‹ Contribution à l'étude du cancer laryngéChapitre 12 sur 15 · TRAITEMENT · texte numérisé non relu

TRAITEMENT

Cancer primitif.

Le traitement du cancer primitif peut se diviser en palliatif et curatif.

Le traitement palliatif souvent le seul possible. Il est

d’abord absolument médical et consiste en applications de substances diverses sur la tumeur et les parties voisines, soit à l’aide de pulvérisations, soit préférablement à l’aide de topiques portés directement sur les parties malades, au moyen d’un pinceau ou d’une éponge montée, en s’éclairant avec le laryngoscope.

S’il existe de l’œdème, on retirera des avantages de l’attouchement à l’aide d’une solution faible de nitrate d’argent. Le perchlorure de fer sera employé pour combattre les hémorrhagies des cancers très-vasculaires. L’acide cbromique, en solution concentrée, pourra servira cautériser et détruire certaines parties exubérantes de la tumeur.

Au lieu de se servir de ce caustique, on pourra faire des extirpations et des cautérisations partielles de la tumeur au moyen de l’anse galvanique on de l’écraseur. Autant que possible, on se servira d’instruments hémostatiques afin de se mettre à l’abri des hémorrhagies, qui peuvent être trèsgraves. Ces opérations partielles ne doivent pas être dédaignées, elles peuvent permettre de différer la trachéotomie et, chez quelques malades que ce dernier moyen el fraie, elles peuvent être la seule pratique qui permette de prolonger l’existence. Les mêmes extirpations partielles peuvent être tentées avec avantage après la trachéotomie, soit par l’orifice supérieur du larynx, soit par la plaie de la trachée.

On s’efTorce de |combattre la mauvaise haleine des malades à l’aide de pulvérisation d’acide pliénique ou de permanganate de potasse.

Les douleurs devront être calmées par tous les moyens en notre pouvoir : opiacés, bromure, surtout injections-souscutanées de cblorbydrale de morphine.

Si la déglutition est impossible, on nourrira le malade à l’aide de la sonde œsophagienne. Les complications, abcès du larynx, abcès de voisinage, suppurations ganglionaires, appellent l’attention du médecin et ne doivent pas être négligées.

Il arrive cependant un moment où les phénomènes de suffocation sont tels qu’il faut absolument créer à l’air une issue nouvelle. C’est alors qu’on proposera la trachéotomie comme l’unique chance de salut. Nous conseillons de ne pas attendre trop longtemps pour faire cette opération, et de faire bénéficier le malade du chloroforme. Il faut faire l’ouverture delà trachée aussi bas que possible, afin d’éviter la propagation de la tumeur aux bords de la plaie. Dans (jiielques observations, il est arrivé que les bourgeons cancéreux ont oblitéré l’orifice inférieur de la canule et déterminé ainsi l’asphyxie.

En faisant l’incision loin du larynx, on se mettra pour longtemps à l’abri de cette complication.

Le traitement comprend trois procédés : V l’extir¬

pation de la tumeur parles voies naturelles; 2° l’extirpation de la tumeur par une voie artificielle; 3® l’extirpation non plus de la tumeur, mais du larynx tout entier.

Extirpation de la tumeur par les ^oies naturelles. — Cette opération n’est indiquée que si la tumeur estpédiculée et s’il est possible de la saisir. Elle ne diffère pas de l’ex-

tirpation d’un polype, et on pourra se servir de pinces, de guillotines, de couteaux ou de ciseaux spéciaux. On préférera le galvano-cautère etTécraseur, à cause de l’hémostase réalisée par ces instruments. Généralement le mal, par ce moyen, n’est enlevé qu’en partie et ne tarde pas à récidiver.

Extirpation par les voies artificielles. — On n’y aura recours que s’il n’existe pas d’infection ganglionnaire bien marquée et si les cartilages ne sont pas envahis. La trachéotomie doit être faite au préalable et on cherchera à prévenir l’entrée du sang dans les voies aériennes. Deux procédés sont employés en Allemagne, celui de Rose qui consiste à renverser fortement la tête en arrière, celui de Irendeîenburg ^ qui consiste à faire le tamponnement de la trachée au moyen de la canule-tampon. Celle-ci n’est autre chose qu’une canule un peu plus longue que d’ordinaire et entourée d’une sorte de petit sac en caoutchouc, que l’on peut gonfler à volonté, de manière à oblitérer le calibre delà trachee, tout en ménageant le passage de l’air par le tube central ^ On ouvre ensuite le larynx sur la ligne médiane depuis le cricoïde jusqu a la membrane thyro-hyoïdienne et plus ou moins haut, suivant les cas, on écarte les deux valves de l’organe et on procède à l’extirpation de la tumeur, ou a un véritable curage, s il s’agit d’une tumeur épithéliale.

1. Rose, Verschlag zür Erleichterung der Operationen am Oherkiefer . Arch. fur Klinlscke Chirurgie^ 17® yoL, 3® fascicule, p. 454. — Ce procédé, recommandé par l’auteur pour l’extirpation du maxillaire supérieur, s’applique à toutes les

opérations où il est important d’empêcher l’entrée du sang dans les voies aériennes.

2. Trendelenburg. Die Tamponàde derTraehea, Berlin, Klin. Wochenschrift,

1871, no 19 '

Page 1