ALIBERT
Nous croyons utile, au moment où de toutes parts un essor nouveau semble être donné à notre richesse thermale, si longtemps méconnue ou ignorée, d'aborder une étude qui, à première vue, peut paraître bien indépendante de la Médecine. En nous éloignant du cadre de la Clinique qui, jusqu’à présent, a surtout passionné nos médecins hydrologues, notre but est de combattre certains préjugés bien anciens, mais ayant encore de trop nombreux partisans et qui ne tendent rien moins qu’à réduire à néant la valeur de nos sources thermales.
Les procédés de captage que nous allons décrire et qui ont été entrepris d’une façon rationnelle démontreront, par les heureux résultats obtenus, combien étaient mal fondées les superstitions qui régnaient à l'égard des eaux minérales: leur origine était trop profonde pour qu’on puisse la connaitre, leurs propriétés mystérieuses, etc. Aussi fallait-il se garder d'entreprendre sur les griffons des travaux qui auraient mécontenté les divinités tutélaires des sources et provoqué ainsi la perte des eaux.
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La difficulté de réaliser certains captages n’a fait que raffermir le plus souvent ces idées. De Launay cite le cas d’un ingénieur qui faillit être noyé dans un puits pour avoir, momentanément et par un coup de sonde malheureux, laissé échapper un filet thermal.
La valeur thérapeutique d’une eau minérale étant fonction de l'intégrité de tous ses éléments, il en résulte la nécessité de procéder à un captage soigné de chaque source pour lui éviter toute altération.
Par un aperçu sur les rapports de la géologie avec le point d’émergence des sources, par l’exposé des théories sur l’origine des eaux profondes, et enfin par une étude des divers systèmes de captage et d'aménagement, qui ont permis de cueillir l’eau thermale à différents niveaux pour augmenter son débit et lui conserver ses qualités natives, nous démontrerons que les sources thermo-minérales sont bien une richesse nationale, une lymphe minérale, suivant l’expression du professeur Landouzy, enfermée dans le sein de la terre et mise en valeur par les captages.
Nous terminerons notre travail en consacrant un chapitre à la Législation des eaux minérales, question connexe semblet-il, et qui, bien que déjà ancienne, n’en prend pas moins une importance tous les jours plus grande.
Enfin, nous devons un chapitre à la complaisance de M. le Docteur Charmont, de Plombières, dont la compétence hydrologique est notoire. Il a bien voulu nous accorder üne interview et nous permettre d'exposer ses idées sur trois stations thermales.
C’est volontairement que nous avons limité notre travail aux stations thermales françaises, notre intention étant de montrer l'importance de leurs captages, qui assurent à nos
eaux minérales leur valeur thérapeutique et à la France la première place en matière d’hydrologie.
Avant d'entreprendre ce travail, qu’il nous soit permis de remercier M. le Professeur Etienne de l’honneur qu'il nous fait en acceptant la présidence de notre Thèse. Nous nous souviendrons toujours de ses savantes leçons cliniques au lit des malades, où nous avons appris les principes d’ordre et de méthode qui seront toujours pour nous un guide.
M. le Professeur agrégé Perrin nous a inspiré ce travail et veut bien le juger aujourd’hui. Nous ressentons très vivement l'honneur qu'il nous fait. Nous avons tiré grand profit de ses conseils éclairés et de son enseignement si intéressant. Nous le prions de croire à notre profonde gratitude ‘pour l'intérêt qu'il nous a toujours témoigné.
Nous remercions M. le Professeur Robert pour ses leçons si claires et si pratiques de chimie médicale. Il s’est toujours mis à notre disposition avec une complaisance et une amabilité dont nous lui sommes infiniment reconnaissant.
M. le Professeur agrégé Cornil a bien voulu faire partie de notre Jury; nous lui exprimons ici nos sentiments de vive gratitude pour l'amitié qu’il nous porte ainsi qu'à notre famille.
Que nos Maîtres, dans les Hôpitaux et à la Faculté, veuillent bien agréer l'expression de notre profonde reconnaissance.