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II. DES QUESTIONS DE PATHOLOGIE GÉNÉRALE QUE SOULÈVE

l’étude du carcinome parotidien

Pendant longtemps avec Velpeau et Bérard, bon nombre d’auteurs, parmi lesquels je citerai Nélaton, Vidal de Cassis, Jean et d’autres encore, ont admis que la plus grande partie des cancers parotidiens étaient des cancers ganglionnaires.

C’est encore l’opinion professée par M. Desprès qui a bien voulu nous la communiquer en mettant à notre disposition, avec beaucoup de bienveillance, ses statistiques d’hôpital.

La plus grande partie des auteurs modernes professe cependant l’opinion contraire (Verneuil, Duplay). D’après eux on peut hardiment renverser la proportion et dire que les tumeurs d’origine glandulaire sont de beaucoup

les plus fréquentes. Et qui dit tumeurs glandulaires, dit tumeurs ayant pris naissance soit dans les lésions des culs-de-sac, soit dans des lésion périacineuses et périlobulaires. (Cliniq. de Duplay, Prog. méd., 1877).

C'est dans le sguirrhe atrophique surtout que l'on comprend bien l'importance de l’élément conjonctif de la glande. Billroth, dans ses Leçons de pathologie générale chirurgicale (1882b indique 1res bien le mécanisme de l'atrophie.

Les cellules, toujours peu nombreuses au début, diminuent encore par le fait de l’évolution, elles disparaissent vite; les parois de l'alvéole se resserrent, s’appliquent l'une contre l'autre ; il se forme une sorte de cicatrice par un travail fort curieux de ratatinement , qui présente sous un jour des plus saisissants les tendances curatrices de la nature.

Les deux éléments jouent sans doute un rôle considérable dans l’encéphaloïde, mais la part de l’épithélium dans le carcinome n’est pas encore établie malgré les efforts faits dans ce sens : on consultera à ce sujet avec profit la thèse de Desfosscs en 1881, sur l’origine épithéliale du cancer.

Mais dans le cylindroma l’origine glandulaire ne peut guère faire de doute.

Généralisant même cette proposition, et nous écartant un pou de notre sujet, ne pourrions-nous pas facilement faire remarquer que c’est presque toujours dans ces mêmes éléments glandulaires ou périglandul aires que prennent naissance la plupart des tumeurs bénignes? Nous ne ferons cependant aucune difficulté pour convenir que certaines tumeurs reconnaissent une origine ganglionnaire.

En pareille matière, comme en beaucoup d'autres, une conclusion trop absolue ne saurait être l’expression exacte de la vérité. Pour comprendre d’ailleurs combien ces faits sont rapprochés, il suffira de rappeler que l’origine glandulaire des lymphatiques parotidiens est encore inconnue et que ces vaisseaux n’ont pas été injectés.

Je n'ai plus qu’une question à traiter, savoir : Quel est le rôle de la peau dans le squirrhe parotidien ? Billroth, après d’autres auteurs, a décrit des épithêliomas cutanés à forme atrophique , survenant chez des vieillards également, siégeant aussi à la face; et on est en droit de se demander si la peau n’est pas le point de départ de la tumeur. Je ne le crois pas, car ces formes rares du squirrhe cutané se présentent sous forme d’ulcération dure, ayant plus de tendance à se développer en largeur qu’en profondeur, et, de plus, cette lésion dépasse rarement le tissu cellulaire sous-cutané. Du reste, il 11e me répugnerait pas d’admettre que, dans certaines formes, la lésion puisse débuter ainsi ; du moment qu’elle affecte la région parotidienne et qu’elle emprunte les symptômes des tumeurs malignes de la parotide, je ne vois pas pourquoi on ne continuerait pas de la décrire avec ces tumeurs.

La question litigieuse réduite à une question d’origine perd beaucoup de son intérêt. Je laisse à d’autres auteurs le soin de la trancher avec des documents plus complets que les miens.

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