‹ Contribution à l'étude du 'Casimiroa Edulis'Chapitre 16 sur 34 · LEO · texte numérisé non relu

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au bain d'huile. L’éther dissoutle principe volatil et quelques corps fixes, mais la seconde distillation sépare ces derniers du premier.

Le corps qu’Altamirano considère comme le principe actif et prend pour un glucoside a toujours été obtenu par cet auteur sous forme d'une masse jaune pâle, plus ou moins foncée suivant son épaisseur. Voici les caractères qu'il lui attribue : il est inodore et de saveur d'abord sucrée, puis amère et ce dernier goût persiste assez longtemps. Il est soluble dans l’eau, dans l’alcool absolu et l'alcool dilué ; peu soluble dans le chloroforme et moins encore dans l’éther sulfurique, la benzine et autres hydrocarbures. La chaleur le rend opaque, le fond, puis le décompose en laissant un résidu de charbon qui finalement se brûle sans laisser de résidu fixe. Sa solution aqueuse a une réaction légèrement acide ; elle ne précipite ni par les alcalis fixes, ni par les carbonates, ni par les acides ; le perchlorure de fer est sans action sur elle ; le nitrate d'argent la trouble. Ce trouble disparaît par addition d’ammoniaque et l’ébullition prolongée colore difficilement en jaune foncé la solution pure du glucoside. Une solution ne contenant que des traces de glucoside peut réduire l'argent même à froid. Quelque chose de semblable se produit avec la liqueur de Fœhling qui ne se réduit pas si le principe est pur mais se réduit quand il contient du glucose, soit qu'il provienne des graines, soit qu'il se soit formé par ébullition du liquide avec un acide.

Le tanin donne avec le glucoside un précipité blanc sale, soluble dans un excès de réactif, d'acide ou d'éthanol. La solulion additionnée d'acide sulfurique et traitée par l'iodure de potassium ioduré donne un précipité rouge

foncé plus au moins abondant suivant le degré de concentration de la solution, précipité soluble dans l'alcool.

Le réactif de Mayer, le phosphomolybdate et les autres réactifs généraux des alcaloïdes donnent aussi des précipités diversement colorés, plus ou moins abondants, mais tou- Jours solubles dans l’éthanol.

En traitant l'extrail des graines par les acides dilués, comme l'acide chlorhydrique, puis en faisant bouillir, Altamirano constata qu'il se dégage une odeur aromatique particulière, que la solution s’obscurcit et se trouble et que dans la solution la liqueur de Fœbhling décèle du glucose. Il en conclut quele principe actif se décomposait en glucose, en un corps aromalique et en un principe insoluble dans l’eau qu'il considère comme devant être un glucoside et qu'il appelle Cusimirose, la terminologie de ce nom devant rappeler qu’il s’agit d’un corps appartenant au groupe des sucres et donnant par dédoublement du glucose. Bouilli dans une solution de potasse, ce glucoside dégage de l’ammoniaque, ce qui indique que l’on a affaire à un corps azoté.

Ainsi donc Altamirano avait constaté que le principe actif des graines fournissait les réactions générales des alcaloïdes, qu'il était azoté et qu’il réduisait la liqueur de Fæhling sans que nulle part il ne le désigne comme devant être un gluco-alcaloïde. Il essaya, sans succès, d'obtenir le glucoside cristallisé. Ce corps, soit avec des bases, soit avec des acides, ne donna aucun composé salifiable.

ALTAMIRANO extrayait la Casimirose en traitant les graines par l’éther de pétrole qui dissout la graisse, l'huile essentielle et les autres corps qui ont élé signalés comme étant solubles dans ce véhicule. Le résidu, épuisé et séché, est traité par l'alcool à 95° qui dissout le glucoside : on évite ainsi la dissolution du sucre, des sels minéraux et des

autres corps que pourrait dissoudre l'alcool étendu. La solution alcoolique est distillée, le résidu repris par l’eau est concentré jusqu'à disparition de l’odeur alcoolique. On filtre, on traite par le sous-acétate de Pb, on filtre encore et le liquide est précipité par le carbonate d’'ammoniaque pour enlever l'excès de Pb. On concentre, on ajoute de l'alcool avec lequel on lave le précipité formé, on filtre et on évapore à siccité. Il convient de traiter de nouveau ce produit par l’eau acidulée à l’acide sulfurique, de filtrer, de concentrer jusqu'à consistance sirupeuse et à basse température, de traiter par l'alcool absolu, de filtrer à nouveau et d’évaporer. On sépare ainsi le peu de plomb que le carbonate n'a pas déplacé et l'on précipite les autres sels minéraux que ce produit pourrait contenir sous forme de sulfates insolubles dans l'alcool absolu.

