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rine, et l’hyperactivité des éléments de cette région. Enfin la multiplication des vaisseaux lymphatiques pendant la gestation exercerait de nouvelles voies d’envahissement néoplasique.
On a également prétendu que l’hyperglycogénèse dans la zone utérine constituerait une cause favorisante de la multiplication des cellules cancéreuses. Dans le tiers des cas, chez la femme, le cancer de l’utérus entraîne ou l’avortement ou un accouchement prématuré.
Dans certains cas, le processus cancéreux présente, après l’accouchement, une marche rapide dans son extension locale, et dans sa colonisation à distance par métastases, dans les cas de cancer du col en particulier. Ces évolutions rapides ont été attribuées à une moindre résistance des tissus sains de l’utérus, du fait du traumatisme pendant la parturition, ou bien à la suppression d’une action anti-cancéreuse exercée par la gestation et disparaissant avec elle.
H. Vigues et H. Dubail arrivent à ces conclusions concernant l'influence réciproque de la gestation et du cancer considéré en général, chez la femme, que souvent le cancer est aggravé par la gestation. D’autres fois, on observe un temps d’arrêt, de régression, mais ordinairement la maladie poursuit une évolution normale. D'après ces auteurs, la gestation influe davantage sur le cancer de l’utérus que sur les autres cancers. La gestation est assez souvent interrompue par le fait d’un cancer
consécutivement à des effets locaux comme dans le
POUSSE D ++ dritrail 1 De RTS
cancer utérin, ou du fait du mauvais état général de la mère. |
L'influence du cancer de l’utérus sur la gestation chez les femelles domestiques n’a pas encore été établie, et les observations recueillies sont bien rares.
Seules des recherches’ expérimentales ont été faites chez les rats et les souris dans un sens plus général. Parmi les auteurs qui se sont occupés de la question de l’influence de la gestation sur le cancer en général chez ces derniers animaux, on peut citer Erwin, Graff, Maud Slye, Frankel, Leo Lob, Sewin et Sittenfield. Les travaux de ces auteurs établissent qu’en principe la gestation ralentit l’activité du cancer. Cependant Moreau, Herzog auraient constaté une activité plus grande du cancer au cours de la gestation.
D’après Loeb les tumeurs greffées ont une évolution plus lente pendant la gestation. D’après ce même auteur la gestation aggrave le cancer du rat et ralentit celui de la souris.
Maud Slye a constaté que le cancer mammaire était ralenti chez les souris en état de gestation, mais que, pendant les intervalles des gestations, il y avait une accélération foudroyante.
M. le Docteur Ball signale un cas intéressant qui lui fut permis d'observer sur une vache de race normande, âgée de six ans. Cette bête mit bas le 19 janvier 1925. Il y eut une dystocie fœtale par déviation de la tête.
La réduction fut faite. L’expulsion du délivre, ainsi que
Loge
les suites du part, furent normales. Le nouveau né était normal. Mais dans les semaines qui suivirent l’accouchement, le sujet commença à maigrir et perdit l’appétit. Le 11 février la malade donnait encore 14 à 15 litres de lait. La température était de 3897. Elle présentait de la constipation. Après une courte amélioration, le 16 février, apparaissent des efforts expulsifs avec émission d'urine. L’exploration vaginale permet alors de constater l'existence d’une tumeur dure et volumineuse située en avant du col utérin. On perçoit également une adénopathie néoplasique secondaire pelvienne etsous-lombaire. Le diagnostic de cancer de l’utérus avec métastases ganglionnaires est porté. L’amaigrissement progressif constaté est l’expression de la cachexie néoplasique ou cancéreuse qui s’accuse. La quantité de lait se maintient à 12 litres jusqu’à la mort qui survient, subitement, dans la soirée du 28 février. Ce cancer a présenté un accroissement et une évolution très rapides après la gestation. Il convient de remarquer qu'aucun écoulement leucorrhéique ou hémorragique n'avait été observé.
L’autopsie révéla que la mort était due à une hémorragie interne. La cavité abdominale renfermait du sang avec de volumineux caïllots. Cet hémopéritoine mortel avait eu pour origine le cancer de l’utérus. La tumeur cancéreuse mesurait environ 60 centimètres de longueur, sur 35 à 30 centimètres de largeur en sa partie moyenne. Sa forme était oblongue, sa surface bosselée, sa consis-
tance ferme et sa couleur gris rosé. Son poids était de
ÉNOTES
| 45 kgr. environ. L'examen histologique de la tumeur utérine et des métastases montra qu'il s'agissait d’un épithéliome à cellules cylindriques, forme atypique infiltrée.
D’après le Docteur Ball, ce cancer a précédé, ou est survenu au cours de la gestation. Peut-être ce cancer a-t-il été ralenti pendant la gestation et jusqu’à la fin de celle-ci.
