‹ Contribution à l'étude du cancer primitif de l'appendice vermiformeChapitre 3 sur 5 · partie moyenne de ce qui restait du pédicule, la troisième au · texte numérisé non relu

partie moyenne de ce qui restait du pédicule, la troisième au

centre et la quatrième au fond du sac. Les coupes montrent une

sclérose des parois de l’appendice, sclérose très avancée au niveau

du pédicule et de la portion moyenne de la poche ectasiée. A ce

niveau, la surface interne est encroûtée de sels calcaires. En bas,

cette sclérose, moins avancée, laisse reconnaissable les couches sous-muqueuse et musculaire. Sur cette sclérose se greffe une inflammation récente, surtout prononcée au niveau de la couche sous-péritonéale. Enfin, au niveau du pédicule, bordant la sclérose et l'envahissant nettement, s’observe une production épithéliale œdémateuse végétante, qui cependant n’arrive en aucun point des coupes à pénétrer jusqu’au péritoine. Cette tumeur présente un

double intérêt puisque, au point de vue clinique, elle a évolué sans bruit ; que son volume et sa forme m’ont fait penser à une tumeur des annexes et qu’au point de vue anatomique, il s’agit d’un bel exemple d’ectasie générale de l’appendice, ectasie compliquée d’épithélioma localisé au pédicule. La torsion de ce dernier a réalisé la formation d’une cavité close, et cette torsion a eu pour

conséquence l’inflammation de la poche ectasiée.

Obs. XX. — Kelly, University med. magazine , 1900-1901. —

Carcinome de V appendice.

L’observation clinique de ce cas ne put être trouvée.

Examen macroscopique de l’appendice, le 22 novembre 1898.

— Il fut incisé le 18 février 1898. L’appendice pèse 8 grammes ; il a 11 centimètres de long; le diamètre extérieur, à son extrémité proximale, mesure 8 millimètres, et cela sur une longueur de 3 centimètres; au delà, il mesure 1/2 centimètre jusqu’à la pointe. L’organe est irrégulier et, dans ses deux tiers proximaux, de coloration verdâtre, amolli et nécrotique. La paroi du tiers distal est épaissie et congestionnée ; la lumière mesure 4 millimètres à l’extrémité cœcale, décroît graduellement jusqu’à la pointe où elle ne mesure plus que 1 millimètre. La muqueuse est congestionnée et ulcérée vers l’extrémité proximale. Vers la pointe, les phénomènes d’inflammation sont moins marqués; la lumière contient un peu de matière muco-purulente. Ensemencée, celle-ci donne des cultures pures de bacterium coli-commune.

Examen microscopique. — On observe des lésions d’appendicite ulcéreuse très intenses ; le méso-appendice est également le siège de lésions infammatoires marquées. En outre, il y a en un point, une néo-formation de 6 millimètres de diamètre; elle comprend la muqueuse et la sub-muqueuse ; la couche musculaire est saine, sauf un certain degré d’atrophie due à la compression opérée par le néoplasme contre la couche séreuse résistante de l’organe. 11 y a de légères indications de couche muqueuse qui se compose du réticulum ordinaire de la muqueuse, siège d’infiltration de cellules rondes et en voie de prolifération, et de quelques glandes de

Lieberkhün hyperplasiées et kystiques. Aucune trace d’épithélium bordant la lumière. La tumeur se compose d’un stroma connectif qui forme des alvéoles à l’intérieur desquelles se trouvent des cellules épithéliales. Ces cellules sont disposées en nids ; elles sont grandes et ovoïdes, quelques-unes très grandes et rondes, d’autres allongées et étroites. Ils se composent presque uniquement de masses solides de cellules. Les cellules, individuellement, sont polygonales, par pression réciproque; elles sont nettement épithéliales, avec des noyaux gros, clairs, vésiculaires et bien colorés. Le stroma, relativement peu visible, se compose de bandes étroites de tissu connectif fibreux avec quelques cellules allongées à noyau en forme de verges. Vraisemblablement, la sub-muqueuse est altérée. Il y a aussi de l’infiltration de cellules rondes; les vaisseaux sont peu visibles.

Obs. XXL — Idem, ibid.

La malade. E. S..., est une femme mariée, âgée de 24 ans, admise à l’hôpital allemand en mars 24, 1898. Père et mère morts tuberculeux pulmonaires; un frère et une sœur morts en bas-âge, de maladies indéterminées.