José Sanchez, dans sa thèse inaugurale pour la chaire de Pharmacie en 1893, disait avoir extrait des graines de Casimiroa edulis un corps cristallisé présentant les réactions générales des alcoloïdes; en revanche il ne faisait aucune mention du glucoside. Pour le reste, ce sont les mêmes principes déjà énumérés. Il lui est arrivé, comme à Altamirano, de. n'apercevoir qu'une des constituantes du corps estimé principe actif, et tandis qu’il dédoublait d'emblée le glucoside et ne voyait que l’alcaloïde, Altamirano, tout en mentionnant que le corps par lui étudié donnait les réactions des alcaloïdes, ne s’attachait qu'aux réaclions du glucoside.

Comme nous l'avons exposé dans l'historique, BiKERN, reprenant en 1900 les études déjà entreprises par lui sur le Casimiroa edulis, démontra que le principe actif des graines de cette plante était un glucoalcaloïde.

Pour prouver l'existence d'un alcaloïde, il épuisa diverses

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parties de la plante avec de l'alcool contenant 1 p. 100 d'acide tartrique, distilla l'alcool, lava le résidu à l’eau pour séparer la résine, etc., filtra et soumit ce filtrat à diverses réactions.

Traité par l'iodure double de mercure et de potassium, le filtrat donna un précipité blanc jaunâtre — par l'iodure de potassium ioduré, un précipité rouge brun — par une solution de tanin, un précipité blanc jaunâtre — par une solution d'acide picrique, un précipité jaune verdâtre — par l'iodure double de bismuth et de potassium, un précipité jaune orangé — par l'acide phosphomolyb-. dique, un précipité blanc jaunâtre.

Tous ces précipités étaient amorphes et n'étaient pas cristallisés longtemps après. La présence d’un alcaloïde n’était donc pas douteuse.

Pour se fixer sur la présence d’un glucoside, Bikern traita par la liqueur äe Fæhling d’égales quantités d'extrait aqueux, avant et après leur ébullition avec un acide. Dans tous les cas il obtient réduction ; cependant la précipitation de l'oxydule de cuivre était plus abondante dans la portion d'extrait traitée par l'acide que dans celle qui ne l'avait pas été. Il y avait donc en suspension dans l'extrait une substance réductrice qui avait été fortement dissociée par l'acide.

L'évaluation quantitative des alcaloïdes contenusdans les différentes parties de la plante était laborieuse, car ils sont facilement solubles dans l'eau.

Les extraits aqueux alcalins de la drogue furent d’abord agités longuement avec de l’éther, l'extrait éthéré fut évaporé, le résidu repris par de l'alcool, évaporé à nouveau, repris par de l’éther anhydre, évaporé et pesé.

L'alcaloïde restant fut dissous et agité dans de l’eau

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additionnée d'alcool isobutylique. La solution étant très colorée, l'alcool isobutylique fut extrait par distillation, le reste repris par de l’alcool étendu, l’alcaol déplacé et la solution aqueuse étendue davantage. La solution faiblement alcaline fut traitée à froid par de l’iodure de K iodé

([12, 7 — KI 60— H?0 quantité suffisante p. 1.000

le précipité rassemblé, lavé sur le filtre et dissous dans de l'acétone.

