LÉSIONS
Chaque autopsie nous révèle un même ensemble de lésions qu’il nous a paru intéressant de décrire. Tout d’abord lorsqu’après l’abatage on examine la carcasse de l’animal, on est frappé par la cachexie et par la coloration plus ou moins jaunâtre de la graisse. A l’intérieur de la carcasse on relève des métastases plus ou moins nombreuses et plus ou moins volumineuses. Si la tumeur principale atteint un certain volume, on remarque toujours des métastases pulmonaires. Lorsqu’après cet examen d'ensemble on passe à l’appareil génital on remarque que la vulve est rétractée, et que le vagin est fortement épaissi. Une masse énorme, arrondie, excessivement dure envahit entièrement le corps de l’utérus qu'il n’est plus possible de distinguer. Souvent, une certaine quantité de liquide jaunâtre séjourne entre le col de l’utérus et la tumeur, Les cornes utérines, épaissies elles aussi, portent toujours une ou plusieurs métastases et renferment un liquide parfois jaunâtre, parfois ressemblant à du café.
Les ovaires, la plupart du temps, sont normaux, tout
au plus portent-ils des corps jaunes.
Si l’on pratique une coupe au milieu de la tumeur principale, ici encore on retrouvera toujours le même aspect. Un tissu grisâtre, criant sous le couteau et se laissant difficilement entamer, constitue l’ensemble de la masse qui, en plus, renferme en son centre une petite cavité arrondie et remplie d’une sorte de magma caséeux.
Les métastases situées sur les cornes utérines ont exactement la même morphologie que la tumeur principale à condition cependant qu’elles aient atteint la grosseur du poing environ, sans cela, la petite cavité intérieure n'apparaît pas.
Les diagnostics histologiques ont été faits par M. Lombard. Sur nos cinq observations, trois sont des chorio-épithéliomes ou placentomes malins, une est un épithélioma de type embryonnaire plasmodial, et la dernière un épithélioma de type fuso-cellulaire.
Histologiquement les trois chorio-épithéliomes présentent des plasmodes polynucléés dans lesquels on aperçoit parfois une lumière renfermant des globules rouges, et d’autre part, des cellules claires isolées ou groupées en amas. Ces cellules sont de forme polyédrique à noyau clair et à protoplasma abondant (cellules de Langhans). En plus on trouve dans la tumeur deci delà, quelques villosités choriales. On remarque un peu moins de netteté dans la deuxième et dans la cinquième observation, que dans la première observation.
Un épithélioma de type embryonnaire plasmodial
a été observé dans le troisième cas. La tumeur est consti-