Elle a eu la rougeole, la scarlatine et la typhoïde à 19 ans. Réglée à 9 ans, régulièrement depuis l’âge de 10 ans; les règles duraient trois jours, étaient accompagnées de maux de reins et de céphalée avec nausées. Elle avait de la leucorrhée. Un an avant son admission, elle avait eu une crise de douleurs abdominales survenue brusquement avec vomissements. La douleur semblait être diffuse et rien de plus.’ Depuis elle eut trois nouvelles crises, dont la dernière trois semaines avant son entrée à l’hôpital. Elle eut de la douleur abdominale diffuse avec des vomissements. La douleur se localisa dans la fosse iliaque droite, où persista une sensibilité constante ; appétit diminué; constipation. En février 1898, on l’opéra pour une fistule anale.

Cœur, poumon, rien. A la palpation de l’abdomen on délimite l’appendice qui pointe vers le haut. Le toucher vaginal ne donne

rien.

On l’opéra en mars 28, 1898. L’appendice fut trouvé libre et excisé. Suture à la soie pour le cæcum, et au (boyau de vers à soie)? pour fermer l’abdomen ; la plaie fut recouverte d’une feuille d’étain aseptique; les sutures furent enlevées le 3 avril. Guérison inespérée.

Examen microscopique. — 9 centimètres de long ; diamètre variant de 7 à 5 millimètres à la pointe. Intérieurement l’appendice était rouge-bleuâtre ; les parois d’épaisseur normale ; la lumière de 2 millimètres de diamètre partout. La muqueuse est épaissie et congestionnée partout. Pas de méso.

A l’examen microscopique, on trouve des lésions d’inflammation chronique et d’appendicite interstitielle, mais peu intenses. Epaississement des vaisseaux sanguins. En un point, vers la base de l’appendice, on voit de l’infiltration de la paroi ; la disposition des cellules varie : par endroits elles s’infiltrent entre les faisceaux du tissu connectif fibreux, ou entre les paquets de fibres musculaires; en colonnes étroites d’une ou deux cellules d’épaisseur, et de dix à vingt cellules de longueur. Souvent pointues à leurs extrémités, bien que sur certaines coupes elles paraissent arrondies. Elles paraissent en rapport intime avec le stroma connectif environnant. En d’autres points les cellules sont plus épaisses et courtes, rondes, ovoïdes et irrégulières ; enfin, en d’autres points encore, elles sont, massives et irrégulières de contour. En ces points il y a une disposition plexiforme distincte et une sorte de trame anastomotique. Les travées de ces dernières cellules sont étroites, sauf en leur point de croisement. Non seulement les colonnes étroites de cellules montrent une association intime apparente avec le stroma -

environnant, mais une telle association est générale dans toute la tumeur; c’est-à-dire sans démarcation nette entre les nids de cellules de la tumeur et le stroma. Les espaces clairs qui entourent généralement des nids de cellules font défaut. En certains points, il y a un espace clair autour d’une masse de cellules, mais ceci est ordinairement dans des nids de cellules ; c’est-à-dire que des cellules en une seule couche conservent une attache avec le stroma environnant, malgré la rétraction des autres cellules du même groupe. Les cellules sont polygonales et irrégulières ; d’au-

très, celles qui sont vers les extrémités pointues des colonnes étroites sont aplaties. Leur noyau est modérément gros, bien coloré et d’une façon diffuse. Le stroma supportant les cellules néoplasiques consiste en partie en tissu connectif fibreux et en partie en fibres musculaires lisses, tissu normal de l’appendice. Le tissu connectif fibreux présente par place relativement peu de cellules et beaucoup de substance inter-cellulaire, par place homogène et évidemment le siège d’une dégénérescence hyaline. Même dans les grandes collections de cellules néoplasiques, on peut découvrir le stroma. Il se compose de trahécules fines qui divisent ces grandes plages en plus petites.

Obs. XXII. — Idem, ibid.

La malade, homme J. H. . ., âgé de 18 ans, est admis à l’hôpital allemand en mars 11, 1899. Père et mère, quatre frères, cinq sœurs sont en bonne santé; un frère et une sœur morts en bas-âge, de cause indéterminée.