La solution fut successivement saturée par de la lessive de potasse, de l'acide, puis mélangée d’un tiers d’eau. L'acétone fut chassé par chauffage au bain-marie; la solution fut mélangée avec un peu de thiosulfate de soude, alcalinisée avec de l'’ammoniaque et agitée avec de l'éther. On obtint ainsi le restant de l’alcaloïde cherché. Les quantités obtenues furent les suivantes :

Graines Rs RAR AE ne PAUSE 0,628 p. 100 5 DS ARE a res AS OPA DRE RUE 0,535 — FOUES TP MIE RD ee pes LCR 0,25 — D ALCOC AIDER EN AN ee PPT 0,89 —

Les alcaloïdes obtenus de différentes parties de la plante se comportèrent tous d’une manière identique en présence des réactions fondamentales. Bikern leur trouva en outre les réactions colorées suivantes:

1° Une petite quantité de l’alcaloïde, dissoute sur un verre de montre dans de l'acide sulfurique concentré, fut additionnée de quelques fragments de cristaux de bichromate de K. Après 5 minutes, la dissolution commença à se colorer en verdâtre : après 12 heures elle était d’un joli vert.

2° Une petite quantité d’alcaloïde fut versée, également sur un verre de montre, dans de l'acide vanadique dissous dans de l'acide sulfurique concentré. La dissolution,

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12 heures après, était verte, de même que la précédente, mais d’un vert tirant sur le jaune.

Les alcaloïdes extraits des différentes parties de la plante donnèrent tous ces deux réactions, à l'exception de celui obtenu par les premières solutions éthérées de la pulpe du fruit: dans ce cas, la réaction présentaitune coloration d'un vert brunâtre sans que Bikern ait pu préciser s’il s'agissait d'un alcaloïde vraiment différent des précédents.

Voici le procédé qu'employa Bikern pour obtenir la plus grande quantité possible d'alcaloïde.

Les graines pulvérisées furent d’abord débarrassées de leurs huiles grasses au moyen de l’éther de pétrole. Mais comme l’éther de pétrole entraine un peu d’alcaloïde, les extraits furent agités avec 1 p. 100 d’acide tartrique, puis avec de l’eau.

L'éther de pétrole distillé laissa un résidu d'huile grasse représentant 1,89 p. 100 du poids des graines employées. Bikern attribue à cette huile claire, sans odeur, de saveur amère el brûlante, et quin'’est que l'huile essentielle décrite par les auteurs mexicains, une densité de 0,903.

La poudre de graines, dégraissée comme il a été dit, et séchée, fut épuisée à l’étuve, d’abord avec 1 p. 100 d'acide tartrique, puis avec de l’eau jusqu’à ce que le liquide qui s’écoulait ne réagit plus à l’iodure double de mercure et de potassium. La solution recueillie et quelque peu concentrée fut alcalinisée par de l’ammoniaque et traitée par l’éther dans un appareil à déplacement pour en obtenir l'extrait.

Au bout de huit jours environ l’éther n’extrayait plus rien, quoique la solution donnât encore les réactions de l’alcaloïde. On laissa l’éther s’évaporer, le résidu fut repris par l'alcool absolu, décoloré par le noir animal, évaporé à nouveau et repris encore par l’éther. De cette solution l’alca-

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oïde fut précipité par de l'acide chlorhydrique éthéré. L'alcaloïde apparut d’abord incolore, mais rapidement il se colora en jaune clair. Ce précipité fut lavé à l'éther, dissous dans un peu d’eau, alcalinisé avec de l’ammoniaque, agité avec de l’éther et enfin évaporé.

L'alcaloïde resta dans quelques cas légèrement coloré en jaune et sous forme d'un enduit amorphe, mais le plus souvent il apparut sous forme d’aiguilles mamillaires entremêlées. On le fit cristalliser dans de l’éther anhydre jusqu à ce que son point de fusion fût constant à 106°.

Tout l’alcaloïde n'ayant pu être extrait de la solution aqueuse par agitation dans l'éther, l'éther dissous dans cette solution en fut chassé, et ce qui restait de l’alcaloïde fut agité avec de l'alcool isobutylique et l'extrait traité par l'iodure de K iodé, puis, pour terminer, par de l'acide chlorhydrique éthéré.

Une autre portion de graines fut iravaillée autrement. De la poudre de graines, mélangée au tiers de son poids de chaux caustique, fut traitée par l’éther au Soxhlet aussi longtemps que l’éther entraîna de l’alcaloïde. Par évaporation de cette solution éthérée on obtint un corps blanchäâtre et les recherches entreprises par Bikern sur ce corps seront rapportées plus loin. La solution éthérée de l’alcaloïde fut longuement travaillée suivant la méthode décrite, et c’est

.par ces différents modes de traitements que Bikern arriva à obtenir environ 0 gr. 80 d’alcaloïde pur.

