CHAPITRE IV
ADÉNOPATHIE ILIAQUE CONSTATÉE CLINIQUEMENT AU COURS DE CANCERS VÉSICAUX
Les deux cas de notre maître, M. le professeur Rochet, ne sont pas des raretés au point de vue de l’engorgement ganglionnaire, témoin les douze observa- {ions qui suivent, et dans lesquelles nous ne disons pas quil y a eu cancer latent, ni que les ganglions ont servi à établir un diagnostic douteux, mais où cette constalation des ganglions iliaques, au cours de néoplasmes de la vessie bien et dûment diagnostiqués, à été faite cliniquement.
M. Albarran ! semble d'ailleurs partager notre ma: mière de voir au sujel de celte adénopathie iliaque. « À l'hôpital, j'ai vu, dit-1l, tout dernièrement, un homme atteint de cancer de la vessie avec une grosse masse ganglionnaire dans la fosse iliaque droite, mais le malade ayant quitté le service, je n'ai pu suivre son observation. »
Il est vrai que ce n'est pas sans de longues diseussions que celle propagation ganglionnaire a été admise pour
les tumeurs de la vessie.
A lbarran loc crl,; p.68.
AT 0e
« Jusqu'à ces dernières années, dit M. Pasteau !, 1l était absolument classique de déclarer que les néoplasmes vésicaux ne s'accompagnaient jamais d’adénopathie. »
En 1886, M. Guyon* n’avail trouvé que quatre observalions dans lesquelles les ganglions étaient envahis, el encore le cancer n'élait-1l pas limité à la vessie seule.
Il faut chercher la raison de cette manière de voir dans l'absence, paraît-il, des Iymphatiques de la vessie, absence qui isolait en quelque sorte les néoplasmes de cet organe du reste de l’économie.
3 avaient les mêmes idées,
Les chirurgiens étrangers et les rares tumeurs limitées à la vessie et qui avaient donné lieu à des adénopathies ilhiaques ou lombaires, élaient considérées comme des exceptions.
Lacaze-Dori * pourtant, admit l'adénopathie dans les cas de cancer encéphaloïde ; Billroth? et Féréf furent également de cet avis.
En 1890, Guiard? déclare que « cette recherche du retentissement ganglionnaire restera le plus souvent
négalive el, en tout cas, quelle est si exceptionnelle,
! Pasteau, thèse Paris 1898-1899, p. 47.
? Guyon, congrès français chirurgie (Ann. org. qén.-urin. 1886, p. 662).
5 E. Küster, Voläman Sammbung klin. Vortrage, 1886, P. 2399.
4 Lacaze-Dori, th. Paris 1852,
® Billroth, HOT chir. gén. 1868, p. 783.
5 Kéré. Mémoire, Paris 1881.
7 Guiard, Du diagnostic des néoplasmes vésicaux. (Arch.gén. de méd., 1891, p. 269.
qu'on ne peut vraiment pas lui accorder en pratique une valeur positive ». Tel n’est pas notre avis, et, dans l'ensemble, les propagations Iymphathiques dans les Lumeurs de la vessie sont assez fréquentes, surtout quand il s’agit de néoplasmes infiltrés.
Bien qu'il soit rare de trouver les ganglions ihaques chiniquement, à cause de leur grande profondeur, nos observations montrent que cela est possible.
D'ailleurs, parmi ces ganglions, il en est qui se sentent toujours facilement. Ce sont ceux quise trouvent sur le bord du détroit supérieur, le long des vaisseaux ilaques, externes ou prinuuifs. Formant des masses ordinairement très volumineuses, 1ls débordent dans la fosse 1liaque et sont facilement perceptibles audessus de l’arcade crurale.
TABLEAU
Des observations de cancers vésicaux
où des ganglions iliaques ont été trouvés
CLINIQUEMENT
Nos
JL
Observations de cancers vésicaux ou l’on a trouvé CLINIQUEMENT des ganglions dans les fosses iliaques
AUTEURS fudicalions bioliographiques
Civiale, Trailé des maladies des organes qén.-urin., Paris 1858, t.II, p: 207.
Armittage, in THompson, 1861, p27d.
Phillipart, Bull.
acad. roy. méd.| Belgique, 1878.
ASSEDIC NCIS p: 291.
Féré, Mémoire, Paris, 1881. Obs.
NO ne opt
Adenot, Lyon médical,1895,p.310.
Pasteau, Thèse Paris 1898. Obs. 101 (inédite), p. 191.
Ibid. Obser. 108, P: 190.
Ibid. Obser. 122
Ibid. Obs. 126 (personnelle), p.211.
Ibid. Obs. 127 (inédite), p. 213.
Ibid. Obs. 128 (inédite), p. 213.
Ibid.Obs. 129 ea
sonnelle), p. 129.
MNINSEXE
IH
IH
IT
LÉSIONS VÉSICALES
Epithélioma,.
Cancer de la musculeuse.
Uleération cancc-
reuse du sommet.
Cancer du col.
Cancer du bas-fond.
Epithélioma infiltré de la paroi postérieure.
Cancer villeux in-
filtré.
Cancer infiltré.
Cancroïde, Cancer infiltré.
Cancer infiliré.
EÉpithélioma infiltré
CONSTATATIONS CLENIQUES
Masse ganglionnaire dans fosse iliaque gauche.
Masses dures dans les deux fosses iliaques.
Ganglions durs, engorgés, dlouloureux par palper, dans fosse iliaque droite.
Ganglions pris à droite et à gauche.
Ganglions perçus à la partie inférieure de la fosse iliaque, au-dessus de l’arcade de Fallope,
Masse dans fosse iliaque gauche.
Masse ganglionnaire dans fosse iliaque gauche.
Au palper, on sent ganglions dans fosse iliaque gauche
Ganglions dans deux fosses iliaques.
Ganglions dans fosse iliaque droite.
Ganglions dans fosses iliaques droite et gauche.
Ganglions produisant empâätement dans fosse iliaque sauche.
iliaques ||