En 1912, Wyssmann dans les Annales de médecine vétérinaire publie un article sur un cancer utérin, cause de non ouverture du col chez une vache. L'auteur eut à examiner une belle vache de Simmental, âgée de sept ans, et pleine de 280 jours, qui, bien que faisant des efforts expulsifs depuis dix huit heures ne parvenait pas à accoucher. Comme la poche des eaux n’était pas encore brisée, le propriétaire pensa qu'il s'agissait d’une torsion utérine. Depuis le matin la bête n’avait plus d’appétit. Les accouchements antérieurs s'étaient passés d’une façon normale. Le pis était très tendu et les ligaments sciatiques fort affaissés. L’exploration vaginale démontra qu'il ne s'agissait pas d’une torsion. Le col utérin permettait, à l’entrée, l'introduction de deux à trois doigts, dans le fond au contraire, un seul doigt passait avec peine. La paroi du col était dure. En essayant de dilater le col à l’aide du doigt l’auteur provoqua une petite déchirure qui amena une légère hémorragie. Ce doigt perçut nettement que la paroi utérine voisine du col,
et surtout en bas et à gauche était dure et épaissie.
Faure 3
Cette exploration entraîna l'écoulement d’une certaine quantité de mucus jaunâtre et clair. Le fœtus dont on pouvait difficilement sentir deux pieds, paraissait mort. L'auteur, reculant devant le débridement du col utérin se borna à prescrire des injections d’eau salée tiède. Au bout de 24 heures l’état de col utérin était à peu près le même, toutefois la commissure inférieure de la vulve : était œdématiée, et la vache faisait de violents efforts expulsifs. L’anorexie était complète. Toute intervention chirurgicale fut abandonnée et la bête fut abattue. L’autopsie des organes génitaux montra de nombreuses pétéchies sur la muqueuse vaginale. Sur la partie convexe de la corne utérine droite existait une région indurée, ayantsept centimètres delonget autant de large, d’aspect grisâtre, fortement épaissie, et parsemée de foyers calcaires. La corne gauche, ne portant pas de cotylédons, montrait un noyau induré du volume d’une noix près du corps utérin. L’ovaire gauche renfermait deux corps jaunes. La moitié antérieure du col utérin était épaissie et dure, blanchâtre, et contenait plusieurs foyers caséeux. La matrice contenait deux fœtus, l’un parfaitement développé, l’autre sensiblement plus petit que le premier. Le Professeur Guillebeau qui examina les lésions déclara qu'il s’agissait d’un cas typique de cancer utérin. L'auteur se demande si ces lésions cancéreuses existaient déjà au moment de la fécondation de cette bête, ou bien si elles se sont développées ultérieurement, Il penche plutôt
pour la deuxième hypothèse. Il est toutefois indiscutable
Cent NE
que le cancer n’a.pas empêché la vache de porter le fœtus jusqu’au terme de la gestation.
De notre côté, nous avons pu observer un cas où l’accouchement fut rendu absolument impossible à la suite d’une tumeur énorme, située à l'entrée de l'utérus. Il s'agissait d’une. très belle vache hollandaise, âgée de neuf ans qui jusqu'alors n'avait présenté aucun trouble. Aucun écoulement n’avait jamais été remarqué et l’appétit avait toujours été excellent. La bête était tout simplement un peu maigre, comme cela est fréquent chez la
plupart des vaches laitières au moment de la mise bas.
L'accouchement se faisait à terme, les ligaments scia-
tiques étaient bien affaissés, et le pis bien tendu. Déjà, le matin, la bête avait présenté quelques efforts et avait donné des signes d’inquiétude. A plusieurs reprises dans la journée les mêmes phénomènes s'étaient reproduits. Enfin le soir, à la tombée de la nuit, le propriétaire n’ayant pas encore observé la rupture de la poche des eaux, se décida à venir nous chercher. Quelle ne fut pas notre surprise de constater qu’une tumeur énorme, de consistance très dure, interdisait presque complètement l'entrée de la matrice. Malgré tous nos efforts, nous n’arrivions pas à pénétrer dans l'utérus, et l’animal fut sacrifié presque aussitôt. Le fœtus fut immédiatement retiré, mais il avait déjà succombé, depuis peu cependant. Il était bien conformé, et de taille tout à fait moyenne. À l'entrée de l'utérus, nous trouvions une
tumeur énorme mesurant 40 centimètres de longueur et
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30 centimètres de hauteur, de consistance très dure, de couleur grisâtre, et présentant un aspect bosselé. A l’intérieur du corps de l’animal nous trouvions de nombreuses métastases. Le précédent accouchement qui s'était très bien passé remontait à quatorze mois environ. Dans ce cas, que devons-nous penser de l’action de la gestation sur le cancer. Il nous semble ici que la gestation a dû retarder et fortement gêner l’évolution du cancer. Sans cela, atteint comme il l'était, cet animal auraït maigri beaucoup plus rapidement qu'il ne l’avait fait et peut-être même n'aurait pas vécu aussi longtemps. Ici encore le cancer n’avait pas empêché le fœtus
d'arriver à terme et de se développer normalement.