‹ Contribution à l'étude du cancer laryngéChapitre 13 sur 15 · Lefort, Médecine opératoire, t. Il, p · texte numérisé non relu

Lefort, Médecine opératoire, t. Il, p

Le larynx étant net de productions étrangères et le sang ayant cessé de couler, on rapproche les deux parties du larynx à l’aide de bandelettes agglutiuatives et^ au bout de peu de temps, la réunion se fait. La canule à trachéotomie est laissée pendant quelques jours dans Touverlure trachéale et retirée ensuite. Par cette opération M. le docteur Fauvel a prolongé de plusieurs années la vie d’une de ses malades.

Obs. XI. — (Tirée de Fauvel). — Résumé.

Mme G., quarante-deux ans, opérée de polype par l’arrachement en 1863, revient en 1866 avec une tumeur arrondie, lisse, rouge foncé, qui s’engage entre les cordes vocales pendant l’expiration et les masque en partie. Pendant deux mois, le docteur Fauvel essaie d’arracher ou de cautériser la tumeur, mais ne peut y parvenir. La laryngotomie est faite par M. Désormeaux, le 3 juillet 1866 ; trois anneaux de la trachée, le cricoïde, le thyroïde, sont sectionnés. La tumeur était presque sessile, d’une couleur rouge lie de vin, de consistanee fongueuse, mamelonnée. Il fallut le bistouri pour la détacher, les derniers restes furent enlevés par le grattage. Les deux parties du larynx sont ensuite rapprochées, et une canule mise dans la partie inférieure de la plaie. La parole revient rauque, mais bien articulée. Dans les premiers jours de 1868, végétations sur le point d’implantation. Une nouvelle laryngotomie est piatiquée dans les premiers jours de mai. Au mois de novembre, de nouvelles végétations apparaissent. Le volume du larynx augmente sur les côtés, les bords de la plaie prennent l’aspect cancéreux et se couvrent de fongosités. Au commencement de l’année 1869, les mouvements de la tête et delà langue deviennent difficiles, la malade meurt parles hémorrhagies et le manque de nourriture, mais non cachectique. Il n existait aucun engorgement ganglionnaire, ni au cou, ni dans la partie supérieure du médiastin. Il s’agissait d’un cancer épithélial. De tout 1 appareil laryngien, l’épiglotte seule était intacte.

Les bénéfices de l’opération sont temporaires. La récidive se fait localement, et, au bout de quelques mois ou de quelfjues années, la moi't arrive par cachexie. Dans le cas cité par Sands, il n’y eut pas de récidive locale, mais le cancer récidiva dans les viscères.

C’est pour éviter la récidive locale que les Allemands ont eu recours à une opération plus radicale, l’extirpation du larynx. Les expériences de Czerny, sur des chiens, en ayant fait entrevoir la possibilité sur l’homme, Billroth, en 1873^, pratiqua la première fois cette opération.

La technique de l’extirpation du larynx a fait l’objet de la thèse d’Hermantier Aussi nous ne ferons qu’en décrire rapidement les principaux temps, renvoyant pour les détails à ce travail.

Comme pour la thyrotomie, la trachéotomie doit être faite au préalable, l’individu étant soumis au chloroforme. On introduit alors dans la trachée, la canule tampon de Trendelenburg. Quelquefois on a eu recours au procédé de Rose.

Procédant alors à l’extirpation elle-même, dans un premier temps, on fait une incision cutanée qui, commençant a deux centimètres au-dessus de l’os hyoïde, se termine à quelque distance de celle nécessitée, parla trachéotomie, On peut faire, si l’on veut, une incision en T, et, dans ce but, de la partie supérieure de la première on fait partir deux incisions à angle droit jusqu’à la rencontre des sternomastoïdiens.

Dans un deuxieme temps on libère le larynx de ses attaches latérales, employant autant que possible des instruments mousses et ne faisant usage du bistouri que pour détacher les muscles. Les artères sont pincées au fur et à mesure qu’on les ouvre.

Dans le troisième temps on enlève le larynx, soit de haut en bas (Maas,) soit de bas en haut (Billroth). Dans ce dernier procédé on sectionne, à la partie inférieure, les attaches

Page 1