Bien portant jusqu’il y a huit jours, il fut pris brusquement de douleurs abdominales en forme de crampe; le troisième jour il vomit un peu de mucus spumeux ; et ce jour-là la douleur se localisa à la fosse iliaque. Il fut purgé plusieurs fois. Après son admission la douleur persista ; il est soulagé en pliant la cuisse droite. On trouve une légère tuméfaction, de la sensibilité dans la fosse iliaque droite et de la contracture musculaire. La palpation montre une tumeur d’environ trois pouces de diamètre ; peu d’appétit, mais pas de céphalée. Température à l’admission 102° F.; les jours suivants 103°2.

A l’opération, le 12 mars, la tête du colon et l’appendice furent trouvés entourés de pus encapsulé ; on évacua et excisa l’appendice : drainage avec tube de caoutchouc et gaze ; le malade guérit.

Examen microscopique. — 5 centimètres de long, 1 centimètre d’épaisseur dans toute son étendue. L’appendice est enflammé et congestionné, recouvert d’un exsudât purulent et fibrineux, décoloré ; une fois nettoyé, on trouve l’organe très contourné. Des ensemencements donnent du bactérium coli commune en culture pure.

Examen microscopique. — Lésions d’appendicite ulcérante. De plus, vers la base de l’appendice, il y a une petite tumeur qui, dans une section, occupe presque les trois quarts du champ microscopique (Objectif A. A. Zeiss : oculaire 2); situé entièrement dans la sub-muqueuse ; la muqueuse est intacte. Cette tumeur consiste en cellules qui infiltrent la sub-muqueuse et sont disposées en masses solides ou nids, de grosseur et de conformation variées : la plupart très petites ; quelques-unes sont relativement grandes ; certaines sont rondes, d’autres très irrégulières ; les cellules sont épithéliales en apparence, d’une grosseur moyenne et leur noyau vésiculaire, se colorant bien. Le stroma qui sert d’appui se compose de la submuqueuse altérée avec de légères traces de réaction inflammatoire. Sur certaines coupes il y a un peu d’infiltration des couches musculaires par les cellules néoplasiques.

Obs. XXIII. - Idem. — Ibid.

. . . . sk 4 , . • :

Le malade, homme, T. R..., âgée de 63 ans, fut admis à l’hôpital allemand en août 11, 1899. Père et mère morts de cause indéterminée ; rien du côté des frères et sœurs. A part les maladies ordinaires de la première enfance et des rhumes pendant l’hiver, il jouit d’une bonne santé. Récemment il a commencé à se plaindre de crises de douleur abdominale plus forte dans la fosse iliaque droite, avec constipation. Quand la crise était forte, elle s’accompagnait de nausées et de vomissements. Ces temps derniers les crises ont été plus fréquentes ; elles furent toujours soulagées par une purgation libre.

A son entrée à l’hôpital il se plaignait des symptômes précédents et surtout de douleur dans la fosse iliaque droite. Température

normale ; pouls 116.

Opération le 17 août. — L’appendice adhère fortement aux parties voisines, on libère les adhérences ; on excise l’appendice et on suture le cæcum. L’appendice et les intestins sont semés de nombreux nodules miliaires blanchâtres ou blanc grisâtres, qui font penser à la tuberculose miliaire. Les ganglions lombaires rétropéritonéaux sont envahis.

Les jours suivants la température à 110° F; puis 102° 4 ; le malade allait bien cependant. Le soir du sixième jour, la température tomba à 99°.

Le lendemain on enleva les points de suture : il y avait réunion parfaite partout ; l’abdomen était plat, le pouls rapide. Le malade toussait un peu. Le soir du jour où les sutures furent enlevées, on remarqua que le bandage était taché de sang. En l’enlevant on vit l’incision largement ouverte et les intestins apparaître au dehors ; il semblait n’y avoir eu aucune réunion ni du péritoine ni de la paroi abdominale. On endormit le malade à l’éther et l’incision fut suturée de nouveau.

Le malade fut très ébranlé ; son pouls faible à 70 pulsations ot, il mourut sept heures après.

La nécropsie ne put être faite.

Examen microscopique. — 2 centimètres de long ; diamètre variant de 1 à 2 centimètres, avec un étranglement vers le milieu ; l’organe est ferme au toucher et modérément congestionné. A la surface, nombre de petits nodules miliaires, blanc-grisâtre, donnant l’idée de tuberculose.