C'est un corps cristallisé en aiguilles, fondant vers 106° (non corrigé) sans se décomposer. Il avait l'odeur de la méthylnonylcétone trouvée dans différentes Rutacées; il était assez hygroscopique, se dissolvait facilement dans l'eau et dans l'alcool si dilué qu'il fût; il était difficilement soluble dans l’éther sulfurique, le chloroforme et l’éther

acétique; insoluble dans la benzine et l’éther de pétrole.

La présence d'azote dans sa composition fut démontrée par la formation de bleu de Berlin. Il fut impossible d'obtenir de cet alcaloïde des sels cristallisés; les acides chlorhydrique, nitrique,oxalique et picrique furent employés dans ce but. Le chlorure de platine et le chlorure d'or donnent bien des précipités mais ils ne cristallisent pas.

Nous avons vu que les expérimentateurs mexicains avaient trouvé dans le Casimiroa edulis, l'un, un alcaloïde, et l’autre, un glucoside. Or l’alcaloïde réduisant la liqueur de Fœbhling, Bikern rechercha la raison de cette réduction.

Une petite quantité d’alcaloïde chauffée directement avec de la liqueur de Fœhling donne une toute petite précipitation d’oxydule de cuivre qui devenait beaucoup plus importante lorsque l’alcaloïde élait préalablement dissous dans l’eau additionnée d'acide chlorhydrique. La marche progressive de l'hydrolyse fut étudiée en examinant, au moyen d'un polarimètre, l’alcaloïde porté à l’ébullition avec chaque fois des quantités différentes d'acide chlorhydrique.

11 fut alors reconnu que la réduction était déjà achevée lorsque l’ébullition s'était prolongée une demi-heure avec de l'acide chlorhydrique à 30 p. 100, car la rotation n’augmentait plus ensuite.

Cette solution acide, alcalinisée, fut agitée avec de l’éther, et, après évaporation, le résidu donnait encore toutes les réactions des alzaloïdes. Par contre le sucre devait être resté dans la solution aqueuse.

Ainsi qu'il apparut par les réactions suivantes, ce sucre élail du glucose.

a) La liqueur de Fœhling fut réduite après un court

chautlage.

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b) Le réactif de Nylander (solution alcaline de bismuth) se fonce rapidement et donne un précipité brun-noir.

c) La solution alcaline d'acide picrique, chauffée avec la solution, se colore en rouge sang.

d) Si l'on ajoute à la solution un peu d'acide sulfurique concentré et que l’on fasse tomber dedans quelques gouttes d'une solution alcoolique de thymol à 5 p. 100, il se forme, à la surface de contact des deux liquides, une zone colorée en rose, qui lentement devient, de haut en bas, bleu bluet.

e) Pour former du glycosazone, à cc. de la solution aqueuse, additionnée de 2 ec. d'acide acétique saturé auparavant par de l'acétate de soude, et de 0 gr. 1 de sulfate de phenylhydrazine, furent chauffés à ébullition et réduits à 3 cc. au bain-marie.

Le précipité formé par refroidissement était composé d’aiguilles. IL fut recueilli, séché, et son point de fusion déterminé : il était d'environ 202. Quoique le point de fusion du glycosazone soit d'environ 204, Bikern n'hésite pas à qualifier de glycose le sucre provenant du dédoublement, puisque toutes les autres réactions étaient probantes et que la petite différence dans les points de fusion pouvait être attribuée à quelque impureté du corps obtenu d'ailleurs en très petite quantité.

Ainsi donc le corps obtenu des graines Casimiroa edulis est un glucoalcaloïde et Bikern lui donne le nom de Casimirine en lieu et place de celui de Casimirose qui laissait supposer qu'il s'agissait d'un glucoside.

Les glucoalcaloïdes sont rares dans le règne végétal : on peut citer la Solanine (FrRBas, Monatshefte für Chemie. , 1889, X° volume, p. 541), la Consolidine (GREINER, Arch. de Pharm., 1900) et peut-être y en a-t-il un aussi dans la racine du Psoralea pentaphylla, L., employée sous le nom de

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