‹ Contribution à l'étude du cancer latent de la vessieChapitre 28 sur 35 · OA · texte numérisé non relu

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OBSERVATION XXIV (Civiale !\.

Un malade de Saint, près Coulommiers, éprouvant depuis quelques années des douleurs vésicales, se fit admettre dans mon service, Mais son état était si grave, qu'il suceomba avant même que j'eusse pratiqué les explorations nécessaires pour déterminer la nature de sa maladie.

J'avais remarqué à l'hypogastre deux tumeurs, dont une,plus saillante, occupait le côté gauche. On S'assura, à l’autopsie, que les parois vésicales étaient fort épaisses, et que les tumeurs indiquées étaient formées par des masses de lissu lardacé, qui remplissatent l'excavation pelvienne el une partie de la fosse iliagne gauche. Ces masses faisaienl corps avec les parois de la vessie, dont la cavité ne conservait plus rien de sa forme et de sa couleur normales.

La surface interne de cette cavité était en partie incrustée de matière terreuse, formant en certains endroits plusieurs couches distinctes, et adhérant à la vessie avec tant de force, que les plus profondes de ces couches ne purent être enlevées.

Les glandes inguinales étaient tuméfiées et dégénérées. La cavité abdominale était en partie occupée par des agglomérations glandulaires, également dégénérées, volumineuses, et ramollies dans certains points. Dans le rein droit existaient des graviers. Le rein gauche, plus volumineux que dans l'étatnormal,

contenait plusieurs abcès.

1 Civiale, Traité des maladies des organes qénito-urinaires, Paris, 1858,t. Il, p. 207, obs. VII, (thèse de Pasteau, Paris.

1898, obs. LXXI, p. 160.

OBSERVATION XXV (résumée, Armittage!)

Homme de soixante-cinq ans qui, vingt-deux mois avant sa mort, fut pris de douleurs dans la région sacrée. Ileut, plus tard, à diverses reprises, des hématuries plus ou moins abondantes.

Quand Armittage le vit, il était obligé d’uriner souvent et le faisait avec douleur. Il y avait, en outre, un peu de paralysie de la vessie.

Le toucher rectal fit constater dans la région prostatique une tumeur dure, ayant environ le volume d’un gros œuf d'oie, mais débordant beaucoup plus à gauche qu'à droite. Dans les deux aines, mais plus volumineux à droite, on trouva des ganghons hypertrophiés et durs, et on senlit des lumeurs analogues dans les fosses iliaques.

A l’autopsie, Thompson tronve de petites tumeurs dans la paroi musculaire de la vessie et une plus volumineuse entre la prostate et l'orifice de l’uretère gauche.

La prostate est quatre fois plus grosse qu'à l’état normal.Elle est bosselée, le lobe gauche est plus volumineux que le droit. La vésicule séminale gauche, ouverte, laisse écouler un liquide jaunâtre, épais, contenant des débris de tissu. Elle est très épaissie, et son tissu est infiltré de dépôt cancéreux. Mêmes lésions mais moins avancées de la vésicule séminale droite.

A la coupe, les tissus sont infiltrés d'une matière blanche, d'où découle, à la pression, un abondant suc crémeux. Sous le microscope se rencontrent de nombreuses cellules earactéristi-

ques du cancer.

? Armillage, tn Pasteau, thèse Paris, 1898, p. 111,0bs VIT.

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OBSERVATION XXVI (Philippart!) (résumée).

M..., âgé de quarante-huit ans, était atteint depuis quatorze ou quinze mois de dysurie, puis d'hématurie, Le sang augmenta de plus en plus dans l'urine, qui contenait aussi des débris sphacélés. Au palper abdominal, il existait de la résistance dans la région hypogastrique; la percussion rendait un son clair partout excepté à la région sus-pubienne et dans la fosse iliaque droite, où le palper cons{alail une pléiade de ganglions durs, engorgés el douloureux.

Le membre inférieur droit était très œdématié, depuis sa racine jusqu'au pied.

L'index gauche, introduit dans le rectum, peut constater,vers la cloison recto-vésicale, une tumeur dure, bosselée, irrégulièrement arrondie, de la grosseur d'un poing d'enfant, dont il ne pouvait atteindre la limite supérieure.

Mort de cachexie huit jours après l'examen.

Autopsie : ulcéralions cancéreuses au sommet de la vessie et nombreuses nodosités disséminées çà et là.

A droite, le corps squirreux de la vessie se continue avec une masse ganglionnaire dure, squirreuse, volumineuse, très adhérente à la face postérieure de la branche horizontale du pubis droit, à l’aponévrose des muscles iliaque et psoas réunis, et

allant jusqu'aux ganglions de l’aine également dégénérés.

. # Philippart, Bulletin Acad. roy. méd., Belgique, 1878, 3*serie XII. p. 251, in Pasteau, thèse, Paris, 1898, page 165, obs. LXXIX.

