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tendent à s'échapper par des points de moindre résistance: filons, failles, situés le plus souvent à la limite des roches éruptives et des roches plus récentes. Le procédé de captage | variera suivant le mode d'arrivée de l’eau à la surface, et suivant la nature du terrain situé autour du griffon: sédiments ou terrain dur.
Toutes les eaux minérales sont en rapport avec des dislocations de l’écorce constituant des points de faible résistance, failles ou fractures, qui peuvent être considérées comme des canaux par où s’épanchent au dehors les nappes formées dans les cavités de la croûte terrestre.
Les plissements qui se sont succédés dans la formation du continent européen, ont été générateurs de sources thermominérales, surtout le plissement de la fin de la période primaire, qui a fait émerger la Chaine Hercynienne, et le soulèvement alpestre de la période: tertiaire. La France a été privilégiée lors de ces plissements, car c’est précisément les versants français des Pyrénées et des Alpes qui ont été les points de cassure. La caractéristique des eaux minérales varie d’après l’âge du plissement. C’est ainsi que, disloquée de nouveau pendant la période quaternaire par l’éruption des volcans,‘la Chaîne Hercynienne a donné les eaux bicarbonatées sodiques, dont le type est Vichy. La proportion d’anhydride carbonique qu’elles contiennent est en rapport avec la nature du sol où elles sourdent. Celles qui jaillissent des terrains primitifs et de transition sont plus chargées de CO que les eaux des terrains sédimentaires.
Avec les connaissances géologiques actuelles, on a même pu attirer à soi des eaux souterraines. Par la méthode des sondages, l'ingénieur François a pu capter, à La Malou, une eau perdue. On peut aussi aller à la recherche d’une nappe
profonde soupçonnée et déduite de la structure d’un terrain
déterminé. C’est ainsi que Lanternier, en 1908, fit entreprendre, à Nancy, des travaux de sondage qui donnèrent le jour à une source thermale de grande valeur.
-Ce qui rend aussi la géologie importante pour les sources minérales, c'est l’action que leurs eaux finissent par exercer sur les formations qu’elles traversent et surtout au niveau des griffons. Daubrée, dans son Traité des Eaux souterraines, a mis ce fait en évidence. À Plombières, il a constaté, sur les
maçonneries romaines de captage, faites en ciment et en
briques, des cristaux de silicates ou zéolithes, düs à l’action
prolongée des eaux.
Si l'étude de la structure des terrains est indispensable pour la recherche et le captage méthodique des sources thermales, il faut dire aussi que, dans bien des cas, les sources sont pour le géologue le seul moyen d’explorer le sol, l’analyse des eaux indiquant les différents terrains traversés. Dans un forage, par exemple, l'analyse des détritus, au fur et à mesure de leur remontée à la surface, indique la superposition des terrains traversés.
De ce qui précède, on peut conclure qu'il ne saurait y avoir de captage rationnel sans une étude géologique préalable et approfondie de la région considérée. C’est, en effet, sur les bonnes conditions du captage et sur les principes minéralisateurs d’une eau minérale que ces travaux respecteront, que s’appuiera l’Académie de médecine pour en autoriser ou en interdire l’usage thérapeutique.
C’est pourquoi nous avons consacré un chapitre spécial à l'exposé des motifs de cette étude. En décrivant chaque procédé en particulier, nous complèterons ces données sur la nature du sol d’où émerge chaque source.