PÉRIODE D'ÉTAT
Comme je viens de le dire, cette phase de la maladie
débute brusquement et sans cause apparente. Tout d’un
coup l’animal refuse sa nourriture et cesse de ruminer.
Certes, ce sont là deux symptômes que l’on retrouve au début de toutes les maladies chez les ruminants, mais bientôt le tableau se complète.
L'animal s’amaigrit à une rapidité surprenante, et son poil devient tout piqué. La tête est bien triste, les yeux sont mi-clos. Il semble que la pauvre bête sommeille et qu’elle veut éviter le moindre bruit et le moindre déplacement. Elle se couche ou elle se lève avec beaucoup de difficulté. De préférence elle se tient droite sans faire le moindre mouvement. La température n’est pas élevée. D’autres symptômes, causes parfois de graves erreurs, peuvent s'ajouter. Dans certains cas, ilarrive que l’animal éprouve une grande difficulté à déféquer, et qu’il ne réussisse à rejeter quelques matières sèches qu'après de violents efforts expulsifs. Cette difficulté provient de la compression exercée sur l'intestin par la tumeur. Et le praticien non averti pensera tout d’abord à un trouble de l’appareil digestif. D'ailleurs, il nous est arrivé d’exa-
miner des animaux traités depuis une huitaine de jours
RE
pour une soi-disant entérite chronique et qui, tout simplement, avaient une tumeur énorme de la matrice qui exerçait une telle compression sur les dernières parties du tube digestif, qu’elle en obstruait presque complètement l’ouverture et provoquait ainsi un obstacle important à la défécation. Pour confirmer ce que nous venons d’énoncer, nous pouvons reproduire un passage d’un article publié par Bilger dans le Bulletin de la Société des Sciences Vétérinaires de Lyon sur « un fibrome du col de l’utérus chez la vache ». Bilger déclare que consulté
pour une vache en gestation avancée et qui présentait
des troubles digestifs depuis un certain temps, ainsi
qu’une constipation opiniâtre, il donna une médication
tonique et laxative qui n’amena qu’une légère détente.
Ce n’est qu’un mois plus tard, qu’appelé pour faire vêler la même vache, Bilger, après avoir introduit sa main dans le vagin, sentit une tumeur sphéroïde, très volumineuse qui obstruait presque la totalité du détroit antérieur du bassin.
On peut encore remarquer une grande difficulté pour
uriner, non seulement à cause de la compression exercée par la tumeur, mais aussi parce que le cancer peut se propager à la vessie et aux urétères, et dans ce dernier cas l’oblitération des urétères amène l’hydronéphrose et l’urémie.
Parfois, mais ceci très rarement, on peut observer un écoulement sanguinolent au niveau de la vulve, et même de fortes hémorragies qui pourraient faire croire à un
avortement.
Mis en présence de ces différents symptômes devonsnous, pour compléter notre tableau, rechercher des . commémoratifs et en tenir compte ? oui, mais il faudra en tenir compte avec réserve. D'abord parce qu’il est des propriétaires qui, volontairement ou non, donneront de faux renseignements, et qu’ensuite ces renseignements peuvent différer avec chaque animal. En effet, il est des animaux en état de gestation, le plus petit nombre, il en est d’autres qui ont mis bas depuis un an ou plus et qui n’ont jamais manifesté de chaleurs depuis. Il en est d’autres enfin qui manifestent à des périodes très régulières sans que l’on ne puisse jamais arriver à les faire féconder.
La constatation d’écoulements leucorrhéiques ou sanguinolents, et l’âge des animaux devront surtout
retenir notre attention.