OBSERVATION XX VIT (Féré !) (résumée).

Le nommé X..., âgé de cinquante-sept ans, entre le 15 Janvier 1877 dans le service de M. Guyon, à l'hôpital Necker.

A eu autrefois 2 chaudepisses ; jamais d'accidents jusqu'à 1l y a treize mois.

A cette époque, lenteur de la miclion, sans fréquence ni douleur. Jamais n’a eu d'hématuries. La sonde, depuis quatre mois, a fait rendre quelques graviers. Pas de rétrécissements m1 de calcul vésical. Un peu de pus sur la boule de l'explorateur.

Prostate grosse et bosselée. Vessie dilatée.

18 janvier. — Urines troubles, rougeñtres, avec dépôt abondant.

22 Janvier, — Au pli de l’ane droite, ganglions durs, gros,

glissant sous le doigt. Ganglions 1liaques pris à droite el à qauche,

12 février. — Les tumeurs ont grossi (prostate et ganglions). Perforation du rectum. Urines passant par l'anus.

15 février, — Le malade est pris d’un ictère intense qui se généralise en trente-six heures.

»2 février. — Mort.

Aulopsie. — Noyaux cancéreux dans le foie, peu augmenté de

volume. Reins congeslionnés, sans noyaux cancéreux.

Vessie intacte dans les deux tiers supérieurs, sauf un peu d'inflammalion chronique et d'hypertrophie. Destruction complète de la partie prostatique de lurèlre et de la vessie, avec perforation complète du rectum.

Les ganglions inguinaux et iliaques sont indurés et forment

une masse bosselée, dure, sans suppuralion, etc.

! Féré, Observation XI, thèse de Pasteau, Paris 1898. p.119.

OBSERVATION XXVIII (Adenot t).

Ilexiste de petits ganglions inguinaux des deux côtés, el il est méme facile d'en sentir quelques autres dans la partie inférieure de la fosse iliaque, au-dessus de l’arcade de Fallope. Mais ces ganglions petits sont difficiles à expliquer par la tumeur du canal,

! Adenot, déjà cité à propos d'un cas de cancer latent, p. 56

obs. XVII.

OBSERVATION XXIX (Pasteau !) (résumée).

La nommée Pauline L..., dentelière, âgée de soixante-deux ans, entrée le 28 septembre 1869 à l'hôpital Necker, salle Sainte- Pauline, n° 8, service de M. Guyon.

Cette femme arrive à l'hôpital, pouvant à peine marcher; elle dit avoir les jambes enflées et souffrir beaucoup en urinant, Elle nous montre un petit calcul qu'elle a rendu en 1847, spontanément à la suite d'une colique néphrétique.

A partir de cette époque, elle a eu plusieurs accès de colique.

Depuis quelque temps seulement, elle éprouve des difficultés de plus en plus grandes et des douleurs vives en urinant.

Elle a beaucoup maigri, ses jambes ont enflé, et elle se plaint de douleurs, du côté de la hanche gauche surtout.

Les urines renferment un dépôt de pus abondant.

On sent dans les flancs deux tumeurs sensibles à la pression, celle de gauche parait plus volumineuse que celle de droite, qui donne la sensation d'un reim flottant. En outre, dans la fosse iliaque gauche, on sent une lumeur assez volumineuse.

Parle toucher vaginal, on trouve le col de l'utérus refoulé à droite et en haut, et paraissant sain du reste. Au niveau du col de la vessie, le doigt rencontre une tumeur volumineuse, qui, s'étend en arrière et à gauche, dans la direction de la fosse iliaque, les pressions se communiquent de la fosse iliaque au doigt qui touche. L'exploration de la vessie n'y fait rencontrer aucun calcul.

Pas d'engorgement des ganglions inguinaux.

! Pasteau, observation CI, inédite, thèse Paris, 1895,p. 181.

La malade reste dans le même état les Jours suivants; fièvre tous les soirs, amaigrissement extrême, mictions accompagnées de vives douleurs. Elle meurt le 10 octobre,

Aulopsie !. — Poumons, foie, rate, intestins, cœur ne présentent rien de particulier. :

Les deux reins sont convertis en deux tumeurs volumineuses

Le rein gauche est transformé en poche purulente et adhère aux organes voisins.

Le rein droit est complètement rempli par de gros calculs brunâtres qui se ramifient dans le bassinet, les calices et la substance même du rein.

Nombreux ganglions iliaques externes et internes jusqu'à la bifurcation de l'iliaque primitive. Ganglions le long de l’uretère gauche.

Vessie ouverte est petite, remplie de liquide puriforme, Son bas-fond et une grande partie de sa face postérieure sont occupés par une grosse tumeur végétante, mamelonnée, recouverte en partie par la muqueuse, qui présente des ulcérations anfractueuses à son niveau.

