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I. Description des caractères anatomo-pathologiques

DU CARCINOME

Les carcinomes , dit Billroth, sont des tumeurs à croissance rapide, qui sont toujours infectieuses; non seule-

ment ils présentent une grande tendance aux récidives sur place, mais très fréquemment encore les ganglions voisins sont allectés et on peut assister au développement successif de tumeurs semblables dans d’autres organes.

Cet auteur les divise en cancers mous ou végétants, ce sont les encéphaloïdes ; et en cancers durs ou cicatrisants, ce sont les squirrhes.

1° Du squirrhe. — Comme au soin, dit M. Duplay, le squii’i'he de la parotide est une tumeur dure, fibreuse, quelquefois ligneuse, d’un blanc grisâtre à la coupe, formant une masse plus ou moins rétractée, généralement mal limitée, envoyant des prolongements très denses entre les lobules de la glande et adhérant fortement aux parties voisines. — 11 n’est pas rare de rencontrer surtout à la périphérie de la tumeur des lobules glandulaires encore sains ou des îlots graisseux séparés par des rayons de tissu blanchâtre et dur.

Parmi les détails que je tiens à relever dans l’autopsie de notre observation I, on me permettra de faire remarquer que la peau, tout en faisant corps avec la tumeur, présentait des lésions macroscopiques relativement peu marquées sur le cadavre, qu’elle adhérait relativement peu à la tumeur dont le tissu blanchâtre se prolongeait dans le derme, qu’elle était là infiltrée d’une petite quantité de sérosité jaunâtre que je ne saurais mieux comparer pour la couleur qu’à celle du glyôme et sur la nature do laquelle je n’ai pu être édifié, aucun élément histologique particulier n’étant venu en indiquer la nature même pour un esprit prévenu de son existence. — Il est plus que probable que les lésions de la peau seraient bien plus marquées dans le squirrhe diffus.

Los irradiations cancéreuses se prolongeaient très manifestes dans la partie inférieure du muscle temporal, dans le massé ter et la partie supérieure du sterno-mastoïdien; elles étaient constituées par un semis de granulations blanchâtres disposées longitudinalement entre les faisceaux musculaires et constituaient des travées incomplètes parallèles à la direction des fibres du muscle.

Dans cette nécropsie, l’énucléation de la parotide s’est faite sur le cadavre avec une facilité qui m’a surpris, le mal ne semblait pas en voie de progression vers les parties profondes, mais au contraire borné aux parties superficielles; le maxillaire inférieur et son périoste étaient sains et n’adhéraient que peu ou pas à la tumeur.

Nous reviendrons à propos du traitement sur cette curieuse particularité de la nécropsie, mais nous no pouvons nous empêcher de rappeler le correctif si important qui résulte de la présence de nombreux grains cancéreux dans les muscles voisins, temporal, sterno-mastoïdien.

Enfin, pour arriver aux parties les plus importantes, la glande parotide est réduite à une plaque très dure de deux à trois centimètres de long au plus, et mesurant moins d’un demi-centimètre d’épaisseur. Le canal de S tenon n’était pas altéré ; la coloration brunâtre de ce qui devait être la glande elle-même, les résultats de l’examen histologique qui démontrent que là les lésions sont plus avancées, et ce fait enfin qu'on y retrouve avec peine le processus premier, tout cela contribue à prouver que c’était bien là le point de départ de la tumeur.

Histologiquement cette portion de la tumeur est constituée par des travées fibreuses riches en fibres élastiques, circonscrivant des alvéoles à cavité étroite, remplis de

cellules épithélioïdes, plus ou moins irrégulières contepanl un ou plusieurs noyaux volumineux.

Les lésions des vaisseaux ne sont pas moins intéressantes. — La carotide externe saine ne traversait pas la tumeur, soit du fait de l’atrophie de la glande, soit plutôt à cause d’une des particularités anatomiques signalées plus haut. La carotide interne est saine; par contre, la veine jugulaire interne est envahie; son calibre est presque intact, il n’y a pas de thrombose mais les parois sont bosselées, inégales, manifestement dégénérées et le microscope y révèle les mêmes altérations que plus haut, la tunique interne est relativement intacte. A la partie supérieure, la jugulaire externe (dont les parois externes sont également envahies, la tunique interne restant saine) semble se perdre dans un gros nodule cancéreux qui l’écrase et l’aplatit au point que le plus fin stylet ne peut pénétrer.

Les petits vaisseaux assez nombreux dans les travées du stroma ont leurs parois épaissies et scléreuses ; et les plus petits au moins sont obstrués par des cellules semblables à celles que renferment les alvéoles décrits plus haut.

Lésions des vaisseaux et des ganglions lymphatiques. Ici 1 envahissement est des plus faciles à suivre; j’ai pu dissocier presque complètement les lymphatiques émanés de la parotide, suivre leurs cordons durs et bosselés au voisinage du sterno-mastoïdien, jusque dans une chaîne de petits ganglions qui aboutissait aux ganglions susclaviculaires, eux-mêmes durs et rétractés. Cet examen pouvait facilement se faire sur le vivant, comme dans certains cas de lymphangite chronique.

- Les ganglions sont nombreux, ils sont tous petits,

rétractés, durs, blanchâtres à la coupe, et les lésions histologiques des plus intéressantes. Certaines de leurs parties sont encore saines, d'autres nettement atteintes; les alvéoles sont très peu étendus, à parois assez épaisses, renfermant un très petit nombre de cellules très volumineuses et très irrégulières, rarement plus de trois par alvéole. En trois mots ce sont les caractères histologiques du squirrhe plus marqués que partout ailleurs, ce qui s’explique bien par ces deux faits bien connus; 1° que les lésions sont toujours plus nettes dans les ganglions que dans la tumeur plus ou moins dégénérée au bout d’un certain temps; 2° que dans les ganglions la trame est toujours plus serrée.

La glande sous-maxillaire, qui paraissait dure, n’était

pas lésée.

L ' encéphaloïde est également mal limité, dépourvu d’enveloppe conjonctive ; il se présente sous forme de pelotons plus ou moins nombreux réunis par des cloisons lardacées. Assez homogène avant le ramollissement, il présente bientôt des bosselures dépressibles, donnant l'idée de la substance grise du cerveau et formant parfois au centre une véritable bouillie rougeâtre. Un riche chevelu vasculaire existe dans les travées et occasionne les hémorrhagies; l’ulcération est à bords végétants comme dans les cancers mous.

L'étude de son évolution peut faire rencontrer des kystes sanguins, des fongosités, sur lesquels nous n'insistons pas. De même ne ferons-nousque mentionner l’invasion, la destruction des parties voisines, la dégénérescence ganglionnaire, la généralisation et les bourgeons cancéreux signalés dans les veines, ces faits sont bien connus.

Dans des variétés plus rares, on pourrait observer le cancer pulsatile comme M. le professeur Gosselin en a rencontré un cas dont il a bien voulu nous indiquer les principaux caractères.

A l’examen histologique on aperçoit de vastes alvéoles remplis des cellules irrégulières du cancer. Il ne faudrait pas croire cependant que ce stroma alvéolaire fût pathognomonique de ces tumeurs. On le retrouve parfois dans le sarcome et l’enchondrôme.

J’ai déjà dit ailleurs pourquoi j’éliminais de cette étude les épithéliomas ; je ne puis cependant m’empêcher de rappeler qu’on en étudie deux variétés principales :

1° V épithélioma tabulé;

2° V épithélioma pavimenteux.

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