Des sections de l’organe furent faites en trois points différents ; rien d’anormal n’apparaît ; il y a une cavité appendiculaire depuis le cæcum jusque vers le milieu de l’organe. On ne trouve sur les coupes aucune indication de muqueuse ni de follicules lymphatiques : celles de la pointe montrent l’absence de la lumière ; avec difficulté, on découvre de ci de là la sub-muqueuse et la > muscularis mucosœ contournée et altérée. Sur la paroi de l’appendice et dans ce qui peut être pris pour la sub-muqueuse, il y a des nids de cellules qui varient beaucoup en grosseur et en configuration. Dans la sub-muqueuse l’arrangement est très irrégulier; dans les couches musculaires elles courent entre les paquets de fibres musculaires et suivant leur direction. La plupart du temps, ces nids sont allongés et étroits ; beaucoup cependant sont très irréguliers de forme ; quelques-uns sont très grands ; la plupart ressemblent à des cylindres creux composés d’une seule couche de cellules, entourant une lumière claire ; dans quelques points il y a une double ou une triple assise de cellules ; dans d’autres, il y a des

CLAUDE

nids pleins. Les cellules ont nettement le caractère épithélial : basses, cylindriques ou cubiques ; dans les nids pleins, elles sont polyédriques ; noyaux relativement gros, vésiculaires, bien colorés; dans le stroma composé de la sub-muqueuse et de la musculaire, il y a une quantité moyenne de cellules rondes infiltrées. Le méso est le siège d’infiltration carcinomateuse.

Obs. XXIY. — Christel (de Metz) Centralblatt für Chir ., 1900.

Excision, le 20 octobre 1900, d’un appendice gros comme le petit doigt, et qui, à un demi centimètre au-dessous de son émergence cœcale, était occupé par un cancer primitif gros comme une noisette. 11 était fixé dans la fossette iléo-eœcale par des adhérences solides.

Obs. XXY. — Whipham [The Lancet , 1901). — Carcinome 'primitif

de V appendice ver mi foi me.

La malade, âgée de 45 ans, entre à l’hôpital Saint-Georges le 11 septembre 1900, dans le service du Dr Turner, pour une enflure du ventre et une tumeur de la région iliaque gauche, laquelle est diagnostiquée carcinome. L’intervention chirurgicale étant déclarée impossible, elle fut transportée dans le service duDr Penrose. Rien de remarquable dans les antécédents de la malade, elle a toujours joui d’une bonne santé jusque cinq ou six semaines avant son entrée. Depuis cette date, elle a très rapidement perdu son embonpoint et ses forces ; et il y a une quinzaine de jours, elle fit cette remarque que son estomac était enflé et qu’elle émettait fort peu d’urine. La défécation était normale et régulière. A son entrée à l’hôpital, on note une émaciation très marquée et le teint jaune des cancéreux. L’abdomen est distendu, la peau blanche et luisante, avec de l’œdème des parties basses ; les veines superficielles de l’abdomen sont développées, ainsi que celles de la face externe de la poitrine. Dans la fosse iliaque gauche et dans la partie voisine de l’hypogastre était une masse irrégulière et dure, d’environ la grosseur de deux poings, et plongeant dans le bassin. Il y avait de la matité dans les flancs, bien que la position n’ait pas été changée,

et le battement comme d’un fluide vide dans le péritoine ; le foie n’était pas élargi; léger œdème aux jambes. Par le rectum, on sentait une large masse occupant le cul-de-sac de Douglas ; mais le toucher vaginal, pratiqué par le Dr Stalb, ne donnait pas d’autres renseignements. On ne percevait pas de ganglions ; l’urine était normale et la température pas élevée.

La maladie suivit un cours régulièrement déclinant, avec de temps en temps des vomissements ; on soulage la malade avec de la morphine et la mort survint le 3 octobre.

Autopsie. — L’abdomen est très distendu par Pascite ; le péritoine viscéral et pariétal est semé de nombreuses excroissances, on en trouve également sur la face inférieure du diaphragme ; les intestins semblent tressés ensemble ; l’épiploon est infiltré et épaissi ; il y a des ganglions mésentériques. Dans toute sa longueur la muqueuse du tube digestif est intacte, sauf dans la portion voisine de l’origine de l'appendice qui est le siège d’une tumeur ; un ou deux noyaux secondaires de la grosseur d’un pois dans le foie. L’ovaire gauche est transformé en une masse mesurant cinq à six pouces, à surface irrégulière et présentant quelques kystes. A droite on trouve un kvste uniloculaire du volume d’une balle de

cricket; mais de ce côté, l’ovaire ne montre aucun signe de noyaux secondaires. Les ganglions du cou, ceux du médiasiin antérieur et de Paine sont durs et volumineux.

