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GÉOLOGIE

Dans son Précis historique des eaux minérales les plus usitées, Alibert écrit: « Une étude approfondie de ce qui nous environne est absolument indispensable pour l’intelligence des théories qui se rapportent aux eaux’ minérales. Ces eaux, qui serpentent en longs filets dans le sein de la terre, pour se charger des principes minéralisateurs, ont des connexions constantes et nécessaires avec tous les phénomènes de la nature, avec les tremblements de terre, avec les éruptions des volcans, etc. » On doit admettre, en effet, que la composition des eaux minérales est sous la dépendance de la structure géologique de la région considérée, puisqu'elles contiennent les éléments des principes constitutifs des terrains traversés dans leur trajet. Il suffit d’ailleurs, pour s’en

convaincre, de comparer l’analyse des eaux minérales avec

la carte géologique.

Avant d'entreprendre un captage, on cherchera à savoir d’où provient l’eau minérale à recueillir, comment elle a pénétré en profondeur, comment elle s’est constituée. L'étude des lois géologiques présente donc un intérêt pratique; elle pose avant tout le problème de l’origine des eaux minérales. Ce sont ces théories que nous allons d’abord exposer.

En 1847, Elie de Beaumont a affirmé une origine commune

aux filons métalliques, aux éjections volcaniques et aux eaux minérales. Il admettait donc leur origine ignée.

Plus tard, l’ingénieur Daubrée démontra l’origine météorique exclusive des eaux thermales. Les eaux de pluie, après un certain trajet à la surface du sol, pénètrent par capillarité dans les interstices des roches, en se chargeant de tous les éléments solubles qu’elles rencontrent, s’échauffent, et forment des nappes dans les cavités de l'écorce par la réunion d’infiltriatons, auxquelles l’état du terrain a permis de pénétrer; puis, profitant d’une faille ou d’une diaclase, elles remontent à la surface du sol.

Ces deux théories, seules admises dans la genèse des eaux minérales, ont été reprise ensuite. Celle-là par le professeur Armand Gautier, celle-ci par le professeur de Launay.

Il y aurait donc deux catégories d’eaux thermo-minérales. Les unes d’origine neptunienne, ce sont des eaux d’infiltration, minéralisées par lixiviation, comme Vittel, Contrexéville, Enghien, Niederbronn. Paul Blum (de Strasbourg) les a appelées « eaux de retour ». Les autres, d’origine plutonienne, viennent de la profondeur de la croûte terrestre et sont formées par synthèse aux dépens des roches ignées. Armand Gautier les a appelées « eaux vierges »; Vichy, Bourbonne, Uriage, Plombières. rentrent dans ce second groupe.

Enfin certaines eaux, celles d’Allevard, par exemple, proviennent d’un mélange d’eaux vierges et d'eaux de surface Ce sont des eaux mixtes.

Certains caractères permettent de déterminer l’origine probable d’une source thermale, tels le débit, la température et la minéralisation, qui varient avec la nature des roches. Il s’ensuit que l'étude du sol et du sous-sol est indispensable à l’hydrologue pour le guider dans la recherche, le captage et

l'aménagement des. sources, de manière à maintenir l’eau minérale dans sa formule chimique et thermale.

Depuis longtemps, on sait que les eaux empruntent aux terrains qu’elles traversent leurs principes salins. Alibert a même reconnu que, parmi tant de substances décomposées dans l’intérieur du sol, les eaux dissolvent les principes les plus salutaires « tant il est vrai, dit-il, que la nature procède toujours d’après des intentions bienfaisantes ». Et ces rapports sont si intimes entre les eaux minérales et certaines roches, que François a employé le terme de roches congénères. C’est donc à juste titre que Pline a pu dire: Tales sunt aque quahs terra per quam fluunt.

Quant à la température des eaux, nous savons que celles qui sont formées dans les terrains primitifs sont thermales et hyperthermales, parce qu'elles proviennent de profondeurs considérables (la température augmente de 1° centigrade pour une profondeur de 33 mètres environ). Celles qui naissent des terrains de transition sont moins chaudes.

La protection des sources nécessite, elle aussi, une étude attentive du sous-sol de la région. Cette protection consistera à empêcher les dépôts de détritus au voisinage de l’émergence pour éviter les pollutions, et surtout à se mettre en garde contre des sondages voisins atteignant la même nappe de liquide. D'où la nécessité d’un périmètre de protection, dont les limites seront fixées d’après la nature du terrain.

C’est encore la géologie qui indiquera à quel niveau il faut capter pour s'assurer le maximum de débit, à quel niveau se trouve l'émergence naturelle pour la ramener, s’il y a lieu, au point le plus bas. Les conditions qui déterminent les griffons des sources ont une grande importance pour le captage. Les eaux thermales, par suite de leur émission ascensionnelle,

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