L'examen microscopique de la tumeur iliaque et du fongus de la vessie démontre qu'ils sont composés du même lissu, c'est un épithélioma pavimenteux lobulé, formé de grandes cellules pavimenteuses, larges et aplaties, polyédriques, Den iAnteu un noyau et de nombreuses granulations graisseuses.

La muqueuse vésicale, dans le reste de son étendue, est chroniquement enflammée, le derme muqueux est épaissi et vasculaire, le revêtement épithélial a disparu ?

! Musée de Necker, pièce n° 34.

? N. Hallé, Ann. gén. urin., 1890, p. 585.

OBSERVATION XXX (Pasteau!) (résumée).

Le nommé D... Henri, fondeur en cristaux, âgé de soixante-, huit ans, entre le 11 avril 1890, à l'hôpital Necker, salle Velpeau, n° 18, service de M. le professeur Guyon.

En octobre 1889, sans cause appréciable, apparaît une héma- Lurie assez abondante; le malade, qui avait de la fréquence des mictions depuis quelque temps, pisse du sang pur; puis l'état s'améliore, et les phénomènes morbides disparaissent pendant cinq mois.

Vers le 20 mars 1890, retour de l'hématurie; le malade entre à l'hôpital Lariboïsière, puis vient consulter à Necker.

Grand amaigrissement maisnéanmoins assez bon état général.

Grâce à l'emploi de la cocaïne, la vessie irritable permet un examen à l'endoscope de Leiler, au moyen duquel on constate une surface néoplasique assez étendue.

Le malade, qui avait demandé à sortir le 2 juin et qui était sensiblement amélioré, revient à l'hôpital le 2 février 1891.

I n'a eu depuis son départ ni douleur ni hématurie, mais, il y à huit jours, est apparue à la fin de la miction une sensation de brûlure qui à persisté depuis. Il n'y a pas de sang dans les

urines, mais elles sont très fétides

3 et 4 février. — Apparait sans cause une hématurie assez abondante.

14 février — M. Guyon constate que les deux reins sont

volumineux et qu'il exisle des ganglions très nettement appréciables dans la fosse iliaque gauche. Le toucher rectal permet de sentir du côté gauche un néoplasme qui arrive jusqu'à la ligne médiane.

1 mai, — Le malade ne souffrant plus demande à quitter l'hopital.

* Pasteau, Observation inédite, n° CVIIE, thèse Paris 1898. D: 190.

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OBSERVATION XXXI (Pasteau !) (résumée).

Le nommé P..., hôtelier, âgé de cinquante-neuf ans, entre le 3 juillet à l'hôpital Necker, salle Velpeau, n° 13, service de M. le professeur Guyon.

Chancre induré en 1864. Blennorragie en 1880. Troubles dyspeptiques depuis 1890.

Depuis juin 1874, symptômes de cystite, mictions fréquentes toutes les vingt minutes, jour et nuit.

Urines troubles, fétides, mais cependant pas de douleur à la miction. ;

Pendant la semaine qui a précédé l'entrée à lhôpital, le malade a uriné deux fois du sang.

L'explorateur métallique évolue facilement dans la moitié droite de la vessie et non à gauche.

Le simple palper superficiel fait sentir une masse volumineuse dans la fosse iliaque qauche.Du même côté, il existe audessus de la clavicule un paquet ganglionnaire.

16 juillet, — Le malade allant mienx quitte l'hépilal.

! Observation inédite n° CXXII, p. 208.

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OBSERVATION XXXIT (Pasteau!) (résumée).

Le nommé Léon D..., employé, âgé de vingt-huit ans, entré le 20 avril 1890 à l'hôpital Necker, salle Velpeau, n° 25, service de M. le professeur Guyon.

Se plaignait déjà depuis trois ans de phénomènes de eystite intense et d'hématurie qui avaient fait penser à de la tubereulose urinaire, étant donné l'état d'anémie et d'amaigrissement du malade.

Par la cystoscopie on diagnostiqua un néoplasme pédiculé que M. le professeur Guyon extirpa le 28 avril 1890. C'était un épithélioma papillaire pavimenteux.

Il quitta l'hôpital au début de juin 1890.

Il y revint en septembre 1892, ayant eu de nouvelles hémaluries.

Un nouvel examen au cystoscope permit de constater un épithéhioma sessile d'assez grande étendue, qui fut eñlevé par M. Albarran le 9 septembre. Le malade quitta le service en novembre.

15 Juillet 1895, 30 septembre 1896. — Le malade fait des séjours successifs à cause d'hématuries rebelles qui nécessitent chaque fois une taille hypogastrique, que pratique M. Albarran.

La tumeur, d'abord pédiculée puis sessile, s'est infiltrée.

9 novembre 1896. — Le malade quitte le service, la cicatrice est parfaite.

On apprend la mort du malade en mars 1897; quelque temps avant on avail pu constaler la présence de ganglions dans les deux fosses iliaques.

! Observalion personnelle. n° CXXVI, p. 2r1. La première

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