A Pœil nu les sections transversales de l’appendice montraient une augmentation notable des parois avec comparativement de l’amincissement des couches musculaires ; le péritoine semble normal. La muqueuse est remplie de carcinome à cellules sphéroïdales ; quelques tubes de glandes montrent une prolifération des cellules ; les couches musculaires sont moins envahies.

Ceci montre que c’est cette portion du tube digestif qui fut le point de départ, et le carcinome de l’ovaire secondaire par généralisation.

Obs. XXVI. — Lejars

'Vî ■ -, ri i t • .• (

11 s’agit d’un homme de C11 ans, pâle, d’aspect un peu chétif et amaigri qui m’était envoyé à l’hôpital Tenon, à la fin de juillet

1902, par mon collègue le Dr Lamy, pour être opéré d’appendicite à froid.

Depuis le mois d’avril, il avait eu, en effet, une série de petites crises douloureuses, larvées, sans vomissements et caractérisées surtout par des douleurs dans la fosse iliaque droite, les reins et la région épigastrique. Cet état de souffrance se prolongeait deux ou trois semaines, puis faisait place à une période d’accalmie. En juillet la douleur iliaque avait reparu plus intense, l’appétit était

mauvais et l’amaigrissement s’accentuait.

A l’exploration, on provoquait une douleur nette au point de Mac-Burney, et l’on trouvait, dans la région correspondante, une sorte de cordonnet épais, vertical, bien caractérisé. Le diagnostic d’appendicite chronique ne semblait donc pas douteux : tout au plus, devait-on faire quelques réserves, en présence de l’état général du malade, sur la possibilité d’une origine tuberculeuse.

Opération le 26 juillet. — Je fis l’incision de Jalaguier, et, sans peine, j’amenai au dehors un appendice dont le volume, la longueur, la consistance et l’aspect blanc, presque laiteux, nous frappèrent tout de suite. Il n’v avait pas d’adhérence, pas de foyer . à proprement parler. Après ligature et section du méso, l’appendice fut excisé, à quelques millimètres de son émergence cœcale, par le procédé qui nous est habituel : Incision circulaire de la tunique musculaire et retroussement d’une petite manchette ; ligature du cylindre muqueux au catgut et section au thermocautère. Au niveau de la surface de coupe, les tissus appendiculaires avaient tous leur aspect normal ; la manchette fut donc rabattue et réunie par quelques points, et le petit moignon enfoui dans un pli de la paroi cœcale. Le cæcum ne présentait absolument rien d’anormal, pas plus que le segment iléo-cœcal du mésentère ; le méso appendice était souple et mince; aucun ganglion n’attire notre attention. La paroi abdominale fut donc réunie comme à l’ordinaire.

Tout alla bien dans les douze premiers jours ; pas de réaction, plaie réunie per primam. Le 15 août, l’opéré quittait le service ayant repris de l’appétit, mais faible encore. 11 dut chez lui reprendre le lit, et, jusqu'à la fin de septembre, il resta dans un état de plus en plus précaire, sans accidents bruyants, toutefois, n’ayant ni

diarrhée, ni vomissements et très peu de douleurs, mais s’amaigrissant de plus en plus. On nous le ramena dans le courant d’octobre ; les douleurs avaient alors reparu et, avec elles, l’abus de la morphine ; le faciès terreux, jaunâtre et l’aspect cachectique ne laissaient pas de doute sur la nature de la récidive. D’ailleurs, l’examen histologique pratiqué par le Dr Ménétrier, avait démontré que l’appendice, eirlevé en juillet, était épithéliomateux : et, d’autre part, à l’examen local, nous trouvions le ventre gros, tendu, mat sur une assez large zone dans les deux fosses iliaques, surtout à droite ; de ce côté, on percevait une série de grosses bosselures,

réunies en une masse commune, dure; immobile, semblait-il, et qui se prolongeait vers le flanc. On trouvait, de plus, quelques ganglions dans la fosse sus-claviculaire gauche, et, sous la paroi de l'abdomen, à gauche de l’ombilic, une tumeur ronde, dure, souscutanée, des plus suspectes.

Sur les instances du malade, nous fîmes une incision iliaque, k qui ne devait être qu'exploratrice et devait servir, tout au moins, à évacuer l’ascite; il s’écoula, en effet, une quantité notable de . liquide rougeâtre, et nous trouvâmes le cæcum transformé en une tumeur épaisse, bosselée, qui remontait sur le colon ascendant, qui s’infiltrait dans le mésentère voisin et le long du péritoine iliaque, et qui formait un bloc dur, absolument adhérent et fixe. Aucune indication ne pouvait être remplie, et le ventre fut refermé.

