‹ Contribution à l'étude du cancer secondaire du cœurChapitre 3 sur 16 · A. PIC · texte numérisé non relu

A. PIC

Ancien interne des hôpitaux de Lyon.

et J. BRET

Ancien interne des hôpitaux, préparateur au laboratoire d’anatomie pathologique de la Faculté de Lyon.

Les hasards de l’hôpital et de l’amphithéâtre nous ayant permis d’étudier en peu de temps trois cancers secondaires du cœur, il nous a paru intéressant de rechercher les observations analogues et de les comparer aux nôtres, dans le but de formuler quelques conclusions relatives à l’histologie pathologique, à l,a pathogénie, et peut-être à la marche clinique de cette affection.

Le cancer secondaire du cœur est assez rare. Il suffit, pour s’en convaincre, de parcourir les statistiques qu’Ely 1 emprunte à Chambers, d’une part, à Arthur Willigk, de l’autre; la première compte, sur 2161 autopsies, 7 cancers du cœur, tous secondaires; la seconde, sur 4547 autopsies, 16 cancers secondaires. Dans les 2 séries, c’est une moyenne de 3 sur 1000, chez des sujets de vingt à trente ans, pour la plupart; on a signalé toutefois quelques cas de néoplasmes du cœur chez des enfants; Eillard en aurait même observé un chez un nouveau-né.

Depuis la thèse d’Ely 2 où figurent 74 observations de cancer secondaire, plusieurs cas de cancer du cœur ont été publiés. — Sur sept

1. Ely, Contribution à l’étude des tumeurs néoplasiques développées dans le cœur {Th. de Paris, 1874, n° 94).

2. Pour la bibliographie antérieure à 1876, on voudra bien consulter soit la thèse d’Ely, soit l’article Coeur de MM. Potain et Rendu, dans le Dictionnaire encyclopédique des sciences médicales (1876).

A. PIC et J. BRET. — CANCER SECONDAIRE DU CŒUR 1023

d’entre eux, rapportés par Da Costa *, Herrmann 1 2, Ingram 3, Gross 4, Roberts 5, Virchow 6, Weiss 7, nous n’avons pu nous procurer que des analyses trop écourtées pour nous permettre d’apprécier avec certitude s’il s’agissait de cancers primitifs ou secondaires. Les autres, certainement secondaires, sont relatés par Salvatore Cacciola 8, Barthélemy 9, Girode 10, Norman Moore 11 et Guttmann 12.

Dans plusieurs de ces cas, les auteurs n’ont pas paru attacher grande importance à la question de savoir s’il s’agissait d’un cancer primitif ou secondaire. Cependant, la différence doit être radicale; il n’y a aucune raison de supposer que le cœur fasse exception à la loi générale, suivant laquelle les noyaux secondaires d’une tumeur reproduisent les caractères histologiques essentiels du néoplasme d’origine, en quelque organe qu’on les considère. — La conséquence de cette loi appliquée au cœur, c’est la différence radicale entre le cancer primitif et le cancer secondaire.

Mais encore, est-il possible de donner de cette dissemblance absolue une démonstration directe? Il faudrait pour cela pouvoir prouver :

D’une part, que le cancer primitif du cœur a des caractères spéciaux en rapport avec l’évolution de la cellule musculaire cardiaque, et que ces caractères se retrouvent dans les noyaux de généralisation de ce cancer.

Et inversement, que les cancers secondaires du cœur n’ont pas de type histologique propre, mais que leurs caractères varient avec ceux de la tumeur primitive, qu’ils reproduisent exactement.

Malheureusement, la première proposition est impossible à démontrer directement. Les observations de néoplasies primitives du cœur sont en effet exceptionnelles. M. Ely, sur 78 cas de cancers du cœur,

1. Da Costa, Cérébral embolism with cancer of the heart (. Philadelphia medical Times, 1878).

2. Herrmann, Iierz mit selten Entwickelang von Carcinom ( S.-Petersb . med. Jahrb., 1879).

3. Ingram, Cancerous heart, symptômes angina pectoris ( Trcins . path. Soc. Philadelphia, 1879).

4. Gross, Récurrent roudcelled sarcomci of the heart (Trans. path. Soc. Philadelphia, 1880).

' o. Roberts, Tnmor of the heart (Coll. Phys. Philadelphia , 1881).

6. Virchow, Herztumor, Phys. med. Gesellschaft, Würzburg, 1882.

7. Weiss, Un caso disarcoma del cuore ( Gcizz . med. ital. prov.venete, Padova, 1880).

8. Salvatore Cacciola, Un caso non comune di epitelioma metastatico del cuore Annali universali di med. e chir. Milano, 1880).

9. Barthélemy, Société anatomique, 11 juillet 1879, et Progrès méd., 1880.

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