu’à l'étranger.

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