‹ Contribution à l'étude du carcinôme de la parotideChapitre 9 sur 28 · MARCHE. — DURÉE. — TERMINAISONS · texte numérisé non relu

MARCHE. — DURÉE. — TERMINAISONS

Ainsi que nous l’avons déjà vu, la marche du carcinome est très importante. — La tumeur survient à la fin de 1 âge mûr, plus tôt pour l’encéphaloïde, plus tard pour le squirrhc; ordinairement un peu avant la paralysie faciale ou les douleurs, le malade s’aperçoit par hasard, en portant la main a sa joue ou en se rasant, de l’existence d’une petite tumeur ou induration, et à ce propos^ comme fe fait si justement remarquer le professeur Trélat, il faut bien se garder de prendre pour le véritable début de la tumeur l’époque indiquée par le malade, surtout par le malade d hôpital peu attentif à sa personne, s’écoutant fort peu, ressentant peut-être moins vivement.

Puis 1 affection suit son cours dans le squirrhe avec une lenteur remarquable qui lui imprime un caractère spécial.

Il nous a semble aussi que la forme de l'affection influençait également la marche, ce qui est d’ailleurs pleinement en rapport avec ce que nous savons dos tumeurs du sein.

Il semble qu à la parotide, comme dans la glande mammaire, le squirrhe atrophique évolue avec une lenteur

bien plus grande que le squirrhc dilFus ; l’étude de la durée nous fera mieux encore apprécier ces différences et le contraste qui existe avec la marche rapide de l’encéphaloïde.

La durée de cette dernière variété ne dépasse guère un an à deux ans au plus, dix mois à peine dans le fait de M. Trélat; ell e se prolonge plus de cinq ans chez le sujet de notre observation I ; après deux ans et demi, le squirrhc diffus n’avait pas terminé son évolution, bien que sa marche rapide laissât prévoir une fin assez prochaine.

Lenteur du processus, longue durée d’évolution ne sont pas les seuls caractères du squirrhe; on doit encore mentionner une régularité remarquable de marche qui n’existe pas, au moins au même degré, en cas d’encéphaloïde, car on observe alors parfois des poussées d'une rapidité et d’une puissance extensive vraiment surprenantes.

Quant aux terminaisons , nous ne pouvons indiquer toutes les variétés qui pourront se présenter; cette étude demanderait h être étayée par un plus grand nombre de faits.

La cachexie survient vraisemblablement tardivement dans le squirrhe; d'd 11s l’encéphaloïde, au contraire, l’état général atteint dès le début du mal, et d’une façon d’autant plus saisissante qu’il s’agit d’individus encore dans la plénitude de leur vigueur et de leur force, cet état s’aggrave encore par l’ulcération, et la mort survient, dans les limites indiquées plus haut, soit par bectici té et marasme consécutifs à des hémorrhagies répétées, à une suppuration sanieuse, fétide et prolongée, à un commencement de putréfaction des bourgeons cancéreux qui in-

fecte toute l’économie, soit, par suite d’une hémorrhagie foudroyante par ulcération d’un des gros vaisseaux profonds de la région. Dans quelques cas plus rares, la scène se termine par des phénomènes cérébraux liés à la compression des vaisseaux ou à la thrombose de la veine jugulaire interne ou même à l'envahissement de cette veine par les produits néoplasiques comme en fait mention l’autopsie du malade de Béclard (Obs. LI, de la thèse d’Aug. Bérard).

Enfin ce chapitre comporte encore la mention très importante des récidives, rapides en cas d’opération, récidives sur place à propos desquelles je dois indiquer sous toutes réserves, bien entendu, cette remarque curieuse de Paget ( Lectures on surgical pathology , p. 689), à savoir qu on peut en poursuivant une tumeur incomplètement extirpée amener sa guérison, et qu’en tous cas ce qui reste de la tumeur 11e marcherait pas plus vite. — Ce n’est pas tout; l’afTection peut se généraliser à l’estomac, au foie, aux poumons, partout ; les faits cités par Bérard nmis en offrent un certain nombre d’exemples dans les cas les plus rapprochés de notre description. Cette généralisation existait nettement chez le malade de M. Trélat, et en ellet elle manque bien moins, elfe s’opère bien plus vite dans l’encéphaloïde que dans le squirrhe; c’est un dernier caractère différentiel.

Page 1