Cette intervention ,fut, d’ailleurs, bien supportée et améliora même quelque peu l’état du malade et ses souffrances. Il rentra chez lui au bout de quelques semaines, et nous n'insistons pas sur l’avenir qui lui est réservé.

J’ajoute qu’au cours de cette dernière intervention, nous avions enlevé aussi le noyau sous-cutané de la paroi abdominale ; l’examen qui en a été pratiqué par M. Ménétrier a montré qu’il s’agissait bien* d’un nodule de généralisation.

Examen histologique par M. Ménétrier. — Les coupes ont porté à diverses hauteurs de l’appendice enlevé, depuis son point d’implantation jusqu’à son extrémité. Sur toutes, les lésions se présentent avec la même apparence, et en aucune d’elles on ne

trouve trace de la muqueuse appendiculaire normale, de ses glandes ni des follicules lymphatiques sous-muqueux ; tous ces éléments sont partout remplacés par du tissu néoplasique.

La cavité de l’appendice est conservée, elle renferme seulement par places des amas de globules rouges et quelques leucocytes polynucléaires ; elle est limitée par un tissu qui, vu à un faible grossissement, reproduit assez bien le dessin général de la trame de la muqueuse, avec des dépressions en forme de glandes et des saillies semblables aux prolongements inter-glandulaires; mais la coloration en paraît plus uniforme, et, à un plus fort grossissement, on constate qu'en effet il n’y a plus là ni glandes ni chorion muqueux, que les dépressions ne sont pas tapissées par un épithélium cylindrique et que le tissu qui constitue les parties est un tissu néoplasique formé par l’agglomération de cellules épithéliales polyédriques et polymorphes, tassées les unes contre les autres en amas plus ou moins volumineux, et le plus souvent en trabécules de cordons pleins, anastomosés dans les mailles desquels se voient des capillaires sanguins dilatés et quelques rares faisceaux conjonctifs. Ainsi est complètement transformée toute la muqueuse.

Plus en dehors, des travées conjonctives plus épaisses la séparent de nouveaux îlots de ce tissu épithélial néoplasique, à disposition également trabéculaire, et qui remplissent complètement toute la sous-muqueuse jusque contre les couches musculaires. Il ne reste pas trace des follicules lymphatiques de cette région.

La couche musculaire elle-même, bien que conservée, n’est pas indemne : on y voit de place en place des traînées de lymphangite épithéliale qui se prolongent également dans la séreuse et forment même des amas plus développés dans le tissu graisseux du méso de l'appendice.

Les cellules épithéliales qui, par leur agglomération, constituent le néoplasme, sont des cellules polyédriques irrégulières, assez volumineuses, de 20 à 30 environ, pourvues d’un très gros noyau, rond ou ovoïde, vermiculeux et renfermant un ou deux gros nucléoles. La couche de protoplasma est assez mince, et les cellules étant tassées les unes contre les autres, il est le plus souvent malaisé de distinguer leurs contours. Le stroma conjonctivo- vasculaire est généralement peu développé.

Un noyau métastatique sous-cutané de la paroi abdominale, enlevé dans une seconde intervention, nous a montré une structure histologique identique à celle du néoplasme appendiculaire. Mêmes cellules épithéliales polyédriques, même disposition en cordons pleins anastomosés.

Il s’agit donc d’un épithélioma polyédrique à disposition trabéculaire, développé dans la muqueuse de l’appendice, entièrement transformé avec envahissement de la sous-muqueuse et traînées de la lymphangite cancéreuse dans la musculaire et la séreuse. Cette disposition des lésions, se montrant à leur maximum dans la muqueuse et ne paraissant avoir envahi que secondairement les autres couches, permet de penser à un développement primitif de cancer dans cette muqueuse, bien qu’il soit impossible d’en trouver le point de départ exact, tous les tissus normaux ayant disparu, et bien que, d’autre part, le type cellulaire du néoplasme diffère très sensiblement de l’épithélium normal de la région. Ce développement d’un épithélium métatypique, à cellules polyédriques, aux dépens d’une muqueuse à revêtement cylindrique, peut d’ailleurs s’observer dans tous les organes pourvus de revêtement de ce genre (intestin, voies biliaires, bronches, etc.).

r?) i (